C. CÀLVEÎfTIO. QVIETO
ÀVBVSTÀt.1
ItVIC. OB. MVWIFirF.NT. DECVHIOWVSf DECRETO. ET. FOPVRI. COMSfcWSV. BlSEIJ.il UOJfOR. DATVS. est
r s4. C. Calventius Quietus u dugustalis , l’honneur du bisellium lui a été décerné par un décret des Décurions et avec le consentement du peuple , pour sa munijlcence.
Sous cette inscription , on voit sculpté le bisellium, plus orné que celui de Munatius Faustus (1). Les deux côtés latéraux sont ornés d’une couronne de chêne avec des bandelettes ; les petites pyramides qui s’élèvent
(i)La décourcrte de ces deux biseUium , qui nous offrent une représentation si fidèle de ceux des anciens, a décidé la question sur leur véritable forme. Ainsi les sa vans peuvent reconnaître pour tels , les autres meubles auxquels on a donné le même nom , quoiqu’ils ne se ressemblent pas. Voyez JdiUin, Tombeau de Pompii > tic. pag. jg.
autour du mur d'enceinte , étaient ornées de quelques figures en stuc. Sur les deux pyramides qui sont sur le devant , on voyait représentée , du côté de la rue, la Renommée avec les ailes déployées , debout sur un globe et tenant une trompettedans la main droite. L’autre statue représentait la Victoire, tenant dans ses mains une guirlande on une bandelette. Sur la face intérieure de la pyramide , on voyait OEdipe assis sur un rocher , expliquant l’énigme qui lui avait été proposée par le Sphinx. Au pied du rocher gisaient les cadavres des Thébaias, dévorés par le monstre. En face de ce basrelief on admirait dans l’intérieur de la petite pyramide à droite, nn autre bas-relief représentant le jeune Thésée en repos , soutenant la massue de Pyrithoüs > trophée de sa première victoire , ( si toutefois ce n’était point une bandelette ) et auprès d’une colonne , surmontée d’un globe, est appetidue l’épée qui le fit reconnaître par Egée. Le cinquième bas-relief représeu tait une femme sans manteau dévouée aux cérémonies funèbres , les cheveux épars , tenant à la main une torche dont elle se dispose à allumer le bûcher , et soutenant sur ses épaules une espèce de vase.
Le fond de l’enceinte est couronné d’un fronton avec des ornemens en stuc. La plaque de marbre soutenue par deux figures ailées, qui est au milieu du tympan, semble avoir été préparée pour y graver au besoin quelqu’autre inscription.
XII. Espace vide , pour de nouveaux tombeaux. Il fut découvert en i8i3 , ainsi que le monument précédent ; et comme on n’y a trouvé qu’ un seul cippe sépulcral vers le levant, il est évident qu’il devait servir à l’usage indiqué ci-dcssus.
Xm. Tombeau souterrain. La partie supérieure de ce tombeau découvert au moi* de mai i8i3 , a été trèsendommagée par le* vignes et par le* arbre* qui avaient été planté* sur le terrain qui le couvrait auparavant.
Par le moyen d’une ouverture pratiquée dans le bas et en descendant deux petit* degré* , on arrive dans la chambre sépulcrale qui est voûtée , d’environ six pied* carrés et qui reçoit le jour d’un soupirail pratiqué dans le haut , en face de la porte d’entrée ( 1 ). Au-dessous de ce soupirail il y a une grande niche rectangulaire décorée d’un fronton , et soutenue par deux pilastres. On trouva dans celte niche un grand vase d’albâtre oriental, à deux anses et ayant un couvercle d’une forme élégante; il contenait des ossemens et des cendres, ainsi qu’un grand anneau d’or sur lequel était enchâssée une agate séphirine , oit l’on voyait un cerf très-bien gravé.
Sur l’appui qui règne autour de cette petite chambre , et à gauche de la niche , il y avait un autre vase de marbre bien conservé , mais dont la forme n’est pas jolie. A droite , on trouva un petit autel de terre cuite , un vase cinéraire de verre , et parmi plusieurs autres qui étaient brisés, une petite carafe de la même matière , et quelques lampes de terre cuite. Il y a aussi trois grandes amphores qui pouvaient servir d'urnes cinéraires. Quant & la porte elle est d’un seul bloc de marbre , et bien travaillée û l’extérieur: elle a trois pieds et 7 de hauteur , sur deux pieds neuf
(1) RelatÎTement à ce genre de construction des tombeaux romains , voyex notre SUtodo per rinvenin t Jrugare i tepolcri dcgli antichi.
pouces de largeur, et six lignes d’épaisseur. Jusqu’à présent c’est le seul tombeau à Potnpéi où l’on ait trouvé line porte semblable ( 1 ). Cette porte tourne sur deux ' pivots armés d’un godet de bronze, et emboîtés dans une crapaudine de même métal; elle s’ouvrait en dedans, et on la poussait avec un anneau de bronze qui y a laissé son empreinte. Un petit verrou de fer dont la forme est encore marquée sur le marbre servait à la fermer. Cette porte qui fut trouvée fendue en plusieurs endroits, a depuis été restaurée , et remise à sa place ; maintenant elle se ferme avec une clé moderne. Comme on n’a trouvé sur ce tombeau aucun autre vestige de marbre , on peut conclure qu’on l’avait dédié meme avant de le terminer, et par cette raison on peut le nommer, d’après Mazzochi , su b ascia (a).
XIV. Aliftce qui est sur V embranchement des deux voies. Les opinions varient sur l’usage de ce petit édifice ; parce que , lorsqu’on commença à le découvrir, il tombait déjà eu ruine; maintenant il est dans un état à n’en laisser voir que les traces , et à faire désirer de passer outre.
XV. Tombeau d’un jeune enfant. 11 parait que ce tombeau n’avait pas encore reçu sa destination, caron ne voit point d’inscription sur les deux plaques de marbre destinées à cet usage.
On monte par un petit, escalier fort roide , dans la chambre sépulcrale qui contient trois niches. Dans cha-
(1) Souvent dans les restes des^tombeaux de Pozzuoli et ceux de Cumes on voit qu’il y a eu des portes semblables.
(a) Bpistula qua ad XXX virorum clarissimorum de dedicatione sub ascia comme ntatio nés intégras rcccnscntur . ec. ticapoli rj38.
culte d’elles est encastrée une urne dont une seule contenait des ossemens. La voûte est d’une forme particulière , et ornée de fleurs peintes , au milieu desquelles est une tète. On n’a trouve sur la corniche qu’une seule lampe , tandis qu’ordinairement on y voit des petits vases, des astragales , des slrigiles , etc. Les parois sont peintes avec une élégante simplicité, l’on y voit des paons , des arabesques , des cygnes , et des dauphins.
11 y a dans l’enceinte de ce tombeau de petites pyramides sur lesquelles on voit des bas-reliefs en stuc, dont l’un d’eux représente une femme ayant dans ses mains une patère et des bandelettes, et offrant des fruits sur un autel. Un autre bas-relief représente une femme qui , avec des bandelettes recouvre le squelette d’un eufant gisant sur un tas de pierres ( 1 ).
Ce tombeau avait déjà été découvert par des colons qui y plantèrent des arbres ou des vignes.
XVI. Tombeau de Scaurux. Les bas-reliefs qui ornaient l’extérieur de ce joli tombeau le rendent très-intéressant, et après M. M illin et M. de Clarac , d’autres savants s’en sont occupés. Ces bas-reliels représentaient des combats de gladiateurs , bestiaires et de bêtes féroces fentr’elles. On peut voir les dessins de plusieurs de ceux - ci dans les auteurs déjà cités , mais particulièrement dans Matois. Bans la chambre sépulcrale il y a quatorze petites niches pour contenir les urnes cinéraires ; et au milieu un pilastre carré qui
(i) C’est ce qui lui a fait donner le nom moderne de tombeau de l'enfant, d'après l’usage que l’on a de donner aux objets anciens , des noms modernes. Voye* notre Real museo Borbomro , G allen a <Jci vau , pag, n5.
ut percé en arcade sur chaque face, lesquelles formaient un vide oh l’on pouvait placer l’urne contenant les cendres du chef de la famille. Des quatre ouvertures qu’il y avait , trois étaient fermées par des vitres dont on trouva des fragmens , et la quatrième par un voile épais qui y était cloué .
Le opinions varient au sujet de l’inscription ( morcelée) qui est sur la face principale du monument.
..... m cio. A. T. UE»
SCAYRO Ü V1R. I. D.
... ECVRIOHES. JLOCVM. MOITVM CI3 CT3 1». rvNERE. BT. sTatvAH. EQVES T»
.ORO. PORERDAM. CEKSVERVHT.
SCAVRVS. PATER. EILIO
A . . . ricius Scaurus, fils A. de la tribu Mènénia , Duumvir pour la justice , auquel les Décurions ont accordé l’emplacement du monument , siooo sesterces pour ses funérailles , et une statue équestre dans le forum. Seau rus père à son fis.
Plusieurs personnes croient que cette inscriptirn appartient à ce tombeau , d’autres disent le contraire.' Mais relativement à ces doutes et à d’autres qui se sont élevés au sujet de ce tombeau, et des fouilles faites à Pompéi , nous ne tarderons pas à être entièrement satisfaits.
Cetombean, déterré en 1812 , était déjà tout endommagé dans la partie supérieure ; il le fut peut-être par les colons qui y pratiquèrent un trou.
Les anciens l’avaient restauré tant dans sa construction
que daoi «et bas-reliefs. Le ««Tant Matois fait à ce sujet d’autres profondes réflexions.
XVII. Tombeau de la seconde Tyche. Après le tombeau décrit ci-dessus, on découvrit eu 1812 une grande enceinte destinée aux sépultures , et près d’un mur , vers la rue , un cippe doot la partie supérieure représente le contour d’une tète humaine , derrière laquelle tombent deux tresses de cheveux. Sur le côté opposé du cippe on lit l’inscription suivante :
IYHOMI
TYCHE3 IVLIAE AVGVSTAE VEHEB.
XVIII. Tombeau de Servilia et non fini. Ce monument fut découvert dans l’enceinte indiqu ée ci-dessus et dans la même année. Au premier coup d’oeil on voit qu’il n’a pas été terminé. Toutefois il avait son colombarium qui contient quinze niches dépou rvues d’urnes et d’orneraens. On y descend par le côté opposé , (1). On lui donna le nom de Servilia, parce que tout auprès on trouva un fragment de plaque de marbre sur lequel était gravé ce mot.
XIX. Hôtellerie . L’extérieur de cet édifice était décoré d’un portique , et on voyait dans l’intérieur plusieurs boutiques pour des marchands , soit de comestibles , soit d’objets assez communs, ainsi que l’extrême gros-
(1) Le banc en maçonnerie, et revêtu de stuc, que l’on observe à présent dans toute la longueur du tombeau de Nevoleja jusqu’à celui-ci, était destiné à faire reposer ceux qui voulaient jouir du spectacle qu'offrent les passants.
sièreté de l'enduit et des peintures semblait l’indiquer.
11 y avait aussi des écuries pour le service de cette auberge. Au milieu du portique était une fontaine avec un abreuvoir; à l'extrémité , vers le levant, et à côté de trois pilastres il y avait de petits foyers où l’on cuisait les mets.
De ces boutiques on montait à un petit etage supérieur , par des escaliers de bois dont les premières marches étaient en pierre ou en brique.
L’cdifîce se terminait par une terrasse derrière laquelle il s’en élevait d’autres avec des galleries d’où l’on découvrait la mer , les Apennins , le Vésuve et les villes de la côte , telles que Castellamare , Sorrento , Massa , etc.
11 est probable que l’édifice en question , dont l’entrée était vers le levant h l’extrémité du portique servit d’hôtellerie pour les voyageurs ; car on trouva dans une de ses écuries , le squelette d’un âne avec un mors de bronze , les restes d’une charrette , les cercles de fer des roues qui avaient dix raies, et des provisions.
Lorsqu’on fouilla ce portique au mois de Novembre 181a , on y déterra cinq squelettes dont les osscmcos étaient presque pêle-mêle , et parmi lesquels il y avait un grand nombre de pièces de monnaie d’argent et de bronze ; trois anneaux d’or, dont l’un en forme de serpent, et les deux autres ornés de pierres sur l’une desquelles était gravé un foudre , et deux boucles d’oreilles d’or ressemblant à de petites balances dont les perles suspendues à un gros fil d’or , en représentaient les bassins. D’après ces circonstances , et surtout en observant ces ossemens presque confondus les uns sur les autres , ou supposa que ceux à qui
lis appartenaient, étaient de quelque famille riche, dont ta mère cherchant à fuir avec un enfant qu’elle serrait contre son sein , et suivie de ses deux jeunes filles , arriva jusque sous le portique. Là , suffoquée par les cendres , clic enlaça ses enfans dans ses bras, cl expira ainsi aven eux.
Les deux squelettes que l’on trouva i peu de distance et dont l’un était d'une femme , appartenaient peut-être aussi & cette famille.
Près d’eux il y avait un grand nombre de pièces tdc monnaie d’or et de bronze.
On a fouillé dans plusieurs des boutiques dont j’ai parlé , plusieurs objets eu bronze , tels que , des chan* deliers , des lampes , des vases de différentes formes, des seaux , des pois , des pincettes , des balances , des cadenas, des tasses, des carafes et des lacrymatoires de verre : des fuseaux avec leurs viroles , des dés , de* cure-oreilles en os ; un mortier de marbre , et des lampes , des pots et de petits vases d’argile. Cet édifice ta’étanl point encore entièrement découvert, nous no pouvons pas conjecturer si c'était une maison de campagne , y>u bien une des Mansionès (hôtellerie) des anciens.
XX. Eiceinte aux Rucher». Elle consiste en une fcour qui renferme des bassins en maçonnerie , destinés peut-être à une buanderie ou à l’usage d’une manufacture d’objets communs. On y trouva beaucoup d’amphores d’une grande dimension.
A l’occasion de ce lieu qui a été nommé de différentes manières , et afin que les étrangers qui lisent tout ce qui a clé écrit sur Pmnpéi , ou qui vont le voir, ne soient point induits eu erreur parla diversité
des noms que plusieurs auteurs ont donné ta mime bâtiment, il est j tsie de leur en expliquer la raison.
Lorsqu’on i8i3 on découvrit l’enceinte eu question, elle reçut le nom d’ Enceinte aux Bûchers ( Jlecinto per le pire ) car ceux qui la voyant près des tombeaux , sans en avoir examiné les circonstances locales, crurent que là en effet on y brûlait les corps.
Ce lieu a depuis reçu le nom de Sepulerelurn Etrusque, parce que certaines personnes ont dit qu'on y avait déterré un tombeau renfermant des vases appelés communément Etrusques. Pour s’assurer s’il y a vraiment quelque tombeau grec, et peut-être même de plus an • cien , il faudrait y l'aire des recherches, d’autant plus que dans l’année i8i3 on trouva un vase de ceux dits Etrusques entre les tombeaux qui sont à côté.
Mais pour eu revenir à l’enceinte dont trous parlions , il parait que c’était une cour champêtre delà maison de campagne qui est tout auprès, et dont la communication avec celle dernière est encore visible.
XXI. Villa de Cicéron. N. B. Le curieux qui voudra avoir une idée de l’ancienne situation de celte maison Pseudourbana , montera le petit escalier qui est & gauche dans le fond de la cour déciilc à l’article XX. De là une belle vue se présentera à ses regards, ainsi que le vignoble qui recouvre le bâtiment en question et dont il pourra prendre une idée d’après ce que je vais en dire (l).
Au mois de Janvier de 1749 on tenta d’y faire une
(t) On pourra aussi donner un coup d’œil an plan n.* ît , oe qui fera concevoir plus facilement l’ensemble de l’édifice, aujourd’hui semblé.
éxcavation par laquelle on découvrit plusieurs chant* bres. Selon l’usage de ccs temps, après en avoir enlevé tout ce qu’il y avait de précieux, on les combla de nouveau.
Les fouilles recommencèrent au mois de Février 1763, et continuèrent à plusieurs reprises jusqu’à la fin de 1778. A mesure que l’on trouvait quelque objet de prix, on l’enlevait avec soin , le reste était comblé. Enfin on fouilla en i 8 i 3 la cour que nous avons décrite au N.° XX.
L’entrée principale de celte maison était du côté de la rue des Tombeaux (t)-( Voyez le n .* XXII .).
On voyait devant la façade de l’babilation une petite place , Area ; ensuite un corridor Prothyrum , à droite et & gauche duquel étaient la loge du portier , l’écurie, les remises , etc. , et qui conduisait à l’Atrium. Celui-ci avait les pièces qui l’entourent ordinairement, ainsi que des terrasses et des galeries donnant sur le mer.
A l’étage inférieur était un portique qui entourait un jardin dans le genre de celui de Diomède. Par un cscaljytr dérobé communiquant aux galeries de ce portique , on arrivait à la cour champêtre dont il a été question plus haut. Les objets que cet édifice contenait , nous prouvent assez qu'il appartenait à quelque riche romain do ces temps. En cfTet , on trouva dans les arabesques à fond noir, de petits ronds représentant des génies avec des attributs qui semblent «voir rapport à Bucihus et à Cérès , les treize danseuses
(1) Il y arsit d’autres sortie, par Ira portes dn jardin qui étaient sers U rue du cAté de la mer.-
lrèi-connuej , lei quatre centaures et lea quatorze fd A nambulcs. Dans celle même maison il y avait une niche avec un fronton soutenu par deux colonnes, et sur le devant de laquelle était un petit mur d'appui revêtu de matbre. Au dessus de la niche on lisait l’in* sciipiion suivante maintenant au Muséum.
Thermes d’eau de mer , et bains d’eau douce , dt Marcus Crassus Frugius. Januarius affranchi.
• THERMAE M. CRASSI. FRVGI
aqya. marina, et. bal.
AQVA. JOYLCI. IANYAR1VS. L.
tl J avait à peu de distance de U un bassin, et dans une autre niebe une petite statue de marbre représentant un vieillard vêtu de nébride et soutenant sur ses épaules une outre dont les eaux tombaient dans le bain. C’est dans ce même édifice que l’on trouva les deux mosaïques qui ont ) palme 7; de longueur sur 1 , ± de largeur. Elles sont d’un grand prix , représentent deux scènes comiques, et ont été travaillées par Dioscorides de Samos qui y écrivit son nom (1).
11 n’y a aucune raison de croire que cet édifice ait appartenu à Cicéron ; il n’est même pas sûr que Marcus Frugius (a) en fût le propriétaire.
( 1) On. peut voir à présent tous ces objets au Musée lloyal Bourbon dans la Salle des peintures antiques.
(a) L’inscription précédente a fait croire que cette maison était de ce dernier. Mais jusqu’à ce que l’on ait nnc connaissance exacte de l’entière distribution de cet édifice , ainsi que des circonstances du lieu où l’inscription existait, on ne peut pas décider qui était le propriétaire de cette maison de campagne.
En descendant par l’escalier dont j’ai parlé dans la cour champêtre , et en continuant sou chemin on verra à droite un :
XXII. Portique avec des boutiques. Ces dernières sont au nombre de neuf, et la huitième , selon toute apparence , parait avoir été un Thermopo/ium. A l’extérieur de celui-ci , près de la porte , il y avait deux bancs de pierre pour l’agrcment des habitués de celte espèce de café moderne. A l’entrée s’élevait quatre colonnes , et auprès de deux d’entr’elles on voit deux trous faits sur le trottoir, où l’on plantait des vignes qui y formaient une treille.
Immédiatement après est une citerne ; ensuite l’entrée principale de la maison Pseudourbaua dont nous avons parlé, laquelle est flanquée par deux cènes en maçonnerie où probablement on avait planté deux vignes. 11 faut observer que c’est la première porte cochère découverte jusqu’à présent à Pompéi.
La neuvième et dernière boutique quisuit , a un petit «scnlier qui conduit à l’étage supérieur; et lorsqu'on la fouilla pour la première fois au mois de Mars 1 7 1>3 , on y trouva divers objets de bronze , des pièces de monti&ie , etc.
La rue qui est du côté oriental de cette maison et de l’édifice décrit auparavant , conduisait à la mer. En 1.763 , ou déterra près du mur qui f.nne l’angle de celte rue, une statue de marbre suvêtue u’une loge et placée sur un niveau très-supérieur à celui de l’ancien sol (1). Elle avait un rouleau dans la main gau—
(1) Cet incident n’est point rare dans les excavations que lu* fsjl aux envirous da Naples. Cela arriva parta que lu lieu Jont
rbe , et un auneau à uii des doigts de la même main. Sur le pilastre qui la soutenait, était placée une inscription qui disait: que le Tribun 2 ’. Suédius Clément par ordre de V Empereur César Vespasien Auguste, après avoir pris connaissance des choses et des mesures , restitua au gouvernement dre Pompéiens les lieux publics, possédés par les particuliers (1),
EX AVCTQalTAia 1MP. CA ES AMS
vespasiaki. a vg.
XOCA. PVBUCÀ. A. PRXVATtS POSSESSA. T. SVEDIVS. CLEMENS TWBVKVS. CAvStS. C0GH1TIS. ET MEHSVRJS. FACTIS. REl PVBUCAE. FOMPEIAKORVM EESTlTVtT,
De l’autre côté de l’angle, vers la rue qui conduit & la marine, on découvrit en 1769 une peinture re-
on s’occupe, aura déjà été fouillé par des colons qui yt auront fait , comme aujourd’hui , des fossés pour planter des arbres ou des vignes. Les colons modernes en fouillant dans la terre quelque gros morceau de marbre, s'efforcent de l’en retirer, mais par des circonstances particulières renoncent à leur ouvrage , lorsqu'il est à moitié lait, et recouvrent de nouveau ce morceau de marbre. £n effet, lorsqu’on découvrit les pieds et la tête de la statue en question , ils étaient à peu de distance du reste du corps , et à cinq ou six pieds au-dessus du piédestal , preuve évidente que ceux qui la trouvèrent par hasard , n’en firent point de cas, et la. recouvrirent de nouveau , ou ils ne l’aperçurent pas.
(<) Dans le Musée Royal Bourbon , Galerie des Inscriptions.
présentant un grand servent qui approchait la bouche d’une console de briques, comme pour manger les offrandes de fruits et d’oeufs qui y ctaient représentées. On n’a pu déchiffrer de l’inscription tracée sur le même mur , que le mot S ilus,
XXIII. Boutiques. Elles appartenaient à un édifice qui u’est pas encocc découvert. On y trouva 33 pièces de monnaie de brome , un grand nombre d’autres objets parmi lequel* on voyait un j eson dont le contrepoids représentait une tête de Mercure. Le long de la rue qui est devant ces boutiques , ou désensevelit trois squelettes dans différentes | osilions j 69 pièces de monnaie d’or et rat d’argent. Elles furei.t trouvées à la dis-> tance de ta palmes du pavé, et piécisément là oh se terminait la couche delapillo.ct oh commençait celle de cendre qui tomba mêlée avec de l’eau.
XXIV* Hémicycle. Celle graude niche demi-circulaire fut déterrée eu t8i*. Malgré le soin qu’on paialt jvo r mis à faire ses ornemens , on peut juger cependant par ce qu’il en reste , qu'ils étaient d’un esse* mauvais goût. Le savant Mazois a observé que cel hémicycle élaBt plus profond que large et placé an midi , les rayons du soleil se réunissaient dans sa cavité , et que la chaleur s’y concentrant d’avantage, ils formaient ainsi de ce lieu une espèce de hélius canùnus , ou étuve solaire pendant l’hiver. Comme le sole 1 est plus clevé en été , ce siège offrait aussi par sa forme , une ombre agréable pendant les trois-quarts de la journée.
Û’apièssa ressemblance avec d’autres tombeaux dais, lesquels on remarque aussi des sièges, on pourrait également supposer que e’ctail en monument func-
kre ; d’autant (dus qu’il n’y avait point d’inscrip-, tioo sur la plaque de marbre. C’est qu'alors le sépulcre u’avait été dédié à personne , et que l’on attendait un acheteur.
XXV. Tombeau ries Guirlandes. Il fut découvert en Octobre 1806. On voit entre les trois pilastres qui décoraient trois de ses côtés, des guirlandes de fleurs sculptées en stuc ; c’est ce qui lui a fait donner le nom de tombeau des guirlandes.
XXVI. Tombeaux commencés el Cénotaphes. Aptes le Tombeau dit des guirlandes, on trouve un petit mur d’enceinte à'opus reticulalum , qui reufermait une sépulture.
Deux autels ornés de festons et ayant des bandelettes sur la façade antérieure que l’on nommait acerrae, étaient placés près des tombeaux. Ils formaient dans, le milieu une espèce d’entrée très-étroite , autrefois fermée par une amphore. On ne sait si elle y fut placée, par les ancierfs ou après l’excavation qui eut lieu eu 1763. Elle n’offrit d’intéressant que des fragmens de. colonnes , d’architraves , des chapiteaux , etc ; on ne put même connaître à qui ces tombeaux avaient appartenus. Celui dont on voit les vestiges à gautlie de la rue sous les murs de la ville, était de l’Edile Titus Terenlius Félix Major, d'après l’inscription qui est sur & face extérieure du mur :