‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 78 sur 306 · Rapport, p · texte numérisé non relu

Rapport, p

t, 3 novembre 1840.

Dans le procès-verbal de fondation, Pierre s'exprimait ainsi :

« Puisse le souvenir de celui qui a passé, comme le Sauveur, en faisant le bien, rester présent à nos cœurs et émouvoir en nous, avec la piété et le zèle du salut des âmes, les entrailles de la miséricorde. Le monde, qui a pardonné à Vincent de Paul d être un saint, nous permettra, si nous savons garder son esprit, de chercher à imiter ses exemples. Préparons-nous aux services que nous devons rendre aux pauvres de Jésus-Christ, en commençant à nous connaître et à nous aimer, en priant en commun pour attirer sur nos efforts la bénédiction de Dieu..,. Allons au-devant de toutes les misères physiques et morales et consacrons à leur soulagement, selon nos facultés et nos ressources, notre temps, nos aumones, nos prières et les paroles d'édification que la grâce nous inspirera. C'est l'âme de nos frères que nous devons chercher, pour les rapporter aux pieds de Jésus-Christ. »

Telleétait la disposition humble et courageuse deces chrétiens d'élite. Un grand malheur vint tout à coup les éprouver. Le dévoué président de la Conférence, le docteur Capitaine, mourut presque subitement d'une fluxion de poitrine. Cette perte fut douloureusement ressentie par Olivaint. « Il serait difficile d'exprimer, dit-il dans son procès-verbal du 21 janvier y 841, combien M. Capitaine était déjà aimé dans cette Conférence qu'il avait fondée et qu'il animait de son esprit. La pensée d'une mort si imprévue et si malheureuse pour la Société tout entière, mais pour nous

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urtout qui ne faisons que de naître, nousjette dans ne profonde tristesse. »

Non moins grande fut l'affliction des familles que le jeune médecin visitait. L'une d'elles fit spontanément le vœu de prier pendant quarante jours pour celui qu'elle vénérait comme son bienfaiteur.

Pierre Olivaint remplaça son ami dans la charge de président; mais, dès le mois d'avril 1841, sur le point de quitter le collège Bourbon, pour se rendre à Montmirail, il dut renoncer à sa chère Conférence. Les adieux furent touchants ; le président, après avoir exprimé les regrets que cette séparation lui faisait éprouver, engagea ses confrères à conserver toujours cet esprit de charité qui rendait leurs rapports si consolants et si doux. Malgré son absence, il promit « de ne pas être étranger à ces réunions fraternelles dont il emportait dans son cœur le souvenir, de prier pour ses amis et pour leurs pauvres de toutes les forces de son âme, réclamant aussi pour lui le secours de leurs prières. »

L'émotion fut si vive, que tout le monde resta muet et l'allocution de Pierre Olivaint demeura sans réponse. Mais cette involontaire omission fut bientôt réparée par la lettre qu'on va lire :

« Paris, 15 mai 1841.

« Monsieur,

« Dans la séance qui a suivi votre retraite, la Conférence a voulu consigner en son procès-verbal tous les regrets qu'elle en éprouvait et la gratitude qu'elle

conserverait longtemps pour le zèle et le talent avec lesquels vous avez dirigé ses travaux. Soit par respect pour votre modestie, soit par ce qu'il était trop difficile d'exprimer ce que chacun de vos frères avait dans le cœur, tout le monde s'est tu devant vous à la nouvelle de votre démission; mais chacun, rendu à sa liberté, a voulu donner un témoignage de ses sentiments au président qu'il venait de perdre. Devenu votre successeur malgré la plus juste résistance, je trouve un premier adoucissement à mes regrets dans la mission que je remplis en ce moment, et dans la satisfaction que j'éprouve à vous adresser cette lettre au nom de la Conférence. Elle me charge de vous dire qu'elle veut vous rester toujours unie de cœur, de même que votre esprit de charité, vos exemples si édifiants seront toujours présents au milieu de nous. Quant à ce qui me concerne, si les éminentes et rares qualités de mes prédécesseurs ont dû effrayer ma faiblesse et rendre si difficile mon adhésion aux vœux de la Conférence trop bienveillante pour moi, je trouve du moins un guide précieux et les plus sûrs enseignements dans les procès-verbaux que vous lui avez laissés et que je viens de lire avec bonheur.

« Recevez donc, Monsieur, avec le témoignage de gratitude et de regrets dont je suis l'organe officiel, mes sentiments profonds d'estime et de confraternité.

« Devaureix. »

Pierre Olivaint répondit :

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