SCÈNE VII
Pierrot, Arlequin, Polichinelle ; par instants, le cabaretier.
Colombine et sa bonne étant rentrées, Polichinelle réfléchit, prend une mine attristée et va rejoindre ses camarades qui gémissent à la porte du cabaret.
— Bah ! leur dit-il, c’est une pimbêche ! Oublionsla et noyons nos sourires dans ce bon vin....
Tous trois vident leurs gobelets et appellent le cabaretier pour avoir encore de quoi boire ; mais celui-ci, trouvant qu’ils ont beaucoup bu, manifeste des craintes au sujet du paiement des bouteilles déjà vidées. Polichinelle, alors, montre sa bourse. Le cabaretier se confond en excuses et rentre pour aller chercher de nouvelles bouteilles.
— Eh quoi ! disent, d’un air d’étonnement et de reproche, Pierrot et Arlequin à Polichinelle, tu vas payer le cabaretier ?...
— Ma foi ! non.
— A la bonne heure.
— Laissez-moi faire, répond Polichinelle, j’ai mon idée.
Le cabaretier réparait avec deux immenses paniers. Les trois drôles l’invitent à trinquer avec eux, lui versent rasades sur rasades, et le grisent abominablement .
— Portez-le vers la guérite, ordonne Polichinelle. Bien!../ Et maintenant renversez-la sur lui... Parfait !... Mais vite, sauvons-nous !...
Et le trio de détaler.