TRÈFLE VIOLET OU ORDINAIRE
que plus lentement apte à en produire de nouveau. On voit alors les semis bien levés à l'automne, disparaître en hiver et au printemps suivant.
A l'exception des légumineuses, presque toutes les plantes agi'icoles réussissent bien après trèfle. Mais c'est surtout le cas des céréales d'automne et du blé en particulier; on peut aussi le faire suivre par du colza repiqué. Dans certains pays À terres légères, ta pomme de terre faite sur défrichement de Irëfle réussit très bien. Parmi les céréales de printemps le blé de mars et l'avoine sont celles qui donnent les meilleurs résultats.
L'amélioration du sol par une année de trèfle est très notable; on peut t'estimera 120 kilogrammes d'azote par hectare. La plante qui vient après trèfle n'a donc pas besoinde fumure azotée, mais dans les sots pauvres en acide phosphorique et en potasse assimilable, il est bon d'employer les engrais potassiques et phosphatés à cause de l'excès relatif d'azote que renfei'me le sol, excès qui pourrait occasionner la rouille et la verse des c«réales.
Nous verrons qu'une bonne récolle de trèfle peut atteindre 70 quintaux de foin sec par hectare. Nous avons indiqué ailleui-s [Voy, Engruûl qu'une pareille lécolte puise dans le sol et dans l'air ;
Azote SS6 kilograniiues.
A c Me phosphorique 46 —
l'otasae .. .. 159 —
Chaujt aou —
pour la constitution <les parties aériennes et souterraines de la plante, en y comprenant les déchets de fenaison. On reconnaît par la, en laissant de cOté l'azote qui est fourni en gi-ande paj-tie par l'atmosphère, que le trèfle est surtout exigeant en chaux et en potasse; il absorbe beaucoup plus de chaux qu'un excellent blé, autantde potasse, mais presque moitié moins d'acide phosphorique- Quand le sol où l'on cultive cette plante ne présente pas une bonne richesse moyenne en potasse assimilable, il peut être très utile d'y répandre du chlorure de [«tassium. Dans les sols pauvres en acide phos-
3EHA1LLES, CHOIX DE LA GRAINE, VAUIÉTËS. 12S
phonque assimilable, et peu calcaires, les superphosphates font un excellent effet. C'est ainsi qu'en Eure-et-Loir nous (ivonsobtenu de l'emploi de 400 kilogrammes de cet enivrais par hectare, un excédent de récolte de it quintaux 24 de foin sec. Bien que l'acide phosphoriquene soit pas absorbé en très grande quantité par le trèfle, il joue un l'Ole très important dans la pmduction, caril est absorbéavecunegrandeavidité pendant la première jeun esse de cette légumineuse. Nous conseillons d'employer comme fumuie dii-eete avant le semis, dans une (erre de fertilité moyenne, et suffisamment calcaire : 200 kilogrammes de superphosphate par hectare. Dans les terrains pauvres en acide phosphorique, on ira jusqu'à 400 kilogrammes. Les scories de déphosphoi-ation peuvent remplacer les superphosphates, en les combinant avec le plâtrage. Si les terres sont pauvres en potasse assimilable, on ajoutera, suivant le délicit, de iOO à 200 kilogrammes de sels de potasse.
Le plâtrage à raison de 400 à 500 kilogrammes par hectare est souvent très eHicace, et il ne doit pas être négligé, quand on s'est assui'é de son heureux effet, car la dépense est minime en comparaison des excédents que l'on obtient.
Semailles; choix de la graine;variété8.
Comme la première croissance du trèlle est tivs lente, il faut protéger le semis contre l'envahissement des mauvaises herbes et l'abriter contre les ardeurs du soleil, aussi bien que le préserverdesgelées tardives. C'est pourquoi la coutume générale est défaire le semis de cette légumineuse dans une céréale d'automne ou de printemps. En opérant ainsi, outre les avantages précités, on obtient celui, très appréciable, de diminuer le prix de revient du fourrage, car la pi'emière année de fei'magedusolse trouve payée par la plante-abri. Le choix de celleci a moins d'importance pour la réussite du tièfle que la place qu'occupe ce dernier dans la rotation, place qui détermine la richesse et l'état physique du sol. Quand on faitle semis dans une céréale d'automne, on préfère l'exécuter dans un seigle plutôt que dans un blé. Le premier, en effet, lalle moms que le second, il ombrage plus rapidement la jeune plante au
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printemps, et, comme sa récolte se fait plus tôt, il laisse plus de temps à la prairie artificielle poui* se développer et se fortiPierà l'aiilibre avant l'hiver. Lorsqu'on fait le semis dans une céréale de printemps, on peut choisir l'orge ou l'avoine ; mais c'est sut'tont h cette dei'nière qu'il faut donner la préférence. L'orge étant plus précoce, présente cependant au point de vue du trèfle lui-même les mêmes avantages que nous avons reconnus au seigle, mais la récolte étant garnie de trèfle est beaucoup plus difficile à sécher, ce qui diminue sensiblement la qualité du grain et par suite son prix de vente. Le même inconvénient ne se présente pas pour l'avoine, souvent même on a l'habitude de faire consommer en geibes l'avoine garnie de ti-èfle, soit par les chevaux, boiL par les moutons. Le mélange constitue un excellent fourrage
Si le semis dans les céréales de piintemps e'^t la règle la plus générale, il est ce|»endant prefirable de le faire dans les céréales d'automne dans les terres un peu sèches, ou dans les climats i printemps secs. Alors on répand la graine dès le mois de février. On sème aussi quelquefois le trèfle dans un sarrasin ou dans une navette d'été.
Dans tous les cas, il est très important que la céréale associée au trèfle soit semée assez claire pour ne pas couvrir et ombrager trop la terre, afin d'assurer au jeune trèfle assez d'air et de lumière pour qu'il prenne un peu de développement. Une céréale trop touffue le ferait périr, comme on le constate dansles cas de verse, ousi on laisse séjourner en place trop longtemps les dizeaux lors de la récolte. C'est pour la même raison, que nous conseillons ailleurs de ne pas donner d'engrais azotés aux. céréales associées k une légumineuse.
On pourrait semer le trèfle à l'automne dans les céréales d'hiver, mais si la terre se soulève par les gels et dégels successifs, il ne résisterait pas. Souvent aussi il serait mangé par les limaces. Aussi est-ce toujours au pi-intemps dans notre climat que l'on sème le trèfle, depuis le commencement de février jusqu'en avril. C'est dans les céréales d'hiver qu'on fait les premierssemis sur la neige en février. On peut alors obtenir une coupe à l'automne suivant. Oniépand la graine après un hersage de la céréale et on recouvre par un roulage. Pour