‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 194 sur 306 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

caractère, et c'est là ce qui manque aujourd'hui. Un homme ne domine pas par l'intelligence, et le mot : volonté, n'indique pas assez l'homme supérieur. L'homme supérieur, c'est l'homme de caractère. Le tout encore, c'est de se bien poser dans les quinze premiers jours. Ne pas se fâcher, ne pas baisser les yeux comme une religieuse : on rendrait la piété ridicule; mais avoir le mot pour rire, se compromettre pour le bien, se poser franchement, à la parisienne. On dira : Oh! il est crâne, celui-là I et on l'acceptera tel quel, parce qu'il se donne tel quel. On l'aimera et on le respectera. »

On ne saurait mieux retracer, dans ses grandes lignes, la direction donnée par le P. Olivaint aux jeunes gens à leur entrée dans le monde. Quelle mesure, quelle sagesse pratique et quelle énergie dans ces conseils! Comme l'expression elle-même, par sa vivacité originale, convenait bien à ceux qu'il s'agissait de convaincre et d'affermir!

Mais, parmi les jeunes amis du P. Olivaint, arrivés au terme des études, il en était à qui Dieu faisait l'honneur d'un appel spécial à la perfection évangélique, leur disant dans le secret du cœur : « Voulezvous être parfaits? Quittez tout et venez avec moi1. »

Admirable était la prudence que le P. Olivaint apportait à l'examen d'une vocation; en cela il était encore aidé par les souvenirs de son expérience personnelle. Mais il estimait à trop haut prix la faveur d'être tout

L Malt., sa, 21.

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au service de Jésus-Christ, pour n'encourager pas les heureux élus, quand une fois il s'était assuré que Dieu les voulait à lui. Tout ce que nous avons à dire sur ce sujet, nous le renfermons dans l'histoire des dernières années d'un jeune homme manifestement appelé à la vie religieuse, soutenu dans de rudes combats par le P. Olivaint et mort joyeusement, avec tous les signes delà prédestination.

Aussi bien, ne faisons-nous qu'obéir à l'une des dernières volontés de notre Père, en associant à son souvenir le souvenir du Frère André de Montalembert. Lui-même, dans le Journal de ses retraites, s'est encouragé à bien mourir par l'exemple de son enfant1, et à la date du 23 juillet 1870, il écrivait à l'auteur d'une biographie d'André, encore inédite: « Pensez d'avance avec consolation au bien que fera votre notice. Le cher enfant prêchera ainsi après sa mort, n'ayant pu le faire de son vivant ; et qui sait toules les grâces attachées à cet apostolat posthume? »

André était le fils aîné du comte Arthur de Montalembert, colonel du 1er régiment de chasseurs d'Afrique, mort en chrétien et en brave, le 11 novembre 1859. Il avait lu, dans le testament de. son père, ces belles paroles: «Je conjure mes fils de ne jamais oublierDieu, ni les charges et les devoirs d'un homme d'honneur, ni les pratiques de la religion catholique, apostolique et romaine, la seule véritable. Dans ce siècle où les plus grands noms s'éteignent dans l'oisiveté et une corruption toute matérielle, je veux que

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