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LA BELLE IVRESSE

Or j'étais là, dans la foule, Voulant aussi me griser De la Rime qui s'enroule Autour du Rêve irisé ;

Et, malgré déjà mon âge, Comme eux, jeune, fol, ailé, Sans honte ni barguignage Je m'en suis encor soulé !

30 août 99.

BITERRE

A Mv A Iphonse Mas

Pour ce qu'il mit en mon cœur de tendresse, D'enthousiasme et de sereine ivresse, Et sur ma lèvre un amour des baisers J'aime mon beau pays natal, Béziers.

Un ciel tout d'or et d'azur l'illumine ! Et, fièrement, son front hautain domine La vaste plaine où rit le pampre vert Depuis les monts, là-bas, jusqu'à la mer.

Quel féodal profil sur le faubourg Dessinent haut Saint-Nazaire et ses tours, Canterelle et Saint-Jacque et leurs remparts Où l'Albigeois trouva sa dure part !

BITERRE 61

L'Orb amical, à ses pieds qu'il caresse, Sous le platane ombrage sa paresse, Et le Canal — ponts, écluses, bateaux — En souriant grimpe à ses lents coteaux.

J'aime en zigzag ses rampes, ses ruelles Du moyen âge, et sa Ville nouvelle, Et son allée où le regard s'étend Du théâtre rose à la mer d'argent.

Ah, s'il me charme ainsi son paysage, Combien jadis me charmaient davantage Ses filles au teint brun, mat et ambré, Aux cheveux lourds, au torse bien cambré...

On les devine éprises des vendanges Qu'un dieu d'amour leur promit en échange De leur beauté rieuse et de leurs yeux, Velours luisants, éclairs malicieux.

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Aussi les gars d'ici voulant leur plaire Vont-ils, maintien plaisant, belle humeur claire Généreux, comme vin ; comme soleil, Brûlants, férus d'aimer dès le réveil.

Et j'aime Béziers pour son âme ardente A la vie, à la joie, et ce qu'il tente Un bel effort constant, dans la clarté, Vers l'Art, la Poésie et la Beauté ;

Et mieux je l'aime encore: en souvenance Du doux passé que lui doit mon enfance ; En chérissant l'espoir qu'il m'a gardé Pour le repos, un coin de terre aimé.

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