‹ Pierre Olivaint, prêtre de la Compagnie de JésusChapitre 92 sur 306 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Dieu. Lasérénité, la paix, un ineffable bonheur, rayonnaient sur sa bonne figure allemande et de douces larmes coulaient de ses yeux. »

Et tirant aussitôt de ce récit la conclusion pratique : « 0 mon ami, s'écrie Pierre, ô mon cher François Xavier! Cette histoire ne dit-elle rien à ton cœur? Comment peut-il supporter plus longtemps le vide où il s'agite avec tant d'inquiétude? N'es -tu pas enfin convaincu que le monde ne te suffit pas ? Ton cœur n'est-il donc pas plus grand que le monde ? Quand donc le soleil splendide de la vérité brillerat-il à tes regards? Quand donc connaîtras-tu ce tressaillement d'amour de Dieu que j'éprouve rien qu'en t'écrivant, rien qu'en essayant de te dire combien il est aimable, combien il est digne que nous l'aimions par-dessus toute chose? En finissant ma lettre je prie encore pour toi. Oui, je dépose ici une prière que j'adresse au bon Dieu pour mon ami, une prière que j'adresse à mon ami pour le bon Dieu. » Ainsi, Pierre Olivaint, après avoir éclairé l'esprit, s'efforçait de toucher le cœur de Xavier, d'exciter sa générosité, de le prémunir aussi contre, toute vaine crainte. Quels plus nobles motifs de conversion, que de revenir à Dieu par amour pour les hommes, par dévouement à sa famille, à son pays, par zèle à servir toutes les nobles causes! Olivaint sait, par sa propre expérience, qu'à vingt ans il est rare qu'on hésite en face du sacrifice réclamé au nom de tels intérêts. Voilà pourquoi il évoque continuellement, dans ses religieuses exhortations, l'image de la France, le souvenir des parents et des amis.

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