‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 226 sur 306 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

e vénéraient, en quelque sorte, comme un aïeul. Le D. Olivaint, au milieu des mille tracas du dernier our, n'eut que quelques heures pour se préparer. Il eta d'une main fébrile son discours sur le papier, ou plutôt les notes qu'il groupait à mesure que les renseignements réclamés de plusieurs côtés à la fois lui irrivaient. Le lendemain, ce fut un vrai triomphe oratoire, et l'admiration unanime se manifesta à plusieurs reprises par les plus sympathiques applaudissements. Si le P. Olivaint s'en réjouit, ce fut uniquement à cause de l'honneur rendu à la mémoire du vénérable ami de l'enfance qu'il avait dignement loué.

Mais, quel que fût son incontestable talent, il est certain que la source de son éloquence était avant tout dans sa foi, dans son zèle et dans la grâce de Dieu. Ce qu'il voulait uniquement, c'est que l'Esprit- Saint parlât par sa bouche, afin de pouvoir dire comme le Maître : « Ma doctrine n'est pas ma doctrine : elle est de Celui qui m'a envoyé1. »

Dans le directeur, plus encore que dans le prédicateur, l'homme s'effaçait, pour ne laisser voir et entendre que Jésus-Christ. Comme il n'y a rien d'humain dans la fonction qu'il remplissait, rien d'humain non plus n'apparaissait dans ses vues, dans ses sollicitudes , dans son langage , dans son extérieur même. Le P. Olivaint, dans l'art divin de régir les ân*es, s'était proposé saint Ignace pour modèle ; il s'efforçait d'être comme lui, « toujours prêtre, tou-

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