‹ Placentin, sa vie, ses œuvresChapitre 44 sur 95 · I. D'Ablaing. Zeitschr. d. Sav. Stift, Rom. Abth. IX. p · texte numérisé non relu

I. D'Ablaing. Zeitschr. d. Sav. Stift, Rom. Abth. IX. p

"^. Denifle. Die Universitaeten. Il combat le système de Savigny soutenu par Schulte et Marcel Fournier, qui considèrent que le développement des Universités est indépendant de toute intervention des autorites civiles ou religieuses.

3. La première intervention du Saint-Siège dans l'organisation universitaire est de Clément III. 11 interdit aux élèves et professeurs de Bologne de profiter des absences de leurs condisciples ou confrères pour louer leurs habitations. Clément III, 1187-, 1194. Curpus juris Canunici Décret. Gregor. cap. 1. III, 18. « Excuinmunicati sunt magistri et seolares Bononienses qui ante

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Le privilège de juridiction accordé aux étudiants par la constitution « habita » est un acte de haute portée. Sans restreindre en rien la liberté d'enseignement, cette dérogation au droit commun a peut-être seule permis aux centres universitaires de se former malgré la malveillance plus ou moins fréquente des populations.

Mais les rapports entre élèves et professeurs et des professeurs entre eux restaient en dehors de toute réglementation. La libre concurrence produisit des effets désastreux. L'important était pour le professeur d'attirer à lui le plus grand nombre d'élèves. Il était pour lui d'un intérêt pratique, presque une condition de succès, de dénigrer les œuvras de ses concurrents, de piller celles de ses prédécesseurs. Le plagiat était devenu obligation professionnelle et parmi les grands jurisconsultes Martinus, Rogerius, et surtout Azo n'ont pas craint de s'approprier les ouvrages de leurs devanciers (1). Placentin n'est jamais allé jusqu'à copier l'œuvre d'autrui. Il s'inspire parfois un peu trop du modèle qu'il a sous les yeux ; il est rare cependant

tempus conduetionis conducunt hospitia aliorum magistrorum vel scolarium sine eorum consensu. Et rescripto litterarum, etc ».

Cette prohibition parut avoir été étendue à tous les centres universitaires dès les premières années du xme siècle. Azo eu parle sans indiquer qu'elle soit spéciale à Bologne. Lect. Az. ad cod. L. 3^, IV, 65 v. is cui voluerunt locandi. « Do minus Papa tamen fecit inter scholares constitutionem vel canonem sub paena excommunicationis, ne unus eo ducat domum alterius eo irrequisito . Quod non est contr .irium cum specialiter factum sit propter militiam tam conductoris quant locatoris ; vel lex loquitur inter subjectos imperii canon inter subjectos ecclesiae scilicet scholares et clericos. »

1. V. Savijny, t. III, p. 571; d'Ablaing, Zeitsch. d. Savigny- Stift., IX. p. 18. Fitting. Jur. Schr. d. fr. M. A... p. 107. Swnma Codicis des Irnerius, p. XXIV, n. d, p. XCV.

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qu'il n'ajoute dans la forme ou le fond quelque chose de personnel. Il est, doit-on avouer, très sobre de citations ; il n'indique jamais le nom de ses adversaires et ne renvoie qu'à ses propres ouvrages. Johannes Bassianus est le seul dont la probité littéraire soit indiscutable. Il cite Placentin et recommande ses ouvrages (1).

Les grands jurisconsultes comptent sur l'illustration de leur nom pour s'attirer des élèves; les professeurs de second ordre emploient des procédés encore moins digne que le dénigrement et le plagiat. Certains achètent des élèves, d'autres cautionnent leurs dettes. Placentin raille ceux de ses confrères qui ont besoin d'argent pour remplir les salles de leurs cours et les écoliers qui acceptent. Il les compare aux tuteurs suspects dont parlent les Instituts : « Uis non sunt absimiles miserrimi prseceptores, qui pecuniis datis, prédiras oblatis scholares emunt :

Non ego ventosas plebis suffragia venor,

Impensis eenarum et triste munere vestis (Horace. Ep. I, 19).

Talibus inquam persuasoribus imo deceptoribus, si mini scholares crediderint, nullatenus crederent. Sus pectissimi enim sunt qui opéras suas ingerunt. Debent enim scholares revolvere et mente sua dicere : ei prse-

1. « Si autem volueris diversas doctorum opiniones super consuetudine invenire, quaeras in Sumina Placentini, in illo titulo ; quae sit longa consuetudo (c. VIII, 52) et in additione ibi posita et in alia notuLi quae sit incipit : Circaco nsuetudinem » (Joli. Bass. Sum cod., tit. 52, 1. VIII).

« Alia si quae restant inquirenda et in Summa Plac. et in glossa ejusdem, quae sic incipit : Secernitur a fullone..., diligens lector inquiret » (Jo. Bass. Sum. Tnst., tit. de oblig. quae ex delict, IV, 1).

V. d;Ablaing. Zeitsch. d. Sav. Stift., IX, rcem. Abth., p. 10.

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ceptores cur nos rogant? aut propter nos, ant propter se. Propter nos, minime; quia amplius nos viderunt. nec g^nus nostrum cognoverunt. Relinquitur ergo propter se; et si propter se, non snnt audiendi, imo tanquam deceptores et proditores sunt vitandi (1). »

Quelques-uns poussaient encore plus loin la complaisance envers les élèves.

Sous la pression de ces scandales, l'organisation universitaire se développe dans les dernières années du xiie siècle. Le premier germe en fut la nomination d'un rector chargé de « regere » l'école. Le premier connu est de 1189. Leur influence à cette époque était encore bien faible.

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