‹ Place à l'amourChapitre 3 sur 10 · DOLORES, ROLANDE · texte numérisé non relu

DOLORES, ROLANDE

Dolores (embrassant Rolande avec effusion)

Ma belle Rollande, que je suis heureuse de te voir ! Qu,e. tu es bonne d'être montée ! Que

tu es belle aujourd'hui ! (elle se jette la tête sur V épaule de Rolande et éclate en sanglots.)

ROLANDE

Ne pleure pas, ma chère Dolorès, mon petit frère t'aime toujours de plus en plus.

Dolores (redoublant ses sanglots.)

Il m'aime, n'est-ce pas ? il ne me laissera pas.

Rolande ( ton de grand' mère sérieuse )

Bon, encore des jérémiades, petite folle, bientôt tu auras peur de me perdre, moi aussi.

dolores (sanglotant toujours)

Ah, si tu savais, si tu savais; (brusquement courageuse) mais comme tu dis, trêve de jérémiades et un peu de joie. As-tu vu les Doutre aujourd'hui ?

ROLANDE

Non, mais je sors de visiter Célia Lalande.

DOLORES

Et elle va bien j'espère. Et ton petit frère que chante-t-il de bon ? Fait-il encore des façons à Célia ?

ROLANDE

Petite jalouse, la pauvre Célîa s'en morfond; elle n'en demanderait pas tant que toi pour être heureuse.

dolores ( autoritaire ).

Mais je veux savoir, moi, s'il essaie de flirter encore. Oh, ton beau petit frère. Que tu es heureuse de le voir, de vivre avec lui, l'aimé.

ROLANDE

Pas tant que cela va, le mauvais sujet qu'il est.

DOLORES

Ah, est-ce qu'il fait des bêtises maintenant ?

ROLANDE

Bon, te voilà qui prend cela au sérieux. C'est vrai, en amour comme à la guerre, on n'entend pas badinage.

DOLORES

Bête, je t'aime.

ROLANDE (regardant l'horloge) Sept heures bientôt, il faut que je te quitte.

Dolores ( autoritaire ) Non, reste, je le veux.

ROLANDE

Petite volontaire, on n'est pas tous comme mon frère Charles pour obéir à tes caprices mutins. Je pars, m'entends-tu ?

DOLORES

Tiens, voici mon père {elle essuie ses yeux.)

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