ACTE I, SCENE III. fî
TIENSEÏTE.
Mon père, j'iui ai bien défendu de m'parlev davantage.
PIERRE BtJISSON.
Et c'est ce que tu peux faire de mieux; car monsieur Henri n'a pas du tout envie du mariage.
TIENNETTE
C'est-à-dire, mon père. . . Je suis bien sûre qu'il le voudrait, lui; mais ce sont ses parens qui n'voudraicnt pas d'moi.
PIERRE BUISSON
Et c'est tout simple. . . Monsieur Henri t'aime, parce que vous êtes du même âge, du même endrait, et que vous avez été élevés ici presqu'ensembe ; mais monsieur et madame Verkadec doivent trouver mieux qu'toi pour leur fds.
TIEKNETTE.
Mieux. . . pour la fortune. . . oui; mais du reste, j'ai bien aussi mon petit mérite. Demandez plutôt à monsieur Henri.
Air : J'awais employé la douceur.
Il s'y connaît , et bien souvent Il m'a dit : « Ma chère Tiennette , « Je préfèr' ton minois piquant « A la beauté la plus parfaite.
« Pour mon bonheuv, je trouve en toi a Tout ce qui peut charmer et plaire. »
PIERRE BI3ISS0K.
Ah! il t'a dit cela?
TIENNETTE
Oui. . .
En conscience, était-ce à moi De lui soutenir le contraire ?
PIERRE BriSSON,
Tais-toi, car v'ià ta mère qui n'badinerait pas là-dessus.
(Tiennette court se remettre à son rouet, et Piene cache les bécasses dans sa poche.)