DOLORES, ROLANDE
Dolores (embrassant Rolande avec effusion)
Ma belle Rollande, que je suis heureuse de te voir ! Qu,e. tu es bonne d'être montée ! Que
tu es belle aujourd'hui ! (elle se jette la tête sur V épaule de Rolande et éclate en sanglots.)
ROLANDE
Ne pleure pas, ma chère Dolorès, mon petit frère t'aime toujours de plus en plus.
Dolores (redoublant ses sanglots.)
Il m'aime, n'est-ce pas ? il ne me laissera pas.
Rolande ( ton de grand' mère sérieuse )
Bon, encore des jérémiades, petite folle, bientôt tu auras peur de me perdre, moi aussi.
dolores (sanglotant toujours)
Ah, si tu savais, si tu savais; (brusquement courageuse) mais comme tu dis, trêve de jérémiades et un peu de joie. As-tu vu les Doutre aujourd'hui ?
ROLANDE
Non, mais je sors de visiter Célia Lalande.
DOLORES
Et elle va bien j'espère. Et ton petit frère que chante-t-il de bon ? Fait-il encore des façons à Célia ?
ROLANDE
Petite jalouse, la pauvre Célîa s'en morfond; elle n'en demanderait pas tant que toi pour être heureuse.
dolores ( autoritaire ).
Mais je veux savoir, moi, s'il essaie de flirter encore. Oh, ton beau petit frère. Que tu es heureuse de le voir, de vivre avec lui, l'aimé.
ROLANDE
Pas tant que cela va, le mauvais sujet qu'il est.
DOLORES
Ah, est-ce qu'il fait des bêtises maintenant ?
ROLANDE
Bon, te voilà qui prend cela au sérieux. C'est vrai, en amour comme à la guerre, on n'entend pas badinage.
DOLORES
Bête, je t'aime.
ROLANDE (regardant l'horloge) Sept heures bientôt, il faut que je te quitte.
Dolores ( autoritaire ) Non, reste, je le veux.
ROLANDE
Petite volontaire, on n'est pas tous comme mon frère Charles pour obéir à tes caprices mutins. Je pars, m'entends-tu ?
DOLORES
Tiens, voici mon père {elle essuie ses yeux.)