BOURSICOT , JUNON
Jiî.NO.N , sans voir Boursicot.
C'est bien singulier que M. Boursicot ait disparu... après ça , c'est M. Accacia qui s'absente... ensuile c'est Atalante... Oh ! certainenient , ou ne iii'ôlera pas de la tèle qu'il y a que'que chose.,. D'abord, pendant que M. .\ccacia racontait son mallu'ur... de la place Venladour... M. Boursicot a changé six fois de couleur... je les ai comptées... 11 est devenu dont fois blanc , deux fois jaune et trois fois vert.
BOURSICOT, à table et sans voir Junon.
Saprislic ! c'est très difficile à tourner.
JUNON
oh! il est là... Tiens! il écrit... si je pouvais savoir... {elle approche doucement du bosquet. )
BOlîRSICOr.
Allons, il faut laisser courir ma plume... m»» remords la guideront.
JUiVON.
Ses remords ! oh! j'avais bien deviné ! BOURSICOT, écrivant.
0 digne Accacia! ô respectable Accacia! ne prenez pas d'ombrage de ce que je vais vous écrire.
JUNON, à pa't.
Ah! mon Dieu ! voilà qu'il me prend une cn- -vie d'éternuer! {Elle fait tout ce quelle peut pour ne pas éternucr; elle porte son mouchoir à sa bouch».)
BOURSICOT
Je suis une canaille. . Hum! le mot est trop fort... Je suis un misérable... c'est encore trop fort... Je suis un polisson... c'est plus gentil... et j'ai... {Junon éternité.) Qu'est-ce qui se permet d'éternuer sur ma tête? ( Il se retourne et voit Junon.) Madame Passelacct.
JUNON, embarrassée.
Oui, oui... c'est moi... j'étais sortie... pour me promener un peu...
BOURSICOT
Et il parait que vous vous promeniez autour de moi... cuniine si j'étais la Colonne de Juillel. {A
part, froissant sa lettre qu'il met dans sa poche.) Pas moyen d'écrire ici.
JINON.
Oui, je vous ai aperçu et... mais pourquoi donc abandonnez-vous la sociélé, M. Boursicot? Chacun fait des conjectures... TibuUe a dit que vous étiez fort malade.
BOURSICOT
Moi, malade!... Si Tibulle a dit ça, je démens Tibulie.
jr>:os.
Vous écriviez à quelqu'un... je vous ai dérangé?
BOunsicoT.
Du tout... seulement, je vais écrire ailleurs... dans un endroit où on n'élernuera pas si près de moi...
jrxox.
Qucdirai-je à Âtalante, quand elle me demandera si je vous ai vu.'...
liOunsicoT.
.Vous lai direz... ayez la bonté... de... de ne rien lui dire de ma part... ça m'obligera beaucoup. (// sort brusquement par la droite.) JUNON, seule.
Ah! il ne veut rien me dire! oh! mais malgré lui, je devine tout... 11 écrivait à M. Accacia... il parlait de ses remords... mais il me semble que la société do ce monsieur devient très compromettante pour nous.