ACTE I, SCÈNE III
chez un dos premiers Iraitours do Passy... sur la pelouse.
CORNALINE
Et nous danserons j j'espère ?
JUNON
Nous ne ferons que ça... après dîner...
Oh ! quel plaisir , la campagne ! la verdure ! Il me semble que je suis nce pour avoir une \illa.
JUNON, à part.
Bon ! voilà qu'elle commence !
UICIIETTE.
Moi , j'adore l'iierbctte.
jnNON.
Oh ! lu aimes l'Iierbcltc ( « part ). Il me semble qu'elle y a la main.
ATALANTE
Mesdames, comme la fôle est un pique-nique , je me suis permis d'engager M. Accacia à ôlre des noires... 11 m'a 6crit avant-hier qu'il allait quitter Château-Vilain et serait aujourd'hui à Paris. J'ai laissé un mot chez mon Suisse , où je lui dis de venir nous rejoindre ici , rue Boucherai , au Marais.
JUNON
Tu as bien fait... il est fort aimable encore , M. Accacia. C'est un homme qui a dû faire des passions dans son temps.
ATALANTE
Oui , avant l'invention des chemins de fer,
CORNALINE
Qu'est-ce qu'il fait ce monsieur là ?
ATALANTE
Il est retiré du commerce et fort à son aise... Il vendait des produits chimiques de l'Allemagne.
Dis donc tout de suite des allumettes... On comprendra mieux..
LES OUVRIÈRES riant.
Oh ! des allumettes.
ATALANTE
Vous riez , mesdemoiselles... mais on peut gagner des millions , sur les allumettes...
JUNON
Il faut en vendre quelques bottes , alors.
CORALINE
Et ce monsieur est voire oncle ?
ATALANTE
Je n'ai que lui pour appui. . c'est mon parrain.., sa femme m'avait fait élever à Paris... clic connaissait sans doute mes parents... Oh ! mesdemoiselles, si j'étais née sur la pourpre... sur les marches d'un trône... siquelque jour , je possédais une grande fortune.
JUNON
Tu nous paierais des huîtres , ce jour-là... hein ?
ATALANTE
Junon tu plaisantes toujours , mais on a des pressentiments, des secondes vues.
JUNON
On a même des besicles , quelquefois !
J'ai l'idée que je serai l'épouse d'une illustration... d'un homme de plume , j'entends par là , quelqu'un qui fait des romans.
Junon.
Eh ! mon Dieu ! Tous les hommes en font des romans, mais c'est au dénouement qu'ils s'embrouillent. Enfin nous verrons comment il se conduira aujourd'hui avec toi , ton Boursicot... à moins qu'il ne soit trop désargenté !
ATALANTE
Oh! je gage qu'il me ménage quelque surprise ébouriPaiite !
JUNON
C'est qu'il ne me fait pas déjà l'effet d'être un petit pérou , ton jeune homme... je lui ai toujours vu le même paletot... et il n'est pas neuf...
ATALANTE
Est-ce que les hommes de lettres pensent à li.'ur toilcllc !..
MAP.0NNAP.D , eu dehors et cnlr'ouvanl la porte.
l'eut on entrer^ ô Junou !
iSALLON.
Etcs-vous visible , belles nymphes ?
JUNON
Ah ! c'est Maronnard , entrez , Messieurs , nous ne sommes pas des comètes !
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