I. PRODUITS A AGGLOMÉRANTS ORGANIQUES
•2i(\. Agglomérés d'oxyde de plomb et de glécérine — La litharge en contact avec la glycérine produit une combinaison susceptible de prendre une grande dureté. Si l'on opère avec une glycérine un peu concentrée le durcissement de la masse s'opère si rapidement, qu'il est impossible de mouler le mélange convenablement, la masse étant déjà dure quand on l'introduit dans le moule En étendant la glycérine avec de l'eau, le durcissement est plus lent et se trouve d'autant plus retardé que la glycérine est plus hydratée.
La litliarge doit s'employer à un grand état de division pour donner de bons résultats ; on a d'excellents produits en employant de la litharge lévigée.
282 PIKRl'.ES ET MATÉRIAUX ARTIFICIELS
Les rapports les meilleurs dans lesquels il faut prendre les composants sont les suivants :
Eau 2 volumes
Glycérine concentrée 5 »
On laisse refroidir le mélange et l'on en emploie 1 20 centimètres cubes pour 100 grammes de litharge.
Le moyen le plus pra"tique de bien mélanger le tout est de mêler la masse dans une capsule de porcelaine en l'agitant jusqu'à ce qu'elle forme pâte. Si l'on n'opère que sur de petites quantités, on peut la pétrir à la main, mais cela n'est pas à recommander pour des poids un peu notables. Il vaut mieux alors la cylindrer.
La composition a pris alors la consistance et la plasticité du mastic de vitrier. C'est alors qu'on la porte dan& les moules où on la presse fortement. Au bout de deux jours elle a pris la consistance voulue pour supporter le démoulage. La coloration des objets dépend de la couleur de la litbarge employée.
Si l'on voulait fabriquer des masses colorées, il n'y a pas de grandes difficultés à surmonter car il suffirait d'incorporer à la glycérine des colorants, comme les couleurs d'aniline, qu'elle soit capable de dissoudre.
Les objets obtenus avec une composition de cet ordre sont évidemment lourds, et ne peuvent convenir qu'à de& emplois très restreints comme la fabrication de camées, de boutons de porte ou de porte-manteaux, etc.
Cette composition plombeuse peut trouver une utilisation plus sérieuse dans l'établissement des fondations sur lesquelles doivent reposer des machines ayant une grande vitesse de rotation. Le ciment ainsi fait est évidemment cher, mais il n'est pas cassant comme le ciment ordinaire.
PUODUITS A AGGLOMÉHAKTS ORGANIQUKS
Pour diminuer le prix de revient on peut évidemment incorporer dans le mélange des corps inertes, mais cette introduction de matériaux de remplissage se fait aux dépens de la solidité générale. De plus, le ciment glycéroplombeux ne se prête pas comme le ciment ordinaire à l'agglomération de grandes quantités de corps inertes.
217. Agglomérés à l'aide d'asphalte. — L'asplialle est un agglomérant qui convient très bien pour la confection de pierres artificielles. Liquide, il imprègne facilement les corps avec lesquels il se trouve en contact et les réunit facilement une fois qu'il s'est solidifié.
218. — La fabrication d'agglomérés à base d'asphalte ne présente pas de grandes complications ; on fond d'abord l'asphalte et une fois qu'il est devenu sullisamment liquide, on l'additionne de la matière qui doit constituer la pierre. La masse est ensuite bien mélangée et portée dans des moules où elle est fortement pressée.
La matière minérale est prise sous forme de grains à arêtes vives et de sable fin, ce dernier servant à remplir les vides.
Carbone
Hydrogène
Azote
Soufre .
I provient de la Trinité, Il et III .sont des asphaltes de la mer Morte.
PIERHES ET ÏMATÉniAlX ARTIFICIELS
Les asphaltes bruts renferment en plus des matières minérales.
On compose, par exemple, le mélange ainsi :
Cailloux concassés i5o
Sable 5
Asphalte c)5
Goudron 5
L'asphalte est d'abord fondu dans un chaudron après addition du goudron. Quand le mélange est bien liquide, on y incorpore les ingrédients solides et mélange le tout. On porte alors dans les moules et soumet à une forte pression, puis laisse refroidir.
219. Pierre Dorrite. — On sait que le goudron répandu sur les chemins entre dans le sol de quelques centimètres et forme avec la matière pierreuse une couche élastique, imperméable à l'eau. Cette propriété du goudron d'agglomérer facilement les débris minéraux a amené plusieurs inventeurs à chercher un procédé de fabrication des pierres artificielles basé sur l'emploi du goudron comme agglomérant.
On appelle pierres de Dorrit [Durritsleine), du nom de leur inventeur M. Dorr, des matériaux fabriqués à Cermersheim avec des cailloux pris dans le Rhin.
Le goudron est d'abord purifié de l'eau et des huiles légères par distillation jusqu'à i4o-i5o°. Les cailloux sont ensuite brisés au concasseur et séchés complètement dans des appareils appropriés. On mélange alors les matières dans un tambour. Ce dernier appareil est chaulTé pendant que s'opère le mélange.
Quand l'opération est terminée, la masse arrive sur une balance automatique. Là, la masse divisée en quantités
PRODUITS A AGGLOMÉRANTS ORGANIQUES
mesurées est envoyée dans des moules et soumise à la compression au moyen d'une presse hydraulique. On donne lioo grammes par centimètre carré : ce qui provoque une liaison complète. Les pièces moulées, briques ou plaques, sortent encore chaudes de la presse.
On emploie de 17 à 20 de goudron pour 83-8o "/g de cailloux siliceux. La masse, par suite de sa forte teneur en silice, est très dure.
Bien faites, ces pierres donnent une surface toujours unie, sans suintement du goudron.
220. — Lœnv a employé dans la fabrication des agglomérés un savon résineux et des hydrocarbures lourds. Il a pu, avec un agglomérant de cet ordre et de la poussière des rues, faire des pierres offrant une dureté appréciable.
La poussière que Ton ramasse dans les rues est constituée principalement de débris du pavage qui forme la chaussée.
Le savon résineux s'obtient en chauffant de la résine avec de la chaux ; il se forme ainsi un résinate ayant une certaine résistance à l'état solide. On peut lui incorporer comme matières premières de la pierre artificielle des débris de roches, de la terre cuite, du plâtre, de la chaux, etc.
On commence par broyer au moulin les matières pierreuses et le savon résineux calcaire, de manière à former unmélange intime pulvérulent dont on remplit des moules. Ceux-ci sont alors portés à i5o-i6o° assez longtemps pour que toute la masse ait pris cette température. Dans ces conditions, le savon résineux fond et colle tous les grains.
Une variante du procédé consiste à faire le savon résineux calcaire en même temps que le durcissement. Pour cela, on ajoute aux débris à aggioméier de la résine de pin et de la chaux en quantité convenable, puis on broie
i'ii:rui:s et matkrial x artificiels
le mélange. La masse est alors moulée et chauffée ensuite ; le savon résineux se produit alors. On peut aussi chauffer le mélange avant le moulage ; la masse reste pâteuse pendant suffisamment de temps pour permettre le façonnage, si l'on a soin de l'introduire dans des moules préalablem^ent chauffés à loo".
Voici des exemples de compositions :
/io
Le mélange I est destiné à la confection de carreaux de dallage, le II convient pour la tuyauterie.
221. — ^ En employant des colorants sur lesquels la chaux n"a pas d'action, on a facilement des pierres colorées. Il suffit d'incorporer ces ingrédients dans le mélange.
Sable fin
Poussière de la me . . . .
Craie
Chaux A ive
Colophane
PRODUITS CONSTITl ÉS P VH UNE MATIÈUE ORGANIQUE 287
La composition III donne des pierres artificielles jaunies, IV et y des pierres gris foncé et rouges.
L'introduction de gros sable blanc modifie heureusement la structure de la pierre qui prend alors l'apparence du marbre ; on peut également la teinter en bleu vert en suivant la composition VII et en rouge chair la composition VIII.
Sable blanc en gros grains .
II. PRODUITS CONSTITUÉS PAR 1 \E MATIÈRE ORGANIQUE AGGLOMÉRÉE PAR UN CIMENT MINÉRAL.
2 22. Xylolithe. — On a donné ce nom à un aggloméré de débris de bois. La sciure convient très bien pour cette préparation. On la tamise d'abord pour en séparer les fragments trop gros. Si la sciure renfermait par trop de poussière, on la débarrasserait de la matière pulvérulente au moyen d'un séparateur. L'appareil est forme d'un récipient, dans lequel la sciure est renfermée, et qui la laisse tomber dans une boîte traversée par un courant d'air horizontal. Les particules les plus fines sont enlevées par l'air
PIEURES ET AIATKUIAl X ARTIFICIELS
et les grains les plus gros tombent sans déviation de leur roule. En réglant convenablement la vitesse de l'air on obtient un grain plus ou moins gros.
En employant pour la confection de la xylolitbe de la sciure un peu grosse, on a un produit qui rappelle assez bien le bois par sa structure. Au contraire, le produit fabriqué avec de la sciure très fine a un tout autre aspect.
Les sciures de tous les bois n'ont évidemment pas les mêmes propriétés, on voit donc qu'il est possible de préparer une quantité assez considérable de variétés suivant que l'on emploie telle ou telle espèce de bois à des états diflérents de finesse.
Les sciures provenant des boîs blancs fournissent un produit très blanc ou simplement teinté de jaune dont le poids est très faible. Avec les bois foncés on a naturellement des masses de couleur foncée et dont le poids spécifique est plus élevé.
Au lieu de faire la xylolitbe au moyen de sciure de bois, on peut aussi la composer avec de la pâte de bois, cette pâte avant été blanchie ou non à la vapeur.
La cellulose, si les frais de sa préparation n'étaient pas trop élevés, ferait une matière première excellente pour la xylolitbe ; elle fournirait une matière superbe.
Dans les usines où l'on prépare les extraits tanniques ou les extraits de bois colorants, on a à sa disposition des déchets de bois très convenables pour la fabrication qui nous occupe. Il convient d'abord d'éliminer par lavage toutes les matières solubles.
223. — En se servant de bois différents, on a naturellement des produits de quaUtés et d'aspect bien distincts. Mais, malgré la variété des bois, on peut désirer fabriquer