‹ Plan d'organisation du service dentaire aux coloniesChapitre 22 sur 46 · ÉTAT DE LA STOMATOLOGIE AU MAROC · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA STOMATOLOGIE AU MAROC

Fee personnel dentaire militaire.

IT. — Le personnel dentaire indigène.

IIT. — Le personnel dentaire civil.

Le Personnel Dentaire Militaire.

Le personnel dentaire militaire se compose uniquement de chirurgiens-dentistes ou d’étudiants incorporés sous les drapeaux et destinés à n’y passer qu'un temps fort court.

Absorbés par les nécessités du service, ne s’intéressant que par tolérance et par lucre à la clientèle civile, appelés, d’un moment à l’autre, à un poste nouveau, suivant les nécessités des actions militaires, ils ne peuvent être que d’un secours illusoire dans l’organisation du service dentaire civil.

Nous les laisserons donc entièrement à l'écart de cette étude ; d'autre part, l'autorité militaire est en général trop jalouse de ses prérogatives pour que l’on puisse, en ce qui concerne le personnel dépendant d'elle, envisager une collaboration féconde.

Di

Le Personnel Dentaire Indigène.

A l'heure actuelle, le personnel dentaire indigène ne compte que de rares et vagues représentants ; nous en connaissons un à Marrakech qui opère sur la place Djema el Fna, parmi le peuple des bateleurs et des gagne-petit. Le moindre mal qu’on en puisse dire est qu’il a retenu bien peu des grands ancêtres musulmans, et Abou el Kacem se montrerait peu flatté de son indigne successeur.

Ce ne sont donc pas les charlatans marocains qui pourraient contribuer à résoudre le problème dentaire.

Mais ne pourrait-on recruter, parmi les indigènes dégrossis, des auxiliaires, des sortes de superinfirmiers, auxquels on confierait des tâches réputées simples, telles que les extractions dentaires ?

On appuierait cette hypothèse de ce fait que, dans certaines colonies lointaines — Madagascar, Indo- Chine, Afrique Equatoriale — on fut amené, par pénurie de vrais médecins, à confier des besognes spéciales d'hygiène et de prophylaxie à des auxiliaires indigènes.

Mais au Maroc, les conditions démotiques ne sont pas les mêmes : la France n’est qu'à deux jours de Tanger, et le Maroc ne manque pas d’attrait. Il y a pléthore de praticiens métropolitains : un jour viendra où ils rechercheront d’autres champs d'activité, et leur premier vol les amènera aux terres africaines,

ACT mme

dès qu’ils auront appris qu’on y peut vivre et prospérer. Donc, on ne manquera jamais de praticiens qualifiés.

De plus on ne saurait comparer l’art dentaire, complexe, minutieux, plein d’imprévus et de périls, avec une besogne mécanique comme la vaccination, ou la chasse aux anophèles. Il y aurait un véritable danger social à confier même des extractions à des inexpérimentés. Rien n’est plus audacieux, ni plus infatué de soi-même qu'un demi-savant ; l’infime parcelle de savoir qu’en lui confia semble lui conférer la science universelle infuse, et il est plus difficile de le retenir que de le stimuler. N'importe quel Chef de service sait, pour l’avoir souvent appris à ses dépens, combien il est difficile de limiter l’action, l’initiative d’un simple infirmier; que sera-ce alors quand d’un indigène mal préparé à notre culture médicale on fera un fonctionnaire armé de droits plus ou moins définis ?

Nous pensons donc que le service dentaire ne peut trouver dans les Marocains que des auxiliaires d’un ordre tout à fait subalterne, et que, pour le moment et pour longtemps, il faut les confiner strictement dans ce rôle effacé.

Par contre, certains agents médicaux indigènes, ou tout au moins musulmans pourraient avec avantage être chargés d’un travail de propagande. Les résultats d’une campagne antipaludéenne menée par les souks et les moussem ont été concluants: Il nous semble que le même agent trouverait aisément matière à quelque

Page 1