VIRGINIA
Certes ! . . . .
PIERROT, comique
VIRGINIA, milaiicolique
Et cela.... presse?
Si cela presse ? Oh oui, cela presse, et bien trop Pour que j'attende encor longtemps, Monsieur Pierrot : Mon cœur, seul, est trop triste et ne peut plus attendre. Et si l'amant rêvé ne veut enfin me tendre La perche du sauveur, je... me ferai mourir...
PIERROT, patelin
Oh ! pas si vite, enfant ! Vous voulez donc courir La poste ! Un peu de calme, ayez espoir, que diable ! Vous êtes merveilleuse, et c'est indéniable, Et vous devez trouver cet amant désiré !...
Mon rêve n'est plus rien (jue fort désespéré...
Soyez plus sérieuse, — et puis causons... affaire ; Je verrai, moi, Pierrot, si je ne pourrais faire
Qucliiue chose pour vous...
Dites-moi donc comment Au pliysi(iue, au moral, vous peignez votre amant.
Virfjinia se rapproche, ils se regardent et se prennent la main. viHdiNiA, câline
D"iine l)l;iiirlK>ui' de lys, paie comme lu neige, Il a de bciiux .mux Mens, dnut i'.iime le manège;
Il est la grâce 11 !'■■ ii hmu M'.luit, on lui. . .
Amoureux et porte, aiiislc, il est folui
Diint rame grande et douce aime à voler sans trêve
Vers ridl'al puissant, dans l'Au-delà du rêve !,..
L'on ne peut le coiniait re, ô Pierrot, mteii l'aimant;
Il a je ne sais i\\v\ iia-e^istiliie aimant,
Et depuis ipi'à son cliarnie a tout venant je songe,
Pour moi, toujours, il est réternel roi du Songe.
PIKRROT, passionné
Mais son nom ! Oh ! son nom ! Dites-le, ma déesse !...
viiMiiNiA, le refjordnnt à la dérobée
Ne le save/-vous pas, donc, Pierrot ! Qui serait-ce?
PIERROT, avec un enthousiasme concentré
Doux ange de l'amour ! ange de pureté !
Je veux chanter une hymne à ta toute beauté !
Je T«ux te consacrer les efforts de ma vie,
Je veux sacrifier k mon âme ravie
Et je veux que tu sois lidole de mon cœur !
Je détestais TAmour, — soudain l'Amour vainqueur
M'apparaît éclatant, asservit tout mou être ; Je ne l'avais point vu, tu me l'as fait connaître. . Eloignant d'un seul coup la vaine aberration Ton charme m'éblouit en son incarnation, — Et j'admire à présent plus que jamais la lémme A qui je veux brûler une éternelle flamme !
Tu m'aimes donc Pierrot !?.
Si je t'aime, dis-tu?
Mais ne seras-tu point, dans le sentier ardu Que suit mon existence, un soutien sans déboire?...
{Câlin)
Dis, ma Virginia ? . . . Vois-tu, nous irons boire L'onde pure et brillante aux sauvages ruisseaux. . .
Comme tous les amants nous aurons les oiseaux Pour nous donner les bals...
Et dans le grand murmure Nous mangerons tous deux et la fraise et la mûre...
Tout le jour ton poème amoureux tu diras. Puis au soir enivrant. Pierrot.., tu m'aimeras..
Nous pourrons nous moiiuer des tracas qu'on arrange A la ville enfumée et si brutale, étrange...
Nous n'en connaîtrons pas les éternels ennuis Et nous nous aimerons à la clarté des nuits !
Enfin nous n'aurons pas l'horrible politique Et nous dirons en chœur à tout cela. . .
ENSEMBLE, lltUtlS
Bernique !...