‹ Plan d'organisation du service dentaire aux coloniesChapitre 24 sur 46 · EU LEE · texte numérisé non relu

EU LEE

On ne saurait soutenir que le Maroc soit saturé de dentistes, d'autant plus qu'ils sont tous rassemblés dans les villes, et que d'immenses étendues rurales en sont complètement privées ; ces quelques individus sufliraient à peine aux besoins sans cesse croissants d’une population qui s’enfle annuellement par le jeu d’une immigration dont rien ne fait prévoir le proche ralentissement, sans compter que les indigènes musulmans et israélites viendront petit à petit se fondre dans la masse de la clientèle ; il semble donc pour le moment prématuré de songer à recourir à l’ensemble du corps dentaire pour lui faire assurer d’une façon régulière le service prophylatique qui devrait lui incomber.

Il y a plus : nous ne sommes pas encore bien éloignés des temps héroïques du Protectorat, et sans faire aucune allusion malséante, on ne peut s’empécher de remarquer la valeur inégale des praticiens exerçant actuellement. D'une part les diplômés, d’autre part les tolérés, ceux qui, sans autre bagage que l'expérience, acquise on ne saitcomment, se sont improvisés dentistes. Ce n’est pas à ces derniers que l’on confierait un service délicat.

Et même parmi les véritables diplômés, que de catégories! Entre l’ancien patenté de 1892, le chirurgien-dentiste sortant d’une école sérieuse ou d’une louche officine dégrossissant les vieux mécanos, le Docteur en médecine qui se découvrit un jour une vocation stomatologique, sans aucune étude préalable, et le véritable stomatologiste digne de ce nom,

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