CHAPITRE XVII
développait avec une merveilleuse énergie cette divine promesse : « Pas un cheveu ne tombera de votre tête sans la permission du Père céleste 4, » quand, s'interrompant tout à coup : « Vous me direz : il ne s'&git pas d'un cheveu seulement, mais peut-être de la tète.... Eh bien ! si la tête tombe, ce sera avec la permission et la grâce du Père céleste. » Son visage devint radieux, sa voix de plus en plus vibrante : « Quelle faveur serait-ce ? s'écria-t-il. Voyez les apôtres : Ils allaient, transportes de joie d'avoir été jugés dignes de souffrir pour le nom de Jésus, ibant gaudentes.... Soyons, nous aussi, généreux et prêts au sacrifice. 11 faut du sang pur à la France pour la régêfléfèf ; mais qui de nous sera jugé digne de verser le sien? Si nous sommes choisis, quelle grâce ! Si nous sommes laissés, humilions-nous. »
Le même jour, le P. Olivaint visita le P. de Ponlevoy dans la retraite où celui-ci, par obéissance, avait dû se réfugier. Prévoyant un cas extrême qui n'était pas chimérique : « Avant tout, dit-il à son supérieur, si on vient m'arrêter, je veux me poser sur mon terrain et me donner pour ce que je suis : citoyen français, sans doute, mais prêtre, mais jésuite; car c'est sous ce titre que je vis et que j'entends bien mourir. — Soit, lui fit-il répondu, moriamur in simplicilate nostra 2. S'il faut mourir, au moins mourons tout entiers et tombons tout d'une pièce 3. » De retour à la