‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 284 sur 306 · avril · texte numérisé non relu

avril

Cette joie du cœur, toute surnaturelle, ne se dément pas un instant. Ni les grandes douleurs, ni les légers mécomptes ne la troublent jamais. « Je vous ai écrit vendredi ; ma lettre s'est donc perdue ; joignons ce petit sacrifice aux autres. — Je vous demandais Glaire, le Cours d'Ecriture sainte; le P. Louis Dupont, le recueil de ses Méditations... Mais ne vous fatiguez pas à chercher ; je saurai m'en passer, comme de tant d'autres choses. Qu'il fait bon de s'abandonner tout à Dieu ! Mais de lui on ne se passe pas. J'admire de plus en plus, dans ma petite soliiude, la bonté paternelle de Dieu.

« Je vous demandais encore gros fil ou petit cordon noir ou rouge, pour coudre des cahiers; grosse, grosse aiguille, comme pour un aveugle. — Merci encore et toujours! Je vais toujours bien et toujours content...1. »

Et trois jours après: « Cher ami... je n'ai que de bonnes nouvelles à vous donner. La santé se soutient et je suis au vingt-septième jour de ma retraite. Que Notre-Seigneur est bon !»

Hélas! que n'avons-nous ces précieux « cahiers » cousus avec « le gros fil et la grosse aiguille! » Après tant de recherches infructueuses, il semble que tout espoir soit à jamais perdu.

C'est un nouveau motif de ne rien négliger du trésor qui nous reste et de consigner ici les moindres billets écrits par le saint prisonnier. Aussi bien, ce sont vraiment ses reliques, c'est aussi la suprême révélation de son âme et comme son testament.

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