III. — Discours sur les Lois
On n'aurait aucune trace de ce travail, si Placentin n'avait pris soin de le citer comme un tour de force accompli devant tous les étudiants de Bologne : « Et quod fuit mirabilius, etiam rogatus, ut de legibus sermonem facerem, rem non. novam agressus sum, cunctisque coram vocatis scolaribus morem gessi » (Summa in très libros. Proœmium). Cette phrase est trop énigmatique pour qu'on puisse se faire une idée môme très vague de la matière ainsi traitée par Placentin.
S'agissait-ii d'une œuvre louchant à la philosophie du droit plus qu'à la législation positive, de notions générales sur l'origine et l'autorité de la loi ? On comprendrait alors pourquoi Placentin lui attribue une valeur exceptionnelle ; mais un tel aperçu étant contraire aux usages de son temps, les mots « rem non novam » ne s'expliquent pas.
A l'inverse, ce sermo de legibus pourrait être un développement oral des argumentations classiques que soulèvent toute Somme au Gode au titre de legibus et constitutlonlbus (I. 14). Il serait alors difficile de
appartenant à Hugolinus, suivis du sigle IL, y ont été en outre insérés.
comprendre quelle en serait la grande originalité. N'y at-il pas une sorte de contradiction dans le fait de présenter comme un tour de force un travail, que l'on avoue avoir souvent été accompli?
On pourrait à la rigueur proposer une autre interprétation. « Rem non novam » désigne peut-être ici la loi 14. III. 1 du Gode de Justinien, que Placentin aurait pu choisir comme exemple dans un discours sur la confection ou l'interprétation des lois.
Il est à croire que ce discours n'a pas même été rédigé.