OBSERVATION XII
\ B... (François), 151° d'infanterie, blessé le 10 novembre 1914 par balle perforant la vessie et le rectum. Fait prisonnier par les Allemands, il reste huit jours dans une ambulance du front. Evacué sur Bruxelles, on lui fait une cystostomie.
Il est rendu comme grand blessé et arrive au centre urologique le 15 mars 1915. La vessie est ouverte largement à sa face antérieure et l'urine s'écoule en totalité. La fistule rectale est cicatrisée.
Intervention le 9 juin 1915. On suture les deux lèvres de la taille hypogastrique. Sonde à demeure. Le 11 juillet on note : le malade va bien. La taille, malgré le peu de durée des sutures, a considérablement diminué de diamètre. L'explorateur 19 passe sans rencontrer de rétrécissement. Les urines sont légèrement troubles, sans albumine,
Il sort le 5 août 1915 par guérison.
A la date du 14 octobre 1916, le malade écrit d’Abbeville. Ï1 se porte très bien.
OBsERVATION XIII
C... (Joseph), blessé les 2-6 juin 1916-à Verdun par éclat d'obus. Orifice d'entrée à deux travers de doigt à droite du sommet du pli interfessier. Pas d'orifice de sortie. Pansement au poste de secours. Le malade n’a, ni miction ni selle. , Toute l'urine s'écoule par la plaie, mêlée de sang, sans matières fécales.
Evacué le ? juillet sur Revigny, service du D' Dor. On note « lésion sus-ampullaire du rectum avec perforation vésicale. Légère réaction de pelvi-péritonite : douleur, submatité de la fosse iliaque droite. »
‘Le 5 juillet, sonde à demeure. Les signes de réaction péritonéale ont disparu, mais l’obstruction intestinale persiste. Les lavements ressortent en totalité par la plaie.
Le 7 juillet, on fait un anus iliaque gauche.
Le 15 juillet on note « les liquides injectés par la vessie. ‘ressortent toujours par la plaie fessière. Les liquides injectés par le rectum sortent à la fois par la plaie fessière et la vessie, »
© Le 27 août, l’êtat local et général s'étant considérablement amélioré, le malade est évacué sur le centre urologique de Lyon. Le blessé arrive avec une sonde à demeure, un anus iliaque gauche, une petite plaie fessière (3 ou 4 cm.) tout près de l'extrémité supérieure du pli fessier ét cicatrisée.
De l’urine sort par le rectum et, lorsque le blessé la retient, par l'anus iliaque. On enlève la sonde à demeure.
Le 15 septembre, le malade urine facilement. On passe très facilement une sonde dans la vessie; 280 grammes d'eau bouillie injectée ne ressortent ni par le rectum ni par l’anus iliaque. Le toucher rectal ne permet de percevoir aucune trace de prostate. Le rectum est cloisonné par une bride très tendue, oblique en arrière et à droite. En avant d’elle est un large cul-de-sac rétro-uréthral; en arrière le doigt se perd dans la cavité rectale. On y introduit une sonde, et par elle deux seringues de 100 centimètres cubes d'eau bolltfe. Aucuue trace de liquide par l'anus iliaque ; mais le liquide ressort en petite quantité par la vessie. Il existe donc une légère communication vésico-rectale, mais non percetible au toucher. Les urines sont Yoñéhés. avec un léger disque d’albumine.
Cystoscopie : on voit derrière le col de la vessie une très forte dépression transversale, derrière un talus, dans laquelle la muqueuse vésicale paraît comme attirée; au bout de quelques instants, le champ cystoscopique s'obscurcit probablement par des matières qui passent dans la vessie, | : Le 15 novembre, on place une sonde dans la vessie et dans le rectum. Une injection de liquide par l’orifice anal ressort par l'anus iliaque. Rien ne sourd par la vessie. Une injection de bleu de méthylène dans la vessie ressort en très
RTE . ee petite quantité par l'anus iliaque. La communication paraît actuellement insignifiante. |
Le 27 décembre, intervention. Fermeture de l’anus iliaque par M. Rochet.
Le 15 février 1917, bon état général, le malade urine facilement; pollakiurie légère, urine légèrement trouble. Mais il se plaint de douleurs apparaissant au moment de la défécation.
Le malade va être incessamment évacué avec réforme...
OSERVATION XIV
G... (Antoine), 30° infanterie, blessé le 8 septembre 1914, près de Meaux par balle. Orifice d'entrée fesse gauche. Orifice de sortie au pli inguinal droit.
Pansement au poste de secours. On constate uñe perforation de la vessie et du rectum, avec fracture de la branche montante du pubis. Issue de liquide intestinal et urinaire par la plaie de l’aine. En outre une fracture de l’astragale du pied droit par schrapnell,
Evacué sur Rouen le 10 septembre. On extrait du pied la balle de schrapnell. Etat grave. Température entre 39 et 40. Pansement renouvelé plusieurs fois dans les 24 heures.
Le 22 septembre, la température est tombée Les matières intestinales cessent de passer par la plaie; mais l'urine. continue à s’écouler presque en totalité par cette voie.
Le 31 octobre, ablation d'un séquestre, formé par la moitié externe de la tête et du col de l’astragale.
Fin novembre, la miction se fait abondamment par la verge. La plaie inguinale tend à se cicatriser, Le 15 janvier 1915, la plaie inguinale se rouvre par abcès et laisse de temps à autre écouler un peu d’urine. Il sort le 28 février 1915. Nombreusès sonvalescences,
Vers la fin de l'année, deux esquilles osseuses sont évacuées spontanément,
Entie au centre urologique le 23 octobre 1916. On constate une fistule au niveau du pli inguinal droit, fistule de 6 à 7 centimètres de profondeur, et qui conduit au pubis. Urèthre libre à l'explorateur. Urine trouble sans albumine.
à Due. ‘
Le 30 décembre, intervention par M. Rochet. Découverte de l'orifice fistuleux, par une incision qui longe le pli inguinal et qui rejétte le cordon en dedans. On passe un peu en dedans de la veine fémorale, derrière l'éminence - M nn et on tombe sur,le trajet fistuleux, qui plonge
dans le bassin, sur la face idiale de la vessie. On curette la face postérieure de la branche ischio-pubienne et on enlève un petit séquestre. Drain debout n° 16, que l'on supprime le 17 janvier.
Le 15 février, la fistule est à peu près cicatrisée, ne donne plus d'urine, le malade se porte bien, ses urines sont claires. Il va être renvoyé avec proposition de réforme.