‹ Pierrot sceptiqueChapitre 1 sur 15 · UNE VIEILLE FEMME · texte numérisé non relu

UNE VIEILLE FEMME

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Invités, Gens du Peuple, Enfants, Croque-Morts, Pompiers

C'est dans une ville, sur une petite place arrondie en demi-lune et qu'enferment, à droite un cabaret, le porche d'un église, à gauche une boutique de mercerie, un éventaire d’immortelles, au fond, l'entrée de la maison de Pierrot, l'officine d'un coiffeur.

Le cabaret est rouge, garni de barreaux autour desquels festonnent des pampres en tôle avec des grappes de raisins tout bleus. Les joies furieuses des pochardises ont saccagé les vitres.

La boutique du mercier possède la friperie des marmailles : leurs tabliers, leurs bourrelels, leurs

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cotes, d'élonnants talmas pour nouveaux-nés, de courtes langes, quatre pantalons aux fentes nécessaires,

Le magasin du fleuriste élale tous les ridicules emblèmes des douleurs humaines : des cerceaux d'immortelles, des couronnes en perle avec des mains de plâtre enlacées au cenire, des feuillages de taffetas, des médaillons ot les initiales des défunts, fabriquées avec des cheveux, semblent encore assouples et poissées par les philocomes. |

Des tentures noires, écussonnées d’un P d'argent, encadrent l'entrée de la maison où git, sur un tréteau, dans sa boîte éclairée par six chandelles, le corps de dame Pierrot, morte à la fleur de l'âge; cependant que, à côté, dans la devanture vert pomme d'un perruquier, toute blanche sous ses cheveux orange, lourne, lourne, comme en un mouvement ralenti de valse, une chérissable et silencieuse sidonie.

Au-dessus du cercueil de sa femme, dans sa chambre à coucher tendue de papier clair, Pierrot se vêt de noir pour la cérémonie. Des mendiants, fleuris d’ulcères et damassés de dartres, causent devant léglise. Les cloches sonnent à toute volée.

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