‹ Plans de discours; ou, Projets d'instructions et de conférences sur lesChapitre 68 sur 83 · UR LES DEVOIK4 D£S DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

UR LES DEVOIK4 D£S DOMESTIQUES

Honora patrem tuum etmatrem tuam, (Eiiod. c. xx,)

Outre les familles proprement dites , il y a^ mes frères , des familles adoptives. Elles se composent de maîtres et de patrons , de domestiques et d^apprentts. H importe au bonheur de la grande société que les devoirs des uns et des autres soient parfaitement remplis* Traitons principalement aujourd'hui des devoirs des domestiques ; et comme le sujet est immense , détachons quatre réflexions essentielles. La soumission , la fidélité , Vamour dut travail et celui de la piété , ce sont les vertus d'état des domestiques vraiment religieux.

1® La soumission. Avant d'entrer dans aucun détail} je voudrais qu'un domestique ne

StTB. LES COMMANBEMEKS BB MEtf. 3l3r M fit pas un moDstre de Pétat de sujétioa et de dépendance où la Provideiice l^a placé.

Nous dépendons tous 9 plus on est élevé , plus les liens d^ane sorte d^esclavage se resserrent* Puis les domestiques qui se platgnent tant sont peut-ètre encore plus heureux que les maîtres. «•• La grêle ; les renversemens de fortune et les peines les plus cuisantes de la vie ne sont pas pour eux y mais pour leurs maitres.

Venons en particulier à là soumission évan-' gélique demandée aux domestiques. Saint Paul, dans son épitre aux Epliésiens, dit au£ serviteurs ( vi , 5 , 6 ) : <c Obéisses à vos ce maîtres avec crainte et respect^ du fond du ce cœur ^ comme à J«-C. lui-même et pour <c vous conformer k sa sainte volonté. Que ce ce ne soit pas IVsil qui plonge sur vous qui <c vous 7 oblige ^ mais votre conscience. Ex (€ animo ^ cum bond *voluntate servientes. » ce Vos maîtres fussenV-ik durs et fâcheux , ce ajoute saint Pierre y ne soyez pas moins resce pectueux et soumis envers eux. Sed etiam <x. djrscolis,.,:. propter Dei conscientiam. » ( iPetr. II, 18. )

Vous, domestiques, on ne vous le dira ja« maïs assez : il faut laisser sa volonté propre i la campagne d'où Ton sort et n^apporter ici q«'one obéissance aveugle et un dévouement absolu* Us manquent au quatrième précepte y ceux d'entre vous qui se plaignent et muir^

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murent , qui rechignent , qui montrent de»

Phumeur^qui ne i^eulent jamais interrompre tin ouvrage commencé pour faire ce qu^on leur dit , qui contestent, qui mettent toujours en avant une manière. difSérentede celle qu^oa leur propose. Simplicité entière et absolue* In simplicitate^ eordis vestri, ( Eph. vi. )

W^ LafidélUé. Tout est entre tos mains.

Les maîtres parfois s^en rapportent pleinement k vous ) comme Putiphar s?en rapportait à Josep)i..« Ils ne connaissent que le pain qu^ils mangent. Necquidquam aliudnoiferat, nisi panent quovescebatur. (Gen. xxxiic , 6. ) Si vous les trompez 9 il y a abus de confiance ; il y a perfidie. De là les peines les plus sévères dans Tancienne législation ^delk un déshonneur et une infamie que. rien n'efface. De là une difficulté extrême de restituer et par conséquent d'arriver au salut.

Le ministère pastoral ne craint pas de s'abaisser aux détails qui peuvent vous être utiles. Geux-U 9 mes frères , ne sont pas des domestiques fidèles qui, sur Targent donné pour les marchéset les emplettes, se retiennent une indemnité ou salaire sous prétexte qu'ils ont moins payé que les autres j qui n'ont auenu ordre , aucune économie pour le bien desmaîtres ; qui touchent à ce qu'on ne leur donne pas^ Gourmandise trop ordinaire aux domestiques* Ceux-là ne sont pas fidèles qui

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font fête à leurs parens aux dépens des mai* très ; qui, mal payés de leurs gages, admettent un système inique de compensations dange- "■ reuses. Hé î que deviendrait la société , si chacun pouvait se faire j ustice par ses mains ? . • • Serviteurs , vous dérobez habilement : mais pouvez-vous tromper Dieu ? Mais craignez donc son jugement. Il est enfin dans Tordre de la fidélité de renfermer dans le ménage les secrets du ménage : Thonneur de la maisoa .

est le v6tre ; et vous devers en procurer k tranquillité et la paix*

3^ L'amour du travail. Les domestiques n^entrent pas en scrupule de la perte qn^ils font de leur temps : cependant les maîtres ont acheté leurs services et le droit de disposer de toutes leurs heures. Que dirieas-vous ^ si un marchand refusait de livrer la marchandise qui lui est payée ^ ou s^il en* retranchait une partie ? Serviteurs ^ c'est une prévarica«« tion grave et c'est un cas de restitution, de' donner , comme vous faites , un temps considérable au repos y au jeu , à des amusemens et des entretiens inutiles ; c'est aneprévaricar lion grave et un cas de restitution , de ne travailler que quand on vous voit, et de retomber le moment d'après dans une nonchalance funeste à vos maîtres et funeste à vous-mêmes. Le désœuvrement amène plus de mauvaises pensées que de bonnes} il conduit à la £cé^

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qaentatîon des compagnies dangereuses Bt au TÎce. Que le Démon vous trouve toujours occupé, disait saint JérAme. Votre service est-il fini? Remplissez les intervalles qu^il vous laisse , par quelques ouvrages manuels y par quelques exercices de religion et par des lectures honnêtes ou édifiantes.

4*^ L'amour de la piété. Voilà ce qui fera radoucissement de vos peines, ce qui rehaussera vos motifs, ce qui deviendra pour vous nne source inépuisable de mérites. Considé-rez autre chose qu^un vil salaire. <c Travaillez «c et servez , dit le grand Apôtre, de cœur et ce d^aff ection , selon toutes les lois de la délice catesse et de la conscience : Ex anima ope* ce rammi; comme pour Dieu et non pas pour a les hommes : Sicut Domino et non homi'- «e nibus (Col. ni, aS )5 dans la simplicité da ce cœur et dans la crainte du Seigneur : In « simplicitate cordis timentesDeum.Tù (Ibid.

*aa. ) Voyez, envisagez dans vos maîtres le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois jet les services les plus vils de votre condition , offerts à Dieu et animés de son amour , deviendront par là même , aux yeux du souveraia Juge, des actions plus grandes et plus importantes que les victoires des conquérans.

Serviteurs de Tuu et de Pautre sexe, vous avez avant toutes choses une ame à sauver •* Si vos maîtres, abusant de leurs richesses et

StriTLES COMMAKDEMEKS DB DIEU* 3l/ de leur autorité ^ veulent vous faire entrer dans leurs querelles et leurs vengeances , voua faire servir d^instrumens à leurs iutrigues et k leurs mauvais commerces ; s^ils dressent eux-mêmes des pièges à votre innocence ^ plutôt mourir que' pécher. Représentez^ priez ^ résistez* Si le péril devient imminent, fuyez ; arrachel^vous à Poccanon et laissez, comme Joseph, laissez votre manteau entre les mains criminelles qui ont voulu perdre vos mœurs»

Le Seigneur , ayez confiance en lui , le Seigneur, ne vous abandonnera point.

Reprenons. Vous que les voies de la Providence ont engagés au service de vos semblables , si vous vous en acquittez dans un esprit de soumission , avec fidélité , menant une vie occupée et conservant Pintégrité de vos consciences, vous mériterez, au sortir de la vie , d^entendre sortir de la bouche de Dieu cet oracle consolant : Courage , bon et fidèle serviteur, entrez dans la joie du souverain Maître de tous : Euge, serve bone etjidelis, intra ingaudium Domini tui. (Matth. xxy ^ d3. ) Le temps des épreuves est fini ; la dis* tinction des états a disparu. Voici la récompense: Régnez j jouissez; triomphez à jamais. Ainsi soit-il.

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