Plan de Pompéi, et remarques sur ses édifices par le chanoine De Jorio
Ir, est des étrangers qui n’aiment pas que les ouvrages du genre de celui-ci soient volumineux; d’autres ne sont point satisfaits d’un simple plan sans explication. Dans la vue de contenter les uns et les autres, j’ai cru devoir prendre un juste milieu en ajoutant au plan de Pompci déjà connu, quelques éclaircissemens qui , je l’espère , ne seront pas sans intérêt. Ils auront rapport seulement aux recherches que font ordinairement les curieux qui ont peu de temps disponible pendant leur voyage. ÎSon-seuleinent j’indiquerai les époques de l’excavation des édifices qui sont marques sur le plan , mais j’en donnerai encore les noms anciens ou modernes. Le savaixl et le curieux ont également besoin de connaître les noms qui ont d’abord été donnés , quoique sans fondement , à quelques menumens de Pompéi ; le premier , pour en prendre connaissance dans les auteurs qui en parlent; le second afin de se faire comprendre de certains ciceroni , auxquels il doit s’adresser pour les voir.
On trouvera aussi dans cet ouvrage plusieurs • notices sur ce qu’il y a de plus remarquable à Pompéi ; quelquefois même des de'tails minutieux, ainsi que quelques avis sur la manière de visiter cette ancienne ville qui, pour ainsi dire, renaît au jour.
En général les indications excluent lu prolixité et les détails; mais cette, règle, comme beaucoup d’autres , a ses exceptions. C’est ainsi que j’ai cru devoir parler plus au long de la maison de campagne dite de Dioruèdes, parce que c’est en ce genre le seul édifice ancien que l’on voit aujourd’hui. J’en .ai fait autant pour la maison dite d’Actéon(i) ou de Salusle , afin que l’étranger , d’après la description que j’en ai faite, puisse de lui-même reconnaître les différentes pièces qui composent le grand nombre de bâtimens du même genre , et semblables à très-peu de chose près, à ceux qui existent à Pompéi. C’est ce que j’ai fait aussi pour les tombeaux devIManimia, et ceux qui sont tout auprès; et cela dans la vue de donner une idée de la position des tombeaux de Pompéi , et de leurs différentes formes.
(i) Comme je ferai part de mes conjectures relativement & cette maison , et afin de ne pas interrompre le voyageur dans sa course, je le renvoie à l’Appendice , où il pourra satisfaire sa curiosité.
Quant aux Thermes , comme c’est le seul édifice en ce genre qui soit le mieux conservé , et dont l’étranger ne pourrait au premier coup d’oeil prendre une entière connaissance, j’en donnerai le plan ainsi que je l’ai fait pour les monumens précités, et dout les articles seront iraités avec plus de détail.
Je ne suivrai point ce système à l’égard des monumens publics, tels que les temples, les théâtres , l’amphithéâtre , etc. , parce que , ou ils sont connus et alors l’observateur en reconnaîtra facilement les détails ; ou s’il s’agit d’édifices dont l’ancien usage est encore douteux , le jugement en appartient plutôt à ceux qui traitent à fond ces matières , qu’à l’écrivain qui ne fait que les indiquer.
Je commencerai par avertir l’étranger que, s’il est fatigué, ou s’il veut économiser le temps, il se fera conduire en voiture directement au point A , d’où il se rendra à pied à l’amphithéâtre (1). Lorsqu’il aura observé à son gré ce * monument , découvert en 1748 , il remontera en voilure pour se rendre au quartier des soldats , n.° 89, de là il parcourra à pied la ville jusqu’à la maison deDiomèdes, où sa voiture l’attendra. S’il
( 1 ) Voyez le plan. Il cil est de ttièuic pour 1 & lettie» qui suivent.
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peut retourner plusieurs fois à Pornpéi , il sera plus simple alors qu’il commence sa visite par la maison de Diontèdes et la rue des Tombeaux etc. Comme il faut plusieurs heures pour visiter Pornpéi ; il est bon d’avoir la précaution de porter de Naples de quoi y faire un déjeuner, qui est encore plus agréable, si l’on s’arrête au milieu de ses ruines , au lieu de se rendre pour cet effet à la Torre dell’Annunziala, ( 1 ) comme le font beaucoup d’étrangers mal informés des localités.
Les numéros étant placés par ordre progressif sur le plan, ainsi que dans cette indication, on pourra commencer ses observations du point que l’on voudra , en ayant soin toutefois de chercher dans ces indications le même numéro qu’on voit marqué sur le plan. Si au lieu de cela on a d’abord sous les yeux l’indication , on fera vice versa. Il n’y a qu’une exception à faire après le numéro 56 , dont je parlerai en temps et lieu.
A. Celle lettre indique le point jusqu’off l’on peut aller en voilure pour se rendre à l’amphithéâtre.
B. Maison dite de Julie Felice, maintenant comblée de nouveau , et dans laquelle on trouva le trépied de bronze si connu , et beau-
(l) On y trouve cependant une assez bonne auberge, où l’on peut même s’arrêter quelques jours si l’on veut.
vit
coup d'autres objets du même genre ; l’Apollon et les Muses , dont les noms sont tracés en caractères grecs sous chacune d’elles (x). On y remarquait aussi une inscription tracée sur le mur, et qui indiquait entr’ autre chose, que depuis le 6 jusqu’au 8 du mois d’Aoùt on y louait un bain , un venerium , et 900 boutiques avec les treilles et les chambres supérieures, etc. (a).
C. Ce lieu ayant été découvert par hasard, donna occasion aux fouilles commencées en 1748.
D. Canal de Sarno ( Voyez t Appendice III. )
E. On a trouvé là les danseuses et les centaures: ( V oyez N.° a/. )
Le lecteur s’attend peut-être à ce que je fasse dans cet avant-propos un éloge magnifique do Pompéi , cette ville célèbre , et source intarissable d’anciens monuntens, parce que c’est une chose convenue tacitement pour ces sortes de productions, et cela dans l’intention d’exciter la curiosité du lecteur. Mais que pourrais-je ajouter à ce que rend ce peu de mots: Vous verrez Pomtéi !
(1) Maintenant à Paris.
(a)Yoyea, Diaaertatiouis isaqogicae ait forïii/antn~ sium t'oiuminum exp/ana.’io iti/n : pi. It .
S3.ÙH 3)3 ïDSSîia»
N.* I. IVIaMom de campagne dite de Dioinèdcs, découverte depuis 1771 jusqu’en 1774. Ou lui a donué ce nom à cause du tombeau de M. Arrius Diomèdes que l’on découvrit dans le meme temps ; mais on ignorait alors que ce tombeau ne fesait point partie de la maison qui est vis-à-vis, mais bien du cimetière qui a été déterré daus la suite. v Celte habitation était composée de trois étages, dont le dernier est détruit. Celui du milieu, qui se trouve presque au niveau de la rue , est indiqué en noir sur le plan. En voici l’explication. ( Payes planche première. ) N/jf. Entrée. 3 , Péristyle qui était orné de peintures, ainsi qu’on pourra le voir dans les autres édifices découverts depuis peu. S , Cour découverte. 4, hnplu vium qui recevait les eaux pluviales qui tombaient ensuite dans une citerne construite au-dessous, et d’où oit les puisait par deux puits dont on voit encore les margelles 5 , 5 . 6, Petit escalier qui communiquait avec le bâtiment réservé aux esclaves secondaires, et avec les dé- . pendanccs de la maison , telles que la cuisine, la boulangerie, etc. 7 , Lararium , dans lequel on trouva une petite statue de Minerve. H , Pièce de service, 7, Cham-
bre destinée aux esclaves. to , sila , Il 5 trouvaille «queleue d’un chien. // , Corridor qui conduit ii l'appartement situé vers 1a mer , et aux terrasses qui donnent sur le jardin, ta , Cabinet ; il était agréablement peint , et «n trouva réuni dans un de ses angles , trois médaillons de marbre, ornés de bas-reliefs der deux côtés , cinq masques , deux écussons d’alb&tre ayant des bas-reliefs ; et une table ronde d’albâtre servant de fontaine , du milieu de laquelle l’eau jaillissait et s’en échappait ensuite par dix ouvertures en forme de tètes de lions , que l’on avait pratiqué autour d’un petit canal qui entourait cette fontaine.
r 3 , Exèdre , ou salle pour l’assemblée. Ses peintures représentaient des pats âges, des oiseaux , des fruits , des masques et des animaux. On y trouva les fragmens d’un vase d’argent orné de figures. i 4 > Lieu pour l’esclave destiné à l’Exèdre. >5 , Petit escalier qui conduisait Il l’étage supérieur. t6 , Triclinium, ou salle à manger. tj , Antichambre. 18 , Recoin pour le domestique cubiculairt. Parmi les peintures que l’on remarquait dans ces deux pièces, il y avait le chac.dc Diane, dont les deux cerfs étaient dételés ; le char d'Apollon , tiré py deux griffons , et sur lequel on voyait la lyre et le manteau de ce dit*u , etc. tg , Chambre à coucher, ao , Alcôve autrefois fermée par des rideaux dont il y avoit encore les anneaux, ai. Toilette; Parmi divers autres objets , on y trouva ouze petits vases de verre, qui peut-être avaient contenu des parfums ou des huiles cosmétiques pour embellir la peau (1). aa, Chambre destinée à la maîtresse de
(1) Cette pièce 19, qui donnait sur le jardin, recevait le jour par •les tenélres et des crils de boeufs disposés de manière que la
Ja niaiioo. Les parois étaient recouvertes Je blanc , du us l’intention peut-être de les faire peindre dans un goût nouveau. 23, Corridor pour aller au jardin supérieur 24 , de plaiu-picd avec la cour. u5 , Triclinium qui servait peut-être en hiver.
a 6 , Entrée de l’appartement des bains. 2 y , Portique a <S, Fourneau, ap, Bassin pour prendre le bain froid en plein air. Il était couvert d’un toit élégant, et orné de peintures analogues au sujet. 3o , Pièces destinées au service des bains. 3/ , Petit corridor. 3 a , Salle où les baigneurs déposaient leurs vêtemeus , et que par celle raison on appelait spoliatorium , et ce! la frigidaria, parce qu’on s’y reposait avant de s’exposer au grand air. On y trouva plusieurs giands morceaux de carreaux de vitres, destinés probablement aux fenê res de cet appartement. 33 , Tepidarium , nommé ainsi à cause de la douce température dont on y jouissait en sortant de l’étuve. C’était en ect endroit que des garçons de bain grattaient doucement la peau de leur maître au moyen d’un strigilc , et l’oignaient ensuite avec des huiles pariumées. C’est à la fenêtre de cette chambre que l’on trouva le petit ç^&ssis en forme de croix, dont le bois. était carbonisé , et qui soutenait quatre carreaux de vitres dont ou peut observer les fragmens au Musée Royal Bourbon , dans la salle où soûl les verres. 34 , Etuve , et bain chaud , Sudalorium , Calidarium. La niche demi cir • culaire avec deux fenêtres, dont l’une est supérieure
chambre était éclairée toute la journée par le soleil. Dans plusieurs pays du Nord ou trouve souvent 1a même disposition de fenêtres chu quelques riches particuliers.
à l’autre est le Laconicum , et vis-à-vis se trouvait îfr bain chaud.
Les parois de cette étuve sont construits avec des briques , dont un des côtés est éloigné du mur par le moyen de tenons ; en sorte qu’il reste un espace vide entre le mur et la brique. Cet espace donnait passage à la vapeur brûlante qui circulait tout autour de la pièce ainsi que sous le pavé, et qui se perdait ensuite au-dessus de la voûte. Les fenêtres en étaient vitrées. Comme il eût été difficile d’entretenir des lumières dans ce lieu à cause de la vapeur suffoquant produite par les eaux bouillantes que l'on faisait couler dans le bain , et de la chaleur du feu qui était allumé dans les fourneaux extérieurs , on fil une ouverture dans le mur près de la porte , pour y placer une lampe, et on mit une glace devant l’ouverture. Toute la chambre était élégamment ornée. 35 , Pièce destinée -au service des bains. 36, Table. 3y , Pelit escalier de bois pour monter à l’étage supérieur. 38, Bassin pour l’eau. 3g, Fourneau où l’on chauffait l’eau pour le bain tiède. 40 , Fournaise , hypocmislum : Liea où l’on allumait le feu pour chauffer l’étuve 0 et qui donnait à l’eau renfermée dans plusieurs cuves de bronze , la chaleur nécessaire. 41 , Piédestaux qui supportaient les cuves contenant les eaux à différents dégrés de chaleur, que l’on faisait couler ensuite dans le bassin de l’étuve, par lo moyeu de robinets. 42 , Réservoir.
Après avoir vu cette partie du bâtiment , on traverse le péristyle n.° a , et VJExèdre n.° t3 , pour se rendre à l’appartement qui regarde l'occident , et aux terrasses qui donnent sur le jardin. On arrive ensuite
a a numéro 4J , Galerie qui recevait le jour de fenêtres sous lesquelles étaient quatre portes d’où l'on te rendait sur les terrasses 44 , ornées de treilles , et qui entouraient le jardin. 45 , Chambre dans laquelle on voyait de jolies peintures , telles qu’un Narcisse qui se mirait dans une fontaine ; Ariane abandonnée sur le rivage de la mer * et suivant des yeux le vaisseau de Thésée; des satyres et des bacchantes , etc. 46, 11 y avait là un puisard. 4f , Grande salle dite Oecus Qyzicènt qui donnait sur le jardin. Elle servait aussi de Triclinium lorsqu’il y avait un grand nombre de convives. 48 , Cabinet. 4jf , C’était peut-être une bibliothèque. 5o , 11 est à croire que c’était un Triclinium pour l’été. 5i , Escalier dérobé qui conduisait à l’étage inférieur. 5a , Petite chambre attenante à cet escalier et destinée aux esclaves. 53 , Chambre dont on ne peut indiquer l’usage y parce qu’on n’en a trouvé que les ruines. 54 , Pièce opposée à celle n.* 45 , et qui donnait sur les terrasses.
Quand on aura observé cet étage, on pourra descendre à celui qui est au-dessous , par l’escalier 5/ , d’ois l’ou arrive à la chambre A , ( 1 ) qui est ornée de peintures et d’o"ùvrages en stuc. Le plafond est formé par une plate-bande , avec des caissons très-solides , peints de différentes couleurs. B , Petit corridor qui conduit à l’escalier C, par lequel on descendait dans le souterrain qui entoure le jardin , cl d’où l'on arrivait au Triclinium D , et à son office E : Cette salle à manger était riche en peintures, parmi lesquelles on remarquait
(1) On verra que le rez-de-chaussée est indiqué par lettres sur le plan, et marqué d’une teinte noire moins foncée.
U muse Uranie qui désigne avec sa baguette un globe placé sur un pilastre -, Melpomène ayant un masque dans la main droite , et une massue dans la gauche ; Mrnerve assise , ayant un casque sur la tète , la fameuse Egide sur le sein , une piquet la main droite, et s’appuyant du bras gauche sur son bouclier ; un homme assis sur une chaise de bronze, tenant de la main droite un long bâton , de la gauche un papyrus , et ayant près de lui un petit coffre rond qui en contient d’autres.
Ces peintures représentaient aussi un jeune homme dont le vêtement laissait tout le côté droit à découvert , et qui avait un papyrus dans les mains ; une femme appuyée contre une colonne ayant des pendans d’oreilles ornés de perles, et vêtue d’uh manteau à grandes raies; une danseuse demi-nue tenant une lyre, et accompagnée d’un faune couronné de pampres qui a sur ses épaules une peau d’animal, dans une main une grappe de raisin , et portant dans l’autre une corbeille remplie de ce fruit ; une danseuse avec un jeune homme qui porte sur ses épaules un chevreau, et un seau à la main. On trouva sur le pavé des fragmens d’un tapis.
Les chambres F, F, étaient aussi très- joliment peintes. G , Fontaine qui recevait l’eau du réservoir H , auquel elle correspondait, ainsi qu’on l'a vu pag. i3. Le puisard qui était autrefois sur la terrasse supérieure , est indiqué au u.° 46 . K , Portiques autour du jardin, qui ont tous été trouvés agréablement peints. L , Cabinet. M , Porte servant d’issue sur la campagne et vers la marine. On trouva près de cette sortie deux squelettes , d. ml le premier avait des clés dans une main, et à l’un des doigts de l’autre , un anneau d’or qui se terminait par deux têtes de serpent. 11 y avait prèj de ces squelettes , des frag-
tttfhs de vases d’argent ornes de bas-reliefs; dans un paquet de toile , quatre-vingt-huit pièces de monnaie d’argent; dix d'or , et neuf de bronr.e etc. AT, Jardin. O , Plateforme élevée , ayant des colonnes qui soutenaient une treille, et au milieu une espèce de piédestal en maçonnerie qui pouvait servir de table. P , Vivier avec un jet d’eau. Q, Laraire. R , Enclos large de quinze pieds, qui parait avoir été couvert d’une treille, et très-fréquenlé , puisqu’on y a fait un large perron en guise d’eseniier, pour y descendre du parterre supérieur, marqué au »4 (»>
On descendra ensuite dans les souterrains situés sous les portiques qui forment un Crypte- portique*, ce qui se fera avec plus de régularité en retournant au point B > et descendant par le petit escalier C. Cette cave , ( car tel a dit être son ancien usage , ) est assez éclairée à fleur de terre, par des soupiraux en forme de barbacanes, pour pouvoir la traverser sans le secours de lumières. Les anciennes amphores s’y voient encore appuyées contre le mur et ensablées; et avant d’arriver à l’autre entrée, 1 par le petit escalier S , le voyageur s’arrêtera. C’est là que l’on trouva dix-huit squelettes de jeunes gens , deux d*Ènfans dont l’un devait être très-petit. L’empreinte que leurs corps et leurs vêtemens ont laissé sur la cendre , a permis d’en reconnaître les parties les plus minutieuses. On voit au Musée Royal , galerie des peintures à fresque , une partie de ces empreintes , un crâne , et quelques os. Il y avait près du squelette de la jeune femme à qui appartenait le crâne indique, plusieurs colliers et des ornemens d’or; et dans le même
(î) Ne serait-ce point une espèce dr Spheristrnum des anciens?
lieu , des anneaux d’argent et de bronze ; des objets de fer et de bronze ; un morceau de corail , un peigne , etc.
En sortant du point T , on entre dans le corridor V , qui communiquait à l’étage supérieur et avec les apparlemens du rez-de-chaussée.' X , Chambre pour serrer les provisions et les ustensiles de la maison.. Y", Mesaulon, (petite cour ) qui séparait les différentes pièces de la maison , de la cuisine et du four. Z, Entrée des habitations destinées aux esclaves.
A, Chambre dans laquelle on trouva un squelette humain , et celui d’un animal qui avait une cloche de fer attachée au cou. b , Chambre contiguë au four, et une cuisine c. La lettre, d marque le portique d’une conr champêtre, e Fourneaux sur lesquels on troDva une casserole de bronze avec son couvercle. /, Ouverture d’un puits et un abreuvoir à côté, g, Chambre avec des fourneaux, h , Chambre pour les valets de ferme. i, Sortie particulière de celte habitation dans la rue.
RUE DES TOMBEAUX (i).
II. Tombeaux de la famille Arria. Vis-à-vis la maison que nous venons de décrire et sur une arpèce de soubassement continu , qui sert de mur de soutènement au terrain consacré à la sépulture de cette famille , on
(i) Relativement aux tombeaux suivants on peut consulter. M. Clarac , (de) Fouille faite à Pompéi le t8 mars i8t3. Mtllin, Description des tombeaux qui ont été découverts à Pompéi dans l’année t8> a. Le chevalier hodwig Goto, JVanderungen durch Pompéi. Le chevalier Milita m GtU, Pompejana, et F. Maiots, Ruines de Pompéi .
voit deux petiu cippej de marbre qui se terminent par le contour extérieur d’une tête et d’un cou humain. Ils indiquent les tombeaux d’un fils et d’une fille de l’affranchi Arrius Diomèdcs , d’après les inscriptions suivantes qui s’y trouvent.
x. arrio arriae. m. l.
primogeni vin
L’autre inscription qui est sous le mur de l’intérieur, à droite, indique le tombeau d’Arria fille, de M. Diomèdes.
arriae. m. f.
DIOMEDES. L. SIBI. SVIS
A Arria, fille de M. Diomèdes affranchi ,pour elle et pour les siens.
Le tombeau de M. Diomèdes , que l’on voit ensuite, est construit en moellons revêtus en stuc. Le fronton, tombé en ruine, posait sur deux pilastres dont les chapiteaux sont d’un ordre capricieux. L’inscription sur marbre, tracée au-dessus de deux faisceaux en basrelief? dans les bossages , a fourni aux savants matière à une discussion , à cause du sigle qui s’ytrouve gravé après le mot Arrius. En même-temps, la dernière ligne de l’ inscription donna h ce endroit le nom de Bourg Auguste Félix.
M. ÀRRIVS. /. L. DIOMEDES SIBI. SVIS. MEMORIAE XAGISTER. PAG. AYG. FELIC. SVBVRB.
Marcus Arrius Diomèdes, affranchi de.... Magis -
trat du Bourg Auguste Félix pré» de la ville ; aux tien a et à lui-même.
III. Tombeau de Fêla si us Gratus. A.près le tombeau d’Arrius Diomèdes , on voit une niche demi-circulaire décorée d’un fronton. Le fond de cette niche était ornée d’une peinture représentant un jeune homme debout, au-dessus duquel pendaient des guirlandes de fleurs et de feuilles. A ses pieds est un petit cippe.
On lit l'âge et le nom du défunt dans l’inscription qui est sur la base , et qui fut découverte en 181a. (n).
N. velAsio grato.