PROFESSEUR DE BOTANIQUE A L’UNIVERSITÉ DE LEIPZIG
Monsieur,
En vous priant d’agréer la dédicace de ce petit travail, comme un témoignage de ma franche et sincère amitié, permettez-moi de vous donner quelques informations sur les vicissitudes qu’il a éprouvées.
Possesseur d’une partie de l’herbier de M. Pavon, des plantes que (pielquesuns de mes amis et moi avons fait recueillir au Mexique par M. Berlandier, et recevant successivement toutes celles qu’a recueillies et continue à recueillir M. Blanchelà Bahia, je trouvais, en étudiant ces différentes collections, beaucoup d’espèces rares qui n’avaient jamais été figurées et d’autres absolument nouvelles; je consacrais mes loisirs de la campagne à décrire celles-ci et à dessiner les unes et les autres, et cela uniquement parce que j’y trouvais une occupation agréable. Cependant, un libraire de notre ville me suggéra l’idée de les publier, et M. Heyland s’étant chargé de graver les planches, je me décidai à livrer mes dessins et mon travail, pensant que des plantes décrites avec exactitude et figurées fidèlement quoique sans luxe, pourraient toujours être de quelque utilité à la science. 11 fût donc convenu que cet ouvrage paraîtrait par livraisons de dix planches in-folio avec le texte en latin et sous le titre d’ Icônes plantarum rariorum, et, en effet, le premier fascicule parût en 1830, ou plutôt ne parût pas', car le libraire tomba
en faillite au moment où il allait le mettre en vente ; cet incident arrêta la publication et j’y renonçai entièrement. Plus tard, ayant fait l’acquisition des planches qui se trouvaient gravées, je pensai à les utiliser en les insérant successivement dans les mémoires de la Société de Phisique et d’histoire naturelle de Genève; mais ce mode entraînant pour moi des inconvénients, je me décidai à restreindre mon ouvrage aux seules espèces nouvelles, et à les publier à mes frais; comme je ne voulais y consacrer annuellement qu’une certaine somme les fascicules n’ont paru qu’à des intervalles inégaux et assez longs ; en voici les dates :
Première livraison, planche 1 h G, 1833. Seconde liv. pl. 7 à 16, 1836. Troisième liv. pl. 17 à 26, 1837. Quatrième liv. pl. 27 à 38, 1838. Cinquième liv. pl. 59 à 50, 1839. Sixième liv. pl. 51 à 60, 1840. Septième liv. pl. 61 à 70, 1841. Huitième liv. pl. 71 à 84, 1844. Neuvième liv. pl. 85 à 100, 1846.
Je n’attache pas beaucoup d'importance à la priorité pour des noms d’espèces, cependant, il convient d’y avoir égard ne fut-ce que pour mettre de l’ordre dans la nomenclature et éviter les doubles emplois ; c'est dans ce but que je vous indique les dates des livraisons; vous verrez par exemple, que j’avais publié en 1835, tab. 2, le Trifolium bejariense qui a été reproduit en 1840 sous le nom de T. macrocalix dans Hooker Icônes tab. 285; de mon côté j’aurai commis peut-être quelques fautes pareilles quoique j’aie supprimé un assez grand nombre de planches déjà gravées sur cuivre parce qu’ayant tardé à les publier, j’ai reconnu que j’avais été prévenu par d’autres auteurs.
Vous savez que, voué au commerce, je m’occupe de science seulement à mes heures de loisir, par goût et sans prétentions, que par conséquent j’ai quelques droits à l’indulgence; ce n’est pas la vôtre que je réclame, je la tiens pour acquise d’après l’amitié que vous me témoignez depuis longtemps; mais je sollicite celle des lecteurs qui pourront jeter les yeux sur ces lignes.
Veuillez agréer. Monsieur, l'assurance de la haute considération de votre trèsall'ertionné
Stef.vno M0IUC.\ND.
Genève, 3ü décembre eSA6.
D’AJIÉRIQUE,
Par Stefano MORICAND