‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 110 sur 119 · LX V · texte numérisé non relu

LX V

en dedans un disque glanduleux stipité; les écailles inférieures, qui ne différent pas des autres, mais qui sont à découvert, semblent former à la base du capitule une sorte d’involucre ; à l'aisselle de chaque’ écaille s’insérent 3 fleurs, deux latérales et la troisième médiane, plus voisine de l’axe et plus précoce que les deux autres : chacune de ces fleurs est portée sur un pédicelle qui, d’abord presque nul, se développe proportionnellement avec elle et s’articule avec sa base; chaque pédicelle accompagné d’une bractée membraneuse assez large et déchiquetée. La fleur, développée sur son pédicelle, n'a pas une ligne de longueur : elle se compose d’un calice tubuleux, évasé en cloche, découpé sur son bord en 4 lobes inégaux (dont deux alternativement plus grands se recouvrent l’un l’autre et cachent les deux plus petits dans le bouton), denticulés, recourbés en dedans; et de deux filets soudés en un seul, qui fait saillie hors du calice, et porte fixé à son sommet courtement bifide deux anthères biloculaires, dont les loges ovoïdes et séparées par un sillon profond s'ouvrent en dehors par une fente longitudinale.

Freurs reuELLEs : elles sont portées sur un pédonculeglabre pais et cylindrique, renflé à son sommet, articulé à sa base : immédiatement sous cette articulation et en dehors se trouve uneécaille acuminée avec deux écailles latérales arrondies, qu’on doit considérer sans doute comme un rudiment de feuille avec ses deux stipules qui ont conservé leur forme (et telle est aussi vraisemblablement la nature ” des écailles dans les capitules mâles). En dedans sont plusieurs bractées membraneuses et déchiquetées. La fleur femelle, développée sur son pédoncule, a 4 lignes de longüeur ; elle présente les caractères suivans : CaLice courtement tubuleux, trifide, à lanières aiguéset denticulées. SrxLe épais, cylindrique, partagé à son sommet en trois branches d'abord droites, puis réfléchies et contournées en dehors, hérissées supérieurement de nombreuses papilles stigmatiques. Ovarre un peu plus large que le style et caché par le calice,

glabre, trilobé à l'extérieur, triloculaire; ces lobes répondant aux

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loges et aux branches, stigmatiques, alternent avec les divisions calicinales, Ovures solitaires dans chaque loge, suspendus vers son sommet à l'axe, ovoides, surmontés et comme coiffés d’un petit arille lacinié, composés de deux substances différentes, l’une dorsale, blanchätre et spongieuse, l’autre plus compacte et de couleur foncée. Le FRu1T n’a pas été observé.

Localités. Cette plante a été recueillie aux environs de Porto de Quebra Anzol, dans la province de Minas Geraës, et dans les Minas Novas, près de la F'azenda de Culéo , où elle croît commu nément aù milieu des petits bois nommés vulgairement Carascos. Elle fleurit d’avril à juin. |

Usages. On fait bouillir ses feuilles avec de la boue, et onen tire ainsi une teinture noire qu’on applique aux étoffes de coton : elle n’est pas-fixe. On sait que c’est d’une plante de la même famille

Que s’extrait une substance tinctoriale bien connue, le tournesol, et

que beaucoup d’autres Euphorbiacées paraissent contenir des principes colorans analogues. — Nous ignorons sur quels effets est fondé l'emploi médical de la racine du Marmeleiro do campo, qu’à Porto de Quebra Anzol, dit-on, on administre en boisson et en lavement dans les dérangemens d’estomac. Un tel emploi a droit d’exciter l’étonnement, quand on se souvient des propriétés qui s’observent généralement dans les Euphorbiacées et particulièrement dans des genres voisins de celui-ci (Sapium, Excæcaria, Hippomane, éte.s, propriétés si énergiques, si redoutables pour un estomac sain, et à

plus forte raison pour un estomac malade. Il est vrai que les espèces P

de ces genres dans lesquelles elles ont été constatées présentent toutes un suc laiteux et âcre, et que le Maprounea brasiliensis parait du nombre de celles qui en sont dépourvues.

OBSERVATIONS BOTANIQUES. — [. Caractères du genre Maprounea.— Freurs monoiques. FLEURS MALES réunies en un court capitule amentiforme, dans lequel elles sont disposées par deux ou par trois à l’aisselle d’écailles, dont les

inférieures forment sous le capitule une sorte d'involucre. Carics tubuleux, 4-fide. Éramnes : deux filets soudés en un seul saillant, terminé par deux anthères extrorses. Fieurs FEMELLES sifuées au-dessous du capitule mäle, solitaires. Gaxice trifide. Styx épais, trifide. Trois Sriemares réfléchis. Ovarme à trois loges, contenant chacune un seul ovule. Fruit capsulaire a trois coques,

à graines osseuses et bosselées.

S Il. Des affinités de ce genre. — Plusieurs genres d'Euphorbiacées à épis amentiformes composent dans cette grande famille un groupe extrèmement naturel. Tels sont les Aura, Hippomane, Sapium, Stillingia, Microstachys, Omalanthus, Maprounea, Excæcaria, avec lesquels d’autres moins bien connus, Z'riadica, Sebastiania, Gussonia, Commia, Colliguaya, ont une affinité évidente, et même devront vraisemblablement se fondre lorsqu'ils auront été étudiés plus soigneusement et comparativement. Déja quelques-uns des premiers différent à peine entre eux. Ainsi la réunion des Sapium et du Sullingia à été proposée, et on doit avouer que les caractères qui en distinguent le Microstachys, ainsi que le Maprounea, sont bien légers, puisque ce ne sont que des modifications de l’inflorescence qui caractérise le groupe. Supposez que dans le Maprounea l'axe du capitule mâle s’amincisse ets’alonge, et que les écailles se trouvent ainsi écartées les unes des autres avec leurs petits fascicules de fleurs axillaires, au lieu de se presser et de se recouvrir comme elles le font, vous ne pourrez plus distinguer cette plante d’un Sapium ou d’un Stillingia que par un caractère bien faible, la soudure des deux filets dans la fleur mâle. C’est un nouvel exemple de ce qui est arrivé quelquefois dans plusieurs familles et notamment dans celle des Euphorbiacées, où le développement, différent de l’axe florifére, constitue la seule difference, et peut même masquer les rapports de genres du reste à peine distincts.

EXPLICATION DES FIGURES

1. Inflorescence. On a coupé verticalement l’axe du capitule et enlevé ses fleurs, pour montrer l’origine et la situation des écailles. —2. Une des écailles (a) séparée, avec les trois fleurs (bb) situées à son aisselle et accompagnées de leurs bractées (ccc).— 3. Fleur femelle, sur son pédoncule. On a enlevé à la base les deux écailles stipuliformes, pour laisser voir les bractées qu’elles cachaient. Le calice et les parois de l’ovaire ont été coupés verticalement, pour montrer l’intérieur de deux loges ayec les ovules qu’elles renferment.—

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