‹ Plaies de la Vessie:Chapitre 17 sur 29 · ENS XIX · texte numérisé non relu

ENS XIX

Y... (Yves), 73° infanterie, blessé % 22 avril 1915 en avant de Boussingues, par éclat de grenade, à la région inguinale gauche et abdominale.

Fait prisonnier, est traité en Belgique par simples pansesements. Rendu comme grand blessé, il arrive au centre urologique le 11 décembre 1915. L'état général est bon. La vessie est largement ouverte au-dessus du pubis, et il existe une suppuration rétro-pubienne abondante et fétide.

Intervention le 18 décembre. On découvre largement la plaie hypogastrique et on s'aperçoit que non seulement la vessie est ouverte, mais que même la partie supérieure de l’urètre profond manque. L'attache urétro-vésicale est complètement disloquée. En outre, une bonne partie de l'ogive sus-pubienne est nécrosée sous forme d'un séquestre demimobile que l’on enlève. Drainage par un drain qui part de l'hypogastre et sort par le périnée en dedans de la branche ischio-pubienne droite.

Le 6 avril il s’est formé depuis quelque temps, un abcès qui s’est ouvert à la fois dans le rectum et sur les parties latérales de l'anus. Abcès d'infiltration venu de la région hypogastrique. Incision large.

Le ?9 avril, la suppuration persistant abondante, on fait un drainage débont par un drain partant de la région hypogastrique et venant ressortir par la plaie voisine de l’anus. Le rectum se cicatrise peu à peu et les urines sortent largement par le drain. La perte de substance du pubis paraît s'être réparée par un pont de tissus fibreux.

Le 8 juin, les choses vont très bien localement. On tente une fermeture de la fistule vésicale par un lambeau cutanée qu'on dissèque sur la peau pré-pubienne, lambeau de deux travers de doigt de large environ, que l’on remonte audevant de la vessie. Celle-ci a été largement disséquée à distance sur une bonne partie de sa face antérieure, pour

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qu'on puisse en fairelasuture aisée à deux plans. Pourassurer l'évacuation de l'urine par dessous, on remet un drain passant non par la vessie obturée, mais par l’urèthre prostatique et ressortant d’autre part, dans le triangle ischiopubien.

Le cathétérisme del’ Gréthre a été fait sous anesthésie avec. une sonde molle qu'on laisse à demeure. L'urine est donc drainée à la fois par le drain périnéal et la sonde à demeure uréthrale, qui fonctionne normalement.

Le 1‘ septembre,on passe la sonde métallique 16, 18 et 20.

Le 2 octobre, les urines sont claires, la vessie contient

- 100 grammes avant que'la fistule pubienne ne fonctionne.

Le 11 novembre, cathétérisme métallique sous anesthésie. On passe facilement un n°18. A l'exploration des trajets hypogastriques, on s'aperçoit qu’ils ne communiquent qu'indirectement avec la vessie; celle-ci est reconstituée. Ils suivent sa face antérieure ou ses faces latérales pour aboutir aux anciens trajets du périnée.

On passe deux. drains partant de l’hypogastre et allant l’un à la fistule périnéale, l'autre à la fistule marginale de l'anus.

Le 27 décembre on supprime les drains.

Le 15 janvier, pour la première fois, le sondage métallique n° 14 se fait très facilement, l'urëtre ne présente pas de rétrécissement. On passe facilement les sondes, 16, 18, 20.

Le 24 février, état général excellent, la capacité vésicale est de 150; au dessus, l'urine passe encore un peu par la fistule sus-pubienne. Pas de résidus. Le malade urine facilement. Les fistulettes périnéales et inguinales persistent. La marche est un peu douloureuse. |

Encore en traitement.

OBSERYATION XX A. Marceau, 23 ans, sergent au 8° tirailleur indigène, blessé le 15 décembre 1916 à la côte du Poivre ; pansement au poste de secours trois heures après.

Evacué sur l'ambulance de Vadelaincourt. Séton d’excavation pelvienne par balle. Orifice d'entrée ponctiforme dans la rainure interfessière, au niveau du coccyx orifice de sortie également pouctiforme dans la région sus-pubienne, un peu à droite de la ligne médiane. La vessie la cavité da Retzius et la branche horizontale du pubis ont été traverses; signes de réaction péritonéale. Laparotomie. Le Retzius est complètement infiltré, assèchement. Le péritoine, incisé, apparaît intact. Cystostomie. Drainage du Retzius. Sonde à demeure. ;

Suites opératoires satisfaisantes. Les symptômes péritoneaux cessent. La cavité de Retzius donne abondamment du pus à odeur urineuse, de nombreux débris sphacéles s'éliminent.

Le 31 décembre, on note que l’orifice d'entrée qui s'était refermé s'est rouvert spontanément et laisse écouler du pus en assez grande quantité. |

L'état général est précaire. Température 38,5. Eschare sacrée. Diarrhée. Langue seche. Evacué sur Bar-le-Duc le 7 janvier.

Le 27 janvier, l’état général s’est très amélioré; plus de température, les forces sont revenues, l'eschare est cicatrisée; le drainage hypogastrique fonctionne bien; le drainage vésical est facile et bien supporté. Les urines sont encore troubles, les reins non douloureux.

Entré au centre urologique le 29 janvier. Même état. On enlève le drain sus-pubien, puis la sonde à demeure; le malade urine bien.

Le 28 février, il n'existe pas de résidu, les urines sont claires, sans albumine, un foyer péri-vésical suppurant à opérer. D'ailleurs la plaie vésicale originelle s’est cicatrisée d'elle-même peu à peu sans qu'on agisse sur elle.

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