‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 24 sur 306 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

devenu sage et concevait l'espérance de voir Dieu bientôt. Mais un jour, comme il se promenait au bord le la mer, il vit venir à lui un vieillard plein de gravité et de douceur. La conversation s'engagea. Le vieillard prouva facilement au philosophe que Platon et Pythagore eux-mêmes n'avaient bien connu ni Dieu ai l'âme, que la vérité sur ces deux points ne peut Être établie que par l'autorité, et il lui raconta l'en geignement des prophètes, ces véritables sages inspirés de Dieu. Le philosophe se rendit; il s'attacha encore une fois à un nouveau maître, à Jésus-Christ qu'il ne devait point quitter. Son esprit et son cœur ne trouvèrent la paix que sous cette autorité sacrée ]ui réside dans l'Église choisie de Dieu pour présenter m monde les livres où sont révélées les lois de son suite. «Je vois que vous aimez les discours, avait dit x le vieillard au philosophe; vous cherchez la science x et les paroles au lieu d'en venir à la pratique. » Le philosophe, qui n'avait plus à se tourmenter pour se faire un système, s'adonna aux œuvres, et devint saint Justin. »

Telle fut, dans ses traits principaux , l'histoire de Pierre Olivaint lui-même. Depuis longtemps, la raillerie voltairienne avait expiré sur ses lèvres ; il lui fallait mieux qu'un épicuréisme dégradant ou qu'un scepticisme désespéré. L'école de la rue Ghabannais fut pour lui ce qu'avait été pour Justin la doctrine de Platon, un acheminement vers la foi, une sorte de préparation évangélique. Restait à trouver quelqu'un jui lui dît : « Venez, voilà le Christ; entrez, voilà 'Église. » L'heureuse rencontre ne tarda pas. Elle eut

lieu, non pas dans la solitude, au bord de la m^r mais au milieu du bruit de' la grande ville, dans h mêlée confuse des systèmes philosophiques et de' utopies sociales.

Durant les deux dernières années surtout, la grâce par de secrets mouvements, avait poussé doucemen Olivaint vers le catholicisme. Il n'y avait plus che; lui de parti pris hostile; les préventions qu'il avai nourries presque à son insu tombaient l'une après l'autre. A peine l'abbé Lacordaire ouvre-t-il ses pre mières conférences au collège Stanislas, que Pierre cédant au sentiment religieux qui s'éveille en lui court se mêler à la foule sympathique qui envahi l'étroite enceinte. Au mois de septembre 1836, il z fait une découverte dont il se réjouit avec son am: Henri :

« Une société que nous ne connaissions pas, moi: ami, existe à Paris, depuis plus d'un an, sous la direction de l'ancien curé de Bonne-Nouvelle. Les conférences se tiennent à Saint-Merry,tous les dimanches à deux heures. Il est permis à tous, à la seule condition de prévenir le prêtre présidant la séance, devenir lire, en présence d'un auditoire assez nombreux, ui: morceau de littérature ou de philosophie religieuse J'ai entendu un travail qui n'était vraiment pas mauvais; un jeune avocat lyonnais a fait dernièrement grande sensation par un morceau sur la confession son éloquence même a déterminé des conversions ; c'est de l'un des convertis 'iLleJe tiens ce détail. Un de nos amis a déjà fait lire quelque chose par un de ses cousins, et il se propose, dimanche prochain, de lirc

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