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Au lieu des glaçures précédentes qui présentent

un certain éclat, on peut poser sur le grès des couvertes mates donnant un tout autre eflet.

Les couvertes peuvent être formées par simple mélange, puis appliquées sur crû, après broyage. Elles se cuisent en atmosphère réductrice.

La couverte incolore renferme :

Pegmalite. . . . 3o,o Ivaolin. . . . 40,0

Sable de Nemours . a8,5 Craie .... 20,0

Cette couverte est légèrement opaque.

Bleu gris vcrdùlre

Pegmalite 53,0

Kaolin argileux. .

Sable quartzeux i4,o

Craie 25,5

Rutile 120

Oxyde de cobalt 1^2

Rouge

Cette couverte est à base de cuivre; sa préparation nécessite une fusion préalable des matériaux.

Pegmalite 10,8

Sable quartzeux I3^g

Oxyde de zinc i55

Carbonate de baryum 34 o

Borax fondu 45, o

Carbonate de sodium soc iG,5

Le verre fondu, ainsi préparé, est pulvérisé et coloré avec de l'oxalate de cuivre et de l'oxyde d'étain.

Verre précédent 100,0

Oxalatc de cuivre 20

GRÈS AHCHXTECTLKAL

Jaune ivoire

Peffmatite

Kaolin '

Sable quartzeux ^ t'"

n ■ .... 25,5 Lraie

Rutile 9'6

Oxyde de fer ^'^

Jaune roiicjeiUrc

Pegmatlte

V y .... 14,0 Kaolin '

Sable quartzeux ^^'^

Craie " '

Rutile

Oxyde de fer "^'^

Violet

Pcgmatite

Kaolin ^2, 9

Sable quartzeux 47-00

n • . . l5,00 Craie

Rutile 6,00

Oxyde de fer

Brun jaune cristallin

Pegmatile

Kaolin ;2'89

Sable quartzeux ^7'00

Craie '5'»°

Rutile 9'6o

Oxyde de fer 9'^^

Brun doré cristallisé

Pegmatile

Kaolin

Sable quartzeux i4,i

Craie ^^'^

Rutile 23,0

Oxyde de fer 17,^

PIKRUES ET MATÉIUAIX ARTIFICIELS

\ ciH foncé cristallisé

Pegmatitc 3o 85

I^aolin 25 35

SaJjle quartzeux 36 00

Inutile , ,0

Oxyde de cobalt 00

82. — Les couvertes cristallisées nécessitent une fusion préalable des éléments. On prépare les deux mélanges :

Sable quartzeux 360 35o

Carbonate de potasse i38 Qg

Oxyde de zinc i(32 202 5

Le mélange de ces produits dans le rapport :

Fonte I . g5

Fonte 2 jQ

donne les meilleurs résultats.

La couverte étant fusible, coule pendant la cuisson. La présence de l'oxyde de zinc demande d'éviter une atmosphère réductrice. En ajoutant du rutile, on a une couverte jaune; en remplaçant le rutile par de l'acide titanicpie pur, la couverte devient incolore. Elle dépose dans ce dernier cas des cristaux différents des premiers obtenus avec le rutile.

On fritte :

Sable quartzeux 3qq

Carbonate de potasse j38

Oxyde de zinc 1Q2

Rutile . e.

TUYAUX DE GKÈS

et l'on prend :

Fonte 3 • Fonte 3 85

C'est ce mélange qui constitue la couverte.

83. — La cuisson de ce grès s'opère à Sèvres dans les fours servant à la cuisson de la porcelaine, mais on peut très bien le cuire dans tout autre four, pourvu que l'on puisse y atteindre la température de fusion de la montre 9, comme, par exemple, le four décrit plus loin.

§ 2. — Tuyaux de grès

84. — Par sa compacité le grès se prête à l'obtention de tuyaux de bonnejqualité et que l'on emploie beaucoup pour établir des conduites.

Le tuyau se fait à la presse à fdière. Il faut naturelle-

Fig.

ment une filière spéciale comme celle que nous représentons pour façonner un tuyau.

PIlOUIiKS Kï MATÉUIALX AUTIF[C[ELS

Pour les pctils diamèlres on utilise des macliines à filières disposées avec une sortie horizontale. Les machines employées à ce genre de travail sont généralement actionnées par un piston pressant la terre dans une boite précédant la fihère. Ce système ne donne qu'une propulsion intermittente.

En utilisant une paire de cylindres on peut réahser un débit continu. On a disposé des machines pouvant servir, par une manœuvre simple, au liiçonnage des divers produits nécessitant l'emploi d'une fdière.

La grosse tuyauterie demande des appareils plus pilissants dans lesquels les tuyaux sortent verticalement. La fdière, qui est horizontale, reçoit la terre poussée par des cylindres. Au-dessous d'elle se trouve une table pouvant se déplacer verticalement au moyen d'une crémaillère.

Au moyen des piliers qui supportent le bâti on peut guider ce plateau. Un système de contrepoids équilibre la table et facilite ses mouvements que commande une manivelle.

Comme ces tuyaux présentent un emboîtement il est nécessaire de prendre quelques précautions. L'emboîtement du tuyau peut être déterminé pendant le façonnage en faisant descendre le tu}au sur une pièce tronconique, peu éle\'ée, qui provoque un léger évasement.

On introduit d'abord dans la fdière le mandrin destiné à former l'emboîtement, puis on fait monter la table de manière à la faire presser contre la fdière. Comme le mandrin est un peu plus grand que l'épaisseur de la filière, il n'y a pas adliérence parfaite entre la fdière et la table, il reste un petit espace vide entre ces deux organes. Dès que 1 on donne la pressée la pâte vient s'écouler de la fdière et coifler le mandrin formant moule. On arrête la

TUY.VUX DE GUÈS

machine, on descend la table et l'on enlève le mandrin. On remonte ensuite la table et l'on fait fonctionner la presse.

Le tuyau et la table descendent et on laisse ce mouve-

Fig. 43

ment s'effectuer jusqu'à ce que la longueur voulue soit obtenue. On fait agir alors un appareil coupeur et l'on en-

lève le tuyau après avoir fait descendre le plateau d'une hauteur suffisante pour une facile manœuvre.

A l'autre extrémité du tuyau, quand la pâte est un peu raffermie, on gratte la terre circulairement avec une pièce en forme de peigne qui détermine des rainures, nécessaires jDour assurer un scellement adhérent.

Le tuyau de grès est repris après raffermissement pour lui donner une bonne forme. Les petits tuyaux sont montés au besoin sur un tour horizontal et soumis à 1 action d'un outil tranchant. On corrige ainsi les aspérités.

Les gros tuyaux sont parfois tournassés intérieurement avec un équipage mobile que l'on introduit dans le noyau.

85. — On cuit les tuyaux en charge lentement. Le four à flamme renversée que nous représentons (fig. 44) convient très bien pour la cuisson de ce genre de produit ainsi que pour celle des carreaux.

§ 3. — Garrealx de GRi;s

86. — Maintenant on travaille surtout à sec. L'argile est délayée, mélangée aux autres matières égalen°ent broyées au mouhn, puis la pâte raffermie est séchée. On la broie alors et on la presse à la machine. Les carreaux façonnés sont iwhs par passage entre deux cylindres avant d'être cuits.

La pâte signalée par Lambert ^ était faite d'argile plastique (blue clay) et de feldspath. Une addition d'oxydes

' Lambert, 1.

CARUKALX DE GRÈS

colorants donnait les colorations voulues. Pour les teintes foncées une argile rouge est parfaitement utilisable. L'incorporation des o:sydes se fait par broyage.

Le feldspath est une substance chère que le bas prix du carrelage a fait chercher à remplacer par d'autres fondants moins coûteux. Le cornish-stone subit le même reproche quoiqu'il soit d'un emploi plus facile. Les carreaux de Pont-Saint-Maxence sont à base de laitier. Le laitier de haut fourneau est un fondant d'un prix peu élevé, il est vrai qu'il est très demandé, par exemple pour faire du ciment du laitier.

L'emploi de matériaux, tels que certains sables fusibles, donne de bons résultats. Additionnés d'argile ils donnent des masses vitrihées satisfaisantes. Il y a actuellement un parti à tirer de ces matières.

Les colorations sont obtenues par des moyens simples. On se sert ordinairement de cobalt pour le bleu, d'oxyde de chrome pour le vert, d'ocrés pour les jaunes et les rouges bruns et d'oxydes de fer et de manganèse pour les noirs. La valeur de l'addition ne dépasse pas 6 "/o en moyenne,

La cuisson est lente naturellement pour éviter les ruptures. Elle s'effectue en gazettes comme pour les autres carreaux. On les pose de champ dans du sable.

Les fours intermittents à flamme renversée et les fours à gaz sont les deux types d'appareils les plus employés. Les premiers consomment 600 kilogrammes de houille en chiffres ronds pour i 000 kilogrammes. Les seconds, en prenant le four de Mendheim comme exemple, consomment moins.

Nous donnerons, comme exemple, la fabrication des carreaux mosaïques de Mettlach.

PIKIIHES ET MATÉIUAUX ARTIFIGIKLS

Ces carreaux destinés au carrelage (voir Wb'j), cuits en grès, sont connus aussi sous le nom de carreaux mosaïques.

A Mettlach, la Société Villeroy et Boch mène la fabrication de ces carreaux avec un grand succès et elle peut défier la concurrence de beaucoup d'autres fabriques et, en Allemagne, une seule fabrique, à Sinzig, lui fait concurrence.

Pour l'obtention de semblables produits on emploie des argiles qui ne nécessitent pas un travail préalable de lavage. Il faut une matière suffisamment homogène naturellement pour ne pas nécessiter un nettoyage par voie humide, nettoyage toujours coûteux.

Comme on emploie dans la fabrication des mélanges argileux appliqués l'un sur l'autre, le retrait de la matière a une très grande importance pour le choix des argiles. Il faut s'assurer que les diirércnles masses que l'on emploiera ne subissent pas des contractions présentant de trop grands écarts, après cuisson. Faule d'accord dans le retrait, les produits seraient déformés ou déchirés.

].e carreau comprend deux couches distinctes : la première qui forme presque toute sa masse est constituée avec une argile bon marché ; la seconde est composée d'argile fine mélangée à des colorants ou à des fondants. Cette dernière couche est de très faible épaisseur, car elle est plus coûteuse que la première, elle est posée simplement de manière à constituer une couche décorative de solidité suffisante.

La masse constituant la première couche est obtenue en broyant à la meule des argiles sèches, puis en les mélangeant et en les additionnant de la quantité d'eau nécessaire pour rendre facile le façonnage.

Quelquefois aussi on travaille d'abord la masse à l étal

CVUnEAlX DE GKÈS

de pâte molle, puis, après malaxage, on la sèche et on la broie à la meule. Les matériaux durs que l'on ajoute quel-

Fig. h'i

quefois, comme le feldspatli, sont broyés à part, puis ajoutés à la masse.

La presse, que nous représentons se compose d'un cylindre, fermé à l'extrémité inférieure, dans lequel se meut un piston muni d'un cuir embouti.

Le piston supporte la table destinée à recevoir la forme remplie. Deux règles parallèles creuses fixées sur la table servent au transport des formes ; elles sont traversées par deux pièces qui peuvent par l'aide d'un levier relever le moule. Au moment de donner la pressée on introduit un tampon sur le moule. On amène en avant, puis on replace au-dessus du piston. On presse alors en deux fois ; à basse pression, puis à haute pression. On desserre, puis en soulevant à nouveau le piston on démoule après enlevage du tampon,

^ Une fois pulvérisée, la pâte sèche est tamisée. Cette pâte sèche contient 7 y,, d'eau environ.

Quand on prépare des pâtes colorées on opère par voie humide le mélangeage. Le colorant est mêlé aux éléments de la pâte et la masse totale est pulvérisée à l'eau au moulin. On passe ensuite au fdtre-presse, puis on sèche et l'on pulvérise une dernière fois.

87. — Le pressage s'opère dans des moules en acier au moyen de la presse hydraulique en employant une pression de i5o atmosphères. Le moule comprend un fond entouré par une garniture.

On verse une couche de composition, puis on remplit avec la pâte grossière qui doit constituer le corps du carreau. Une première pressée, à 5o atmosphères, chasse l'air et une seconde comprime fortement la masse. Les 'carreaux pressés sont portés au séchoir, où ils doivent séjourner jusqu'à complète dessiccation. On chauffe soit à la vapeur, soit parla chaleur perdue des fours.

La cuisson s'effectue dans des fours cyhndriques semblables à ceux qu'utilisent les faïenciers (fig. /j /j ) ou encore dans des fours à chambres. Les carreaux sont cuits en ga-

CARREAUX DE GHÊS

zettes. La cuisson se mène lentement, le petit feu doit être très doux, puis élevé progressivement jusqu'au grand feu. Une atmosphère réductrice est à éviter ; les couleurs peuvent être réduites et les carreaux enfumés. Pendant l'enfournement il faut veiller à placer au premier rang seulement les carreaux qui peuvent supporter sans accident une tempé-

Fig. a

rature élevée. La température est poussée jusqu'au commencement de fusion du feldspath.

Le refroidissement doit être lent, afin d'éviter des ruptures. Un carreau bien cuit est imperméable à l'eau ; sa structure est vitreuse.

Les principaux accidents qui peuvent survenir dans la fabrication sont : les déformations, les déchirures, les effritements de couleur et les fissures.

PIEUUES ET MATÉUIAUX AUTIFICIELS

La déformation provient ordinairement du retrait inégal des masses servant à constituer le carreau. Ce n'est pas toujours pourtant pour cette raison que les pièces se déforment; la manière dont a été conduite la pressée peut jouer un rôle. Si la pression a été trop élevée les carreaux ont une tendance à se cintrer. Il faut remarquer avant toutes choses qu'un petit carreau, pour une même indication du manomètre, reçoit une pressée plus grande par centimètre carré, qu'un grand carreau. Il y a lieu de proportionner l'intensité de la pression à la grandeur du carreau. Si le mélange de la pâte formant le corps du carreau a été mal fait il peut se produire aussi des déformations.

Les ruptures viennent à la suite d'une dessiccation insuffisante, d'une cuisson brutale ou encore d'un mélange incomplet delà masse.

L'elTritement des couleurs en petites lamelles est la conséquence de l inégalité des retraits du support et de la matière supportée.

Le même accident se produit avec des pâtes dont l'humidité n'est pas la même.

Les fissures sont la conséquence du retrait trop grand de la pâte colorée. On peut cependant constater des fissures en forme de tressaillures quand les retraits sont de même ordre, c'est alors que les masses colorées manquent de fusibihté. Il ne faut pas faire de confusion entre les tressaillures et les fissures qui se produisent pendant le refroidissement, ces dernières peuvent être profondes et se prolonger dans le corps du carreau.

88. — Voici des exemples de composition de pâtes. On y indique comme argile, une terre provenant de Presclien

l36 PIERRES ET MATÉRIAUX ARTIFICIELS

et qui sert, en Allemagne, à alimenter la fabrication d'un certain nombre de fabriques.

Pâle ordinaire

Argile maigre

Argile grasse 23

Le mélange est broyé à la meule.

Pâte blanche

Argile de Vallendar 4i

Argile de Raubach 3i

Feldspath de Nohfelden 28

On mélange par voie humide et l'on sèche le tout. On pulvérise ensuite à la meule le mélange suivant :

Argile de Vallendar 10

Argile de Raubach • . . 4

Feldspath de Nohfelden 4

P01tCELAI\E

89. — Jusqu'ici la porcelaine n'a été utilisée dans la construction que très exceptionnellement*. Il n'y a pas de raison pour employer une matière aussi coûteuse à la confection de pièces architecturales. Son rôle pourrait avoir un certain intérêt pour la confection de carreaux pour panneaux décoratifs. L'éclat de la matière et son inaltérabilité la recommanderaient pour des choses de cet ordre.

VERRE

90. — Le verre, à première vue, ne semble pas ap- * La tour de Nan-King est une curiosité.

VERRE

proprié à la fabrication de matériaux de construction ; il semble que c'est surtout à sa transparence que l'on doit s'adresser et que son rôle se borne au vitrage.

Pourtant le verre a une résistance, notable aussi est-il possible d'en tirer parti pour la confection de certaines parties des édifices.

Le verre, rappelons-le en quelques mots, est un silicate ou mieux un mélange de silicates, dont la formule globale correspond en moyenne à une trisilicate 3 SiO'MO. Un véritable verre n'est pas monobasique, il y a deux bases dont l'une est un oxyde d'un métal divalent : ordinairement chaux ou oxyde de plomb ; et l'autre un oxyde d'un métal monovalent : potasse ou soude.

Les verres utilisables dans la construction sont des verres sodico-calcaires ; on les obtient par des procédés trop longs à énumérer ici et qui consistent à fondre un élément siliceux avec du calcaire et un composé sodique (sulfate ou carbonate).

Le verre ne se travaille pas à la température ordinaire. On le coule dans des moules aussitôt sa fabrication ou bien on le souffle ou le moule quand il a pris l'état pâteux.

gi. — Le verre étant facile à travailler peut naturellement se prêter à l'obtention de produits ayant des formes géométriquement définies comme celles des matériaux employés dans la construction.

Une des plus anciennes formes du verre dans la construction est la dalle de verre. Les planchers dallés en verre permettent de rendre clairs des sous-sols que les matériaux non translucides rendent fatalement obscurs. Ce dallage est très résistant ; ainsi à la gare de chemin de

PIEIUIES ET MATÉRIAUX ARTIFICIELS

fer construite aux Invalides en 1900, à Paris, on a admis un coefficient de rupture de 260 kilogrammes par centimètre carré.

La fabrication des dalles de verre ne présente pas de difficultés considérables. Le verre fondu est simplement coulé sur une table métallique portant la forme en creux et laminé ensuite avec un cylindre.

92. Verre armé. — Le verre armé', c'est-à-dire le verre, contenant dans sa masse un treillis métallique, a fait son apparition il y a déjà un certain temps ; son avantage le plus marquant est, qu'en cas de rupture, les fragments de verre sont retenus par le treillis et ne peuvent se séparer.

En reprenant les divers brevets pris à ce sujet on voit que c'est un nommé Ilyatt, de NcAv-York, qui aurait eu le premier l'idée d'introduire une toile métalHque en fil de fer dans la masse du verre. On devait faire ainsi des feuilles de verre pouvant remplacer le verre à vitre ordinaire, mais son procédé était trop rudimentaire et Hyatt ne put rien en tirer.

D'autres brevets succèdent à celui d'Hyatt mais c'est seulement en 1892 que Shuman, dans une série de brevets, apporte une solution vraiment pratique. Il introduit dans le verre un réseau métallique, par enfoncement ou insertion dans la couche encore fluide et malléable. Le premier il arrive à faire du verre armé en quantité notable : en 189.4, il fabriqua les 3oooo mètres carrés qui forment la couverture de la nouvelle gare de Philadelphie.

En 1893, le procédé Appert fait son apparition. L'in

Appert, 1 ; Ghangek, 4.

VERRE

venteur reprend une idée émise par Bécoulet et Bellet en i893 : introduire un réseau métallique entre deux couches de verre laminées successivement. La modification d' Appert consiste à laminer simultanément- les deux couches de verre. Ces deux procédés sont les types caractéristiques des moyens pratiques de fabriquer ce genre de verre. Tous les procédés qui ont suivi sont des modifications des procédés Shuman et Appert.

La résistance du verre armé se trouve le double ou le triple de la résistance du verre ordinaire. En dehors de la surcharge que peut supporter le verre armé, sa faculté de ne pas se rompre avec séparation des débris est très importante à considérer en cas d'incendie. Le verre ordinaire, une fois brisé, livre passage aux flammes alors que le verre armé reste en place et forme une cloison étanche.

Le verre armé a pris, par suite de ses heureuses propriétés, une large place dans la construction. On en a même tiré des applications singulières et en dehors de son emploi comme vitrage on en a fait des marches d'escaliers. On éclaire alors l'escalier par en dessous et en se servant de marches et contre-marches en verre armé on a un escalier très clair, présentant à la fois de la solidité et de la légèreté. Le soubassement des devantures peut se construire avantageusement aussi en verre armé. On arrive par l'emploi du verre armé à faire des panneaux translucides permettant d'éclairer les sous-sols pendant le jour et au besoin pouvant être illuminés en formant transparents lumineux une fois la nuit venue.

92. Prismes Luxfer et verre losangé. — Les prismes Luxfer servent à diffuser la lumière en remplaçant l'éclairage direct qui donne souvent un jour cru par une répar-

tltion plus satisfaisante de la lumière. Comme son nom l'indique, le verre est mis par l'inventeur sous forme de surfaces prismatiques. La vitre est constituée par des plaques de verre dont la surface est ondulée à arêtes vives ; elle se présente comme formée d'une série de prismes accolés les uns aux autres. Selon les conditions dans lesquelles se trouve la pièce à éclairer, il faut choisir un prisme d'un angle convenable. Si la lumière est basse, on la projette horizontalement ou avec une direction inclinée, tandis que la lumière haute est réfractée suivant une direction au-dessus de l'horizontale. Ce modèle de vitrages permet donc d'envoyer la lumière frapper toutes les parties d'une même pièce.

Théoriquement, il faudrait une multitude de modèles de prismes, pratiquement un nombre très réduit suffit. La Société de Saint-Gobain a même imaginé un verre losange qui fournit des effets analogues.

go. Briques en verre soufflé. — Les briques en verre soufflé ' constituent des matériaux artificiels extrêmement curieux. Elles sont fabriquées en verre à bouteilles (silicates de sodium et de calcium plus ou moins alumineux). Elles sont soufflées dans des moules qui leur donnent la forme désirée, comme des bouteilles. L'ouverture qui a servi à souffler la masse est fermée à chaud par une goutte de verre.

Ces briques sont un excellent isolateur de la chaleur, du froid, de l'humidité, du bruit, des microbes et de l'électricité.

Le matelas d'air enfermé entre une double paroi, sans

1 MoilEL, 1.

VEllRE

aucune communication avec l'extérieur, réalise un isolement de premier ordre contre le froid, la chaleur^ etc.

Fermées à chaud, ces briques se maintiennent d'une limpidité parfaite et ne laissent pénétrer aucune buée ou poussière pouvant ternir ; elles sont bien supérieures pour l'inaltérabilité aux doubles fenêtres qu'elles remplacent, et qui se salissent rapidement à l'intérieur. La fermeture à chaud, à la température du verre malléable, augmente notablement la solidité des briques. La grêle a peu d'efTet sur elles ; les voûtes et dallages en briques soufflées supportent parfaitement la circulation de l'homme.

Elles dorment une lumière excellente, leurs facettes étant combinées pour briser les rayons solaires. Toutefois, ces facettes ne permettent pas de distinguer nettement les objets, surtout de l'extérieur à l'intérieur. Cette particularité permet, dans certains cas, d'avoir des baies sur les propriétés voisines, les briques de verre constituant un mur et non une fenêtre.

Les briques soufflées peuvent s'employer pour fenêtres fixes, séparation de pièces, murs et cloisons intérieurs, pour la construction des voûtes sans fers, pour toitures et lanternes, pour le dallage et la couverture des cours. Elles trouvent des applications spéciales et particulièrement intéressantes pour la construction des serres ; pour les hôpitaux, salles d'opérations, établissements de bains, établissements frigorifiques, ateliers de photographie, etc.

Des essais de rupture par compression et par flexion et des essais de mesure de la dilatation thermique ont été entrepris sur tous ces types au laboratoire de l'Ecole nationale des ponts et chaussées, soit sur des briques isolées, soit sur des panneaux constitués par l'assemblage d'un certain nombre de briques. Ces panneaux ont été faits au

laboratoire et coulés au mortier de ciment Portland artificiel. Les essais ont été effectués après un mois de durcissement à l'ail' sous un hangar clos.

Ces essais ont montré que la résistance à la compression des briques isolées atteignait jusqu'à près de i 700 kilogrammes.

La pose des briques ne présente aucune difficulté, et ]3eut être confiée à tout maçon soigneux. Le mortier doit être, de préférence, fait de ciment Portland avec ou sans addition d'un cinquième de sable propre et pur. On peut également employer le ciment de Vassy, la chaux hydraulique ou le plâtre. Il faut nettoyer les joints avant que le mortier soit complètement sec.

Lorsqu'il s'agit de monter de grands panneaux ou de grandes Ajoutes, et qu'il y a lieu de prévoir des effets de dilatation, il sufOt pour y remédier de passer sur les champs des briques une couche de colle forte, qui disparaît après la pose du ciment des joints et donne un peu de jeu à chaque brique.

Les dallages se posent sur des fers à I, placés à o™,75 d'axe en axe et dont on a préalablement garni l'aile supérieure d'une bande de plomb.

, La brique de forme appropriée permet de construire des façades arrondies sans aucun montant de support, ce qui est très avantageux pour boA\"-vindoAvs, avant-corps cintrés, kiosques ronds, etc.

Les cloisons verticales peuvent être montées, soit à môme les murs, en y ménageant une feuillure, soit, plus généralement, dans des cadres en bois ou en fer en U permettant d'emboîter la brique d'un centimètre environ.

Quand on Aeut exécuter une voûte avec des briques Falconnier, on commence par faire un cintre avec couchis

VEUUE

jointifs ; les angles de ceux-ci sont rabotés de façon à avoir une surface extérieure bien lisse ; le cilntre est établi de telle sorte qu'on puisse l'enlever facilement ; sur la surface des coucliis, l'ouvrier fait un tracé élémentaire permettant de placer chaque brique à l'endroit voulu, en laissant autour d'elle la place nécessaire pour le joint.

Les voûtes se faisant généralement avec des briques spéciales celles-ci, après avoir été encollées, reçoivent chacune le cercle en fer que l'on loge dans les encoches ménagées à cet effet. Si l'inclinaison de la voûte le permet^ on dispose toutes les briques à leur place et on coule tous les joints en une seule fois, en se servant de ciment liquide. Si l'on ne peut gâcher le liquide, on maçonne au ciment gâché serré. On doit garnir le fond des joints d'un peu de sable qui empêche le ciment liquide de couler sous les briques ; le nettoyage ultérieur est ainsi moins diflicile.

Dans les voûtes en ogive, on raccorde les deux remparts à la partie supérieure en nouant par un fd de fer les fdes des briques qui se font vis-à-vis.

Les briques en verre soufflé Falconnier sont particulièrement aA^antageuses pour la construction des serres.

9^. Tuiles de verre. — La tuile de verre s'obtient aisément par moulage ; associée avec la tuile de terre cuite à feuillure, elle permet facilement d'éclairer un grenier ou un local situé sous le toit sans qu'il soit besoin de créer d'ouvertures spéciales. Au besoin même, s'il était nécessaire des changer de place l'entrée de lumière, l'opération ne présenterait pas d'autres difficultés que le déplacement d'une tuile.

95. — En dehors des matériaux employés ordinairement dans la construction on a fait servir le verre à la construc-

tion complète d'une maison. Henrivaux', dans son ouvrage, cite un docteur Hollandais, M. Yan der Heyden, qui s'est fait construire à Yokohama une maison de verre. La transparence du verre supprime la nécessité des vitrages ; il n'y a plus de fenêtres dans cette maison de verre et l'air n'y arrive qu'après filtrage qui le débarrasse des germes et des poussières.

PIERRES ARTIFICIELLES OBTFALES PAR AGGLOMÉR ATIOÎV AU MOYEIV D'ÉLÉllEIVTS FUSIBLES

96. — Certaines compositions renfermant des constituants inégalement fusibles peuvent, après pression et exposition à la chaleur, prendre une certaine dureté. En effet, si la cuisson n'agit que sur les matériaux les moins réfractaires de la masse, et si ceux-ci ne sont pas trop abondants, la brique ou la pièce ne se déformera pas mais, par suite du ramollissement des parties les plus lusibles, les grains se trouveront soudés entre eux.

97. Briques de laitier. — Le plus simple mode d'utilisation des laitiers à la confection des briques serait évidemment de prendre le laitier fondu et de le couler dans des moules.

Dans le domaine de la pratique cette conception théorique n'est plus transportable, car les laitiers ont des propriétés qui ne se prêtent pas à ce mode très simple de traitement. Certains d'entre eux une fois solides se sillonnent de fissures peu de temps après leur solidification par suite de l'inégale dilatation des différentes parties de la

* Henrivaux, 1.

PIERRES ARTIFICIELLES OBTENUES l'AR AGGLOMÉRATION l45

masse. Si de l'eau vient à s'introduire dans ces fissures et à s'y geler, les différentes particules éclatent et la matière se réduit en poudre. Un laitier qui présente ces fâcheuses propriétés n'est évidemment pas apte à la] confection de briques de laitier par fusion.

Pour arriver à une masse pouvant se couler dans des moules sans ruptures ultérieures, il faut donner de l'homogénéité au laitier.

Lors de la solidification du laitier fondu, c'est naturellement la surface libre qui devient solide la première. La surface est même si unie et si brillante|qu'il serait dangereux de circuler sur un parquet formé de briques de ce genre,

g8. — Pour procédera la fabrication ' de briques de laitiers, il faut s'installer au voisinage du haut fourneau. On prépare en un endroit où le laitier fondu puisse arriver aisément une surface plane, que l'on saupoudre de sable fm, après l'avoir bien battue. Sur cette aire on installe alors un cadre de fer, divisé lui-même en plusieurs cellules correspondant chacune au volume d'une brique. Indépendamment de la forme habituellement donnée aux briques, on peut façonner aussi des carreaux à six et huit pans. Le cadre aura naturellement une hauteur en rapport avec l'épaisseur des briques.

On a ménagé dans la paroi de fer qui sépare deux moules un canal par lequel le laitier en excès, après avoir rempli un des moules, pourra s'échapper pour couler dans l'autre.

Ordinairement on prend un cadre pouvant servir à con-

* Lehner, 1

Pierres et matériaux artiûciels. o

piruHEs i:t matériaux AnTiFicir.LS

fectionner loo briques d'une seule fois. Il est nécessaire, en outre, d'avoir à sa disposition un lourd rouleau de fer que l'on passera sur le cadre plein de laitier pour tasser les briques.

Une fois la coulée du laitier opérée, on l'amène dans les cadres, puis répand à la surface des cadres, garnis de laitier fondu, un peu de sable fin et procède au cylindrage jusqu'à solidification de la masse et cessation de luminosité.

Pour éviter des ruptures il est alors nécessaire de recouvrir les cadres d'une couche de sable de 1 5 à 20 centimètres. On réalise ainsi un refroidissement lent. Le démoulage ne doit plus avoir lieu qu'après refroidissement complet.

Une fois revenus à la température ordinaire, les cadres sont découverts et débarrassés de leurs briques. Par suite de l'ouverture de sortie de l'excès de laitier les briques sont réunies les unes aux autres par un filet de laitier qu'il est aisé de briser. On peut polir au besoin le point de rupture.

La partie restée en contact avec le sable est un peu dépolie, c'est elle qui devra former la partie supérieure du dallage pour les raisons que nous venons de donner.

Réunis avec du ciment de laitier, les carreaux de laitier forment un pavage excellent. Il est dur, résistant aux intempéries et étanche.

Pour la construction des murs les briques de laitiers ont trouvé peu d'emploi. Leur manque de porosité n'en permet pas l'assemblage par les procédés suivis pour la Ijrique ordinaire. Sous forme de briques creuses elles sont plus facilement utilisables. On façonne alors ces briques en coulant le laitier dans un moule parallélipipédique tia-

PIERRKS ARTIFICIKLLKS OBTENUES PAR AGGLOMliUATlON iflj

versé de haut en bas par des tiges de fer de section carrée.

La question des briques de laitier a été reprise récemment par M. A. F. L« Ghatelier qui a breveté un procédé de fabrication. Le laitier est utilisé tel qu'il sort du haut fourneau ou après mélange avec des fondants, ou bien encore après réchauffage et refroidissement. Ces opérations ont pour but de donner à la masse la fluidité convenant au moulage et de corriger les variations de composition des différents laitiers.

Les différents laitiers ayant des teneurs variables en silice, chaux, alumine ne peuvent être employés indifféremment dans les mêmes conditions à leur sortie du haut fourneau, car leur passage de la fusion liquide à la fusion pâteuse est plus ou moins rapide, et leur vitrosité plus ou moins grande. Ceci est très important suivant que l'ont veut mouler à l'état vitreux ou à l'état vitrifié. On est ainsi conduit à réchauffer ou non les laitiers et à en modifier ou non la composition, suivant la rapidité de la fabrication ou la nature des produits à obtenir.

Pour obtenir des produits colorés à la surface, on pourra poser un émail sur le moule et appliquer ensuite la masse.

Le laitier peut être moulé directement après sortie du haut fourneau ou bien, après réchauffement et incorporation de matières diverses. On fabrique aussi des plaques de grandes dimensions par laminage ' .

loo. VulcanoL — Le vulcanol est une pierre artificielle obtenue en agglomérant, au moyen de la chaleur, des débris de roches. On emploie comme matière pre-

' F. Le Chvtelieh, 1.

mière des débiis de granit, basalte, porphyre, que l'on agglomère à haute pression et cuit dans des fours appropriés jusqu'à vitrification. Les pierres artificielles ainsi faites surpassent les roches naturelles en homogénéité et en résistance.

Le vulcanol est fabriqué en Allemagne par une importante société. Dans .l'usine qu'elle a installée à Wurzbourg, elle s'occupe surtout de la confection de carreaux de pavement obtenus en agglomérant des déchets de pierre dure avec un haut argileux. On presse à sec très fortement avec une presse hydraulique et soumet à la cuisson. Cette dernière s'effectue lentement et se poursuit pendant douze jours. On laisse ensuite refroidir doucement.

Les pierres artificielles ainsi fabriquées ont la même résistance à l'usure et à la pression que les granits. Le vulcanol supporte la gelée, les intempéries et l'action des acides concentrés sans altération.

loi. Pierre de verre. — M. Garchey a eu l'idée de réunir par fusion, dé vitrification et fusion nouvelle subséquente des fragments de verre en un bloc solide que l'on façonne par moulage. Pour fabriquer un produit semblable, on lave d'abord des débris de verre, les réduit en fragments et les passe dans un classeur qui donne des grains de verre ayant des grosseurs différentes. La poudre renfermant un mélange convenable des divers grains est alors placée dans un moule en fonte que l'on porte dans un four où il est chauffé pendant une heure. Le verre subit une dévitrification et une fusion. Une fois la masse amenée à l'état de verre dévitrillé pâteux, on passe le moule un instant à une température plus élevée (i3go° en-

PIERUKS AUTIFICIELLES OBTENLES PAU AGGLOMÉRATION l49

viron). Le verre est alors soumis au pressage. Pour éviter un refroidissement trop rapide, qui serait fâcheux pour les propriétés de la pièce, on récHauffe le moule et son contenu.

Essayée au point de vue de la solidité, la pierre de verre a supporté, dans la détermination de sa résistance à l'écrasement, 2028 kilogrammes centimètres cubes; la matière résiste à la gelée et au frottement. La résistance au choc et à l'arrachement est considérable, de sorte que ce produit peut être classé dans les matériaux durs.

Pour éviter l'adhérence de la pierre de verre au. moule, M. Crochet emploie un moule en terre réfractaire, doublé d'un moule en papier. Une fois dans le four de fusion, le papier brûle en formant une pelUcule de carbone qui suffit pour empêcher l'adhérence entre le moule et la masse du verre.

La pierre de verre possède de grandes ressources au point de vue de la variété, car l'on peut, en modifiant les constituants, soit le grain, soit la couleur du verre, lui donner des aspects très variables. En posant sur le moule des poudres colorées, on arrive à nuancer le produit d'une façon très heureuse.

A côté de la pierre de verre, il faut citer aussi la marblile, produit fabriqué en Belgique, à la glacerie de Floreffe. Ce produit est fait en coulant dans un moule de fonte un mélange de divers verres colorés, mélangés incomplètement, de manière à fournir des marbrures.

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