TEHUES CUITES ÉMAILLÉES ET FAÏENCES ARCIIITECÏURAI.ES III
iésignant toute composition vitrescible applicable sur un Drocluit céramique.
Les émaux que l'on emploie pour les faïences architecurales varient, comme composition moléculaire, de
T^< - 0,55 PbO )
PbO 1,0 SiO^ 2,i5SiO^
0,45 Na^O^
on rencontre également des compositions aluraineuses, et des compositions boraciques telles que
o,iK20 0,2 CaO 0,7 PbO o.SAPO^ 3 SiO^ t 0,6 K^O 0,4 CaO o,iAb'03 2,7 SiO^ o.ôB^O:*
Nous donnons ces formules sous forme moléculaire, ce |ui est plus commode, au point de vue cbimique, pour ïn comprendre la nature et les rapports des divers constiuants. Il est bien entendu, d'ailleurs, que ce mode dere- )résentation n'implique pas l'idée de vouloir désigner une ;ombinaison définie, mais simplement des rapports moléulaires.
Les fondants, uniquement plombeux, sont employés $ouvcnt, mais pour le développement de certaines tonalités, la présence des alcalis est nécessaire. En faisant varier les rapports des acides aux bases, on changera la fusibilité, les silicates plombeux étant d'autant moins fusibles qu'ils sont plus acides.
L'anhydride borique, substitué à de l'anhydride silicique, abaisse la fusibilité ; il a aussi une action sur le développement des couleurs.
\ oici un exemple d'émail alcalin :
Sable siliceux 3o
Carbonate de potassium , . ja
Carbonate de sodium 8
Minium 3o
112 PIEUUES KT MATÉRIAUX AHTIFICIKLS
Il répond à la formule moléculaire :
2SiO- 0,48 PbO o,56j^^f jo.
Si, à ce fondant, on ajoute des oxydes colorants, on obtiendra toute une gamme de couleurs :
Bleu
Turquoise
Vert
Jaune
Violet
Oxyde de cobalt.
Oxyde de cuivre
Oxyde de man-
ganèse.
Oxyde de fer .
Fondant .
Avec un émail de cet ordre, on aura des tons éclatants qu'un verre plombeux ne donnerait pas.
Si l'on tenait simplement à obtenir des tonalités moins brillantes, on peut se rappeler que l'addition de cobalt, de cuivre, de manganèse à un silicate plombeux donnera du bleu, du vert, du brun violet.
Les fondants, additionnés d'oxyde d'étain, deviennent d'un beau blanc, mais opaques. On peut donc, à l'aide d'un émail de cet ordre, faire disparaître la coloration de la pâte.
La composition suivante donne un bon émail blanc :
Sable quartzeux 35,64
Minium i5,8o
Kaolin i9.34
Craie. 5,6r>
Calcine obtenue par l'oxydation directe d'un
alliage de 2 5 "/o d'étain et 76 "/o de plomb. 40,00
TERRES CUITES ÉMAILLÉES ET FAÏENCES ARCHLTEGTURALES Il3
70. — La préparation des émaux demande toute une série de manœuvres.
Il faut fritter le mélange, c'est-à-dire l'amener au moins à fusion, quelquefois même le fondre complètement avant l'emploi.
Les silicates plombeux peuvent s'employer à l'état de mélanges, cela n'a pas d'inconvénient technique, mais au point de vue de l'hygiène, c'est déplorable de manœuvrer des compositions pulvérulentes contenant du plomb. Certains fabricants n'hésitent pas, pourtant, à travailler dans ces conditions défectueuses.
Quand il s'agit de compositions renfermant des alcalis ou de l'acide borique, le chauffage préalable est indispensable. En effet, les alcalis sont amenés à l'état de carbonate et l'acide borique de borax ou d'acide, c'est-à-dire sous forme soluble. Gomme les émaux sont apphqués délayés dans l'eau, il faut que le mélange formant l'émail soit amené sous forme insoluble pour éviter le départ dans le liquide des produits solubles dans l'eau.
71. — Pour fondre de petites quantités, on se servira d'un creuset chauffé dans un four, que l'on retirera et videra une fois la masse fondue. Mais, pour préparer de grandes masses, il est préférable de recourir à d'autres appareils.
Un four coulant à creuset percé est particulièrement commode. Le mélange est introduit dans un creuset percé à sa partie inférieure et posé sur un support muni d'un orifice correspondant. La masse fondue traverse le creuset et vient tomber dans une masse pleine d'eau. Avec deux creusets de 35 centimètres de haut, on arrive à fondre 100 kilogrammes de glaçure en douze heures.
PIKRRES KT MATKIÎIVLX AUTIFICIELS
72. — Les glaçures, une fois fondues, sont broyées et pulvérisées. Cette opération se fait dans des moulins ana logues aux moulins à billes. La matière, déjà brisée en menus morceaux, est mise dans un tambour revêtu intérieurement de pierre dure et rempli de galets. On remplit d'eau et fait tourner. Au bout d'un temps, suffisant la masse est broyée.
73. — La glaçure pulvérisée et tamisée est appliquée délayée dans l'eau. On la pose par différents procédés.
L'immersion consiste à tremper la pièce dans la glaçure délayée dans l'eau. La masse prend plus ou moins de glaçure suivant sa porosité. Une immersion trop courte donnera une couche trop mince, un séjour trop prolongé une couche trop épaisse.
Le trempage ne peut s'effectuer que sur des pièces faciles à manœuvrer et déjà cuites, car une pièce crue ne pourrait supporter le contact de l'eau sans accident.
L'aspersion consiste à arroser la pièce avec la couverte délayée. On peut remplir une capsule de liquide et la projeter sur la pièce. Pour émailler des briques, on emploie, dans certaines fabriques, une bouillotte dont le bec a la largeur de la brique. Il suffit d'appliquer le bec en haut de la surface à émailler, d'incliner et de faire arrivei le liquide en descendant le récipient pour poser la couche de glaçure.
Le poudrage consiste à faire tomber la glaçure en poudre sur la pièce ; sur des poteries humides, la poudre adhère tr«s bien.
L'insufflation se fait en projetant, à l'aide d'un vaporisateur, l'émail délayé dans l'eau. Ce procédé est surtout employé pour les grandes pièces.
TEUIIES CUITES ÉMAILLÉES ET FAÏENCES ARCHITECTURALES Il5
-jfx. — La cuisson des terres cuites émaillées s'opère dans des moufles ou des fours moufles. Nous avons décrit un four moufle, voici comment est faite une moufle.
^jh. — La moufle est un four particulier destiné à subir des températures moins élevées que les fours ordinaires. Dans ses parties essentielles, la moufle est formée d'une boîte en terre cuite placée au-dessus d'un foyer. Les flammes montent le long- des parois et .sortent à la partie supérieure, de sorte que tout l'intérieur est environné par ies flammes.
Le cbargement et le déchargement se font par le . , .
devant de la moufle qui est " mobile. Il est formé de briques réfractaires que l'on assujettit une fois le chargement eflectué. Un deuxième mur est établi devant.
Le foyer est disposé en dessous, il est alimenté parfois par du bois, plus économiquement par du charbon.
La caisson peut s'opérer aussi dans des fours, mais elle demande des précautions spéciales pour éviter des réducdons, des arrivées de débris de combustibles, etc.