STRYCHNOS FAUX-QUINQUINA
FAMILLE DES APOCINÉES.
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= $. caule inermi, tortuoso ; cortice suberoso ; foliis ovatis quintupli- . ñ) \
| nerviis, subtus villosis; floribus racemoso-paniculatis, axillaribus, dj SE pedunculisque villosis. e | 4 )
Strychnos pseudoquina. Aug. de $. Hil. App. Voy. 34. ê ñ Nom vulgaire : Quina do campo. | ee | | ji . Description. ARBRE d'environ 12 pieds , rabougri, toriueux , sans 11 s | épines ; à écorce subéreuse , molle et jaune d’ochre extérieurement, : - if 4 1 + plus compacte, plus duré et plus grise-en-dessous ;-à rameaux nom- À E breux et formant une sorte de tête comme le pommier ; à ramules te- | ; | À { tragones et chargés de poils roux. FEUILLES opposées, très-courtement " : pétiolées, sans stipule, longues de 5 à 4 pouces, ovales, aiguës dans le RL
jeune âge, puis un peu émoussées , entières ; dures , cassantes, d’un i
vert jaunätre, munies d’un bord calleux, couvertes en dessous d’un duvet roux, glabres ou à peine pubescentes en dessus, relevées de cinq nervures dont l'intermédiaire droite, les autres opposées par paire et convergentes : pétiole épais , long de 2 ou 3 lignes, articulé un peu au dessus de sa base, pubescent, presque cylindrique. Grappes axillaires, | ; composées, se rapprochant de la panicule, étalées ou ascendantes, un peu plus longues où un peu plus courtes que les feuilles , velues
… * et continues avec un Court pédoncule qui est chargé à sa base de deux bractées ovales-aiguës, concaves et velues : rameaux de la panicule opposés ,rétalés, diminuant de longueur de la base au sommet, simples ou presque simples dans.le haut, divisés dans le bas, accompagnés , ainsi que.leurs divisions, de deux bractées opposées,
Jinéaires-aiguës, velues. Freurs nombreuses, très-rapprochées, lon- 4,
gues de 3 à 4 lignes, d’une odeur agréable qui rappelle celle du lilas, di 11
portées par un pédicelle velu. Cazice petit, quinquépartite, hérissé en | LME : : L d
EN ce
de poils roux; à divisions lancéolées-linéaires , aiguës. Coror. Le hypogyne, hypocratériforme, quinquéfide , pubescente à sa surface extérieure, laineuse à l’entrée du tube, blanchätre ou verdâtre; àdivisions sémi-lancéolées-linéaires, étalées. Cinq ANrnères, sessiles , insérées au sommet du tube entre les divisions de la corolle, courtes, ellipti- E ques-linéaires ,-un peu obtuses, glabres, biloculaires, souvrantlon-
gitudinalement, ayant la face tournée-vers le centre de la fleur , et sortant à peine du tube de la corolle. Point de Necraïre. Srvze souvent chargé de quelques poils à son sommet ou vers le milieu de sa longueur. SriemaTe en tête un peu bilobée. Ovarre ovoïde ; glabre, biloculaire, polysperme : ovules nombreux, attachés dans chaque loge à des placentas épais qui couvrent presque toute la cloison ; la plupart avortent bientôt, et ceux qui ont été fécondés repoussant la cloison et les placentas contre le paroi du péricarpe, semblent alors pariétaux. Batr globuleuse, de 7 à 8 lignes de diamètre, glabre, jaune, luisante, renfermant, sous une écorce coriace, une à quatre semences plongées dans une pulpe douceâtre, d’un goût assez agréable. SEMENCE orbiculaire, discoïde, déprimée, d'environ 6 à 7 lignes de diamètre : ombilic placé vers le milieu d’une des faces de la semence. PéRISPERME très-grand, corné. Emrrvon droit, placé dans le bord du périsperme , parallèle au plan de l’ombilic : radicule très-obtuse ,) en massue, aboutissant presque à l’extérieur de la semence : cotylédons ovales-aigus, minces , planes, à cinq nervures, tournés vers le centre du périsperme.
Localités. Cet arbre croît en général dansdes pâturages parsemés d'arbres tortueux et rabougris (tabuleros cobertos). On le trouve dans toute la partie orientale de la province -de Minas- Geraes ( le certao où désert), le district de Minas-Novas et celui des Diamans, les déserts de. Goyaz, ete. |
Usages. De toutes les plantes médicinales du Brésil, le Strychnos pseudoquina, où Quina do campo est peut-être celle dont l'usage est le plus répandu, et dont les propriétés sont le mieux constatées. À l’excéption de la baie qui a une saveur douceâtre, et que les enfans man-
©) | gent avec plaisir, toutes les parties de la plante sont d’un goût extrémement amer et un peu astringent ; mais C'est principalement dans l'écorce que résident ces qualités, et c’est d'elle aussi que les habitans d'u pays font usage. Ils s’enservent à peu près dans toutes les maladies où | les médecins d'Europe administrent le quinquina , ét principalement : 4 dans les fièvres intermittentes si communes tous les ans sur les bords il du Rio-de-S.-Francisco, ét des rivières appelées Rio-do-Sono , da- Prata, Abaïtè, etc. Tantôt ils emploient l’écorce du pseudoquina en AA décoction, et tantôt ils la prennent-en poudre assez généralement à .. la dose d’un demi-oitava à un oitava (0,001789 à 0,003578 kil.) Un + des médecins les plus éclairés du Brésil, qui avait fait dés expériences sur le Strychnos pseudoquina comparativement avec leqguinquina du : Pérou, m'a assuré qu’il avait trouvé lécorce de la plante de Minas 1% au moins égale pour les propriétés à celle des véritables Cinchona de À) 4 l'Amérique espagnole; et les essais qui ont été tentés à Paris et dans 3 les environs, tendent à confirmer cette assertion. Si les habitans de 114 la côte, et surtout de Rio-de-Janeiro, qui font un usage si fréquent du quinquina des boutiques, voulaient y substituer l'écorce du pseudoquina , plante commune dans l'intérieur de leur propre pays, ils n’en obtiendraïient pas des résultats moins satisfaisans, et ils ‘s’af- j franchiraient d’un tribut onéreux. D'un autre côté, si ce médica- | 1 ment était adopté en Europe, il pourrait s’y vendre à des prix moins élevés que le quinquina du Pérou, et en même temps il devien- | drait pour le Brésil une nouvelle branche de commerce. — M. Vauquelin a fait l’analyse de l’écorce du pseudoquina, ‘et il a trouvé 4 qu’elle contenait principalement, 1° une matière amère qui forme la plus grande partie de ses principes solubles , et qui, suivant notre
illustre chimiste, paraît être celle en qui résident les propriétés fébri- ” fuges ; 2° une substance résineuse particulière très-soluble dans l’al- in cool à 36°, et peu soluble dans l'alcool absolu; 3° une matière gom- | 1 meuse colorée et unie à un principe animalisé qui modifie ses pro-
priétés physiques ; 4° un acide particulier qui, comme l’infusion de galle, précipite le sulfate de fer et la colle forte, mais avec des modi- 1: fications qui ne permettent pas de le regarder comme de l'acide galli-
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que. — Ge qui peut paraître assez singulier, c'est qu'on n'ait découvert, dans la plante qui nous occupe, ni brucine, ni quinine, et surtout aucun atome du principe dangereux que M. Pelletier a trouvé dans les semences des $rychnos nux-vomica (noix-vomique) et
ignatia (fève de saint Ignace). M. Segalas médecin et habile expérisel a a aussi constaté que le principe amer du Strychnos pseudoquina, quand il est injecté dans les veines des animaux, produit des effets différens de ceux déterminés par la strychnine. Il a également constaté par des expériences que ce même principe amer est d’une activité beaucoup plus faible que l'extrait alcoolique de noix-vomique, et surtoutque la brucineet la strychnine, et, quoiqu'il devienne vénéneux pris en certaine quantité, comme beaucoup d’autres substances usitées en médecine, il peut être administré sans la moindre crainte aux doses auxquelles on l’emploie ordinairement et même à des doses plus fortes. Aïnsi quand lusage qu’une grande partie des Brasiliens fait depuis tant d'années de l’écorce du pseudoquina, n'aurait pas démontré qu'elle est bien loin d’avoir quelque inconvénient pour la santé, on pourrait être, à cet égard, entièrement rassuré par les expériences que je viens de citer. On sait, au reste, que tous les Strychnos n’ont pas des propriétés dangereuses, et qu'il en est, tels que le Tettan Kotta (S'. potatorum) , qui sont tout-à-fait innocens. On sait aussi que les diverses parties des plantes ne contiennent pas toutes les mêmes principes ; la pulpe des fruits du Strychnos nux-vomica se mange sans inconvénient; j'ai moi-même mangé plus d’une fois celle des baies du Strychnos Pseur. doquina , et il n’est FAR, conséquent pas très-extraordinaire qu'on ne retrouve point dans l'écorce de cette dernière plante ce qu'on a observé dans la graine des $. nux-vomica et ignatia.
Observations botaniques. Le genre Strychnos se distingue par un calice quinquépartite ; une ‘corolle mono pétale infondibuliforme ; des étamines au nombre de cinq , insérées à l'entrée du tube ; un ovaire supérieur biloculaire et poly sperme ; un style unique ; un stigmate en téte; un fruit succulent revêtu d’une écorce cortace ou crustacée ; des semences peliées avec l’ombilic au milieu de la face ; un périsperme corné et très-grand; enfin un embryon droit ou flexueux paral-
léle au plan de l’ombilic et placé dans le bord de la graine, à cotylédons foliacés, à radicule aboutissant presque à l'extérieur de la semence. Ce genre, dont l’/gnatia L. sup. n’est probablement pas distinct, a été placé parmi les Apocinées par Jussieu, Brown, À. Richard et tous les autres botanistes. M. de Candole propose, 1l est vrai, d’en faire une famille séparée (Theor. 1, ed. 217 et Prop. med. 208); mais il paraît que lui-même attache peu d'importance à cette idée, car non-seulement il ne donne point le diagnostic de ses Strychnées ; mais encore il ajoute en propres termes que ce groupe est mal connu , quant à ses caractères botaniques et à la circonscription des genres qui doivent le composer. J'ai étudié le genre Strychnos avec le plus grand soin, et il n’a semblé que les. caractères qui paraissent le distinguer du plus grand nombre des 4pocinées se nuanÇaient cependant si bien avec ceux de quelques genres qui appartiennent certainement à cette famille, qu’il serait impossible de le séparer d’elle. Les propriétés et les principes du Strychnos pseudoquina se retrouvent dans l’{pocinée , appelée par les Brasiliens Paratodo.On observe l’absence d’un suc propre laiteux jusque dans le genre Échites. Si la préfloraison est valvaire dans les Strychnos, elle n'est pas non plus décidément tordue dans l’#/yxra, puisqu’un des deux bords des pétales rentre en dedans à la manière des cloisons ; et M. de Candole lui-même a reconnu que la préfloraison n’était pas tordue dans toutes les Æpocinées. Le fruit est succulent dans beaucoup de genres qui apparliennent à cette famille. La structure extérieure et intérieure des graines, très-variable dans les Æpocinées , n’y a peut-être pas autant d’importance que d’autres caractères. Mais d’ailleurs des semences peltées avec un périsperme corné se retrouvent dans le fruit unique et succulent du genre Carissa qui a la préfloraison tordue, et un suc propre laiteux, souvent trèsabondant ; et dans le Carissa speciosa N. (Handcornia speciosa Bern. Gom Mem. Lis.1r1, p. 51) en particulier, j'ai observé, comme dans le S. pseudoquina, des semences déprimées et discoïdes avec l’ombilic placé au milieu de leur face, et un embryon droit, parallèle à l’ombilic ; à la vérité cet embryon est axile, tandis que celui des S. nux-vomica, potatorum et pseudoquina est rejeté vers le bord du périsperme ; mais cette différence est réellement peu de chose, puisque dans l’Zgnatia où l'embryon est plus alongé, il passe par le centre de la graine. Quoi qu'il en soit, l’absence du suc propre laiteux dans les Strychnos,
leurs nervures convergentes, et peut-être les propriétés du S. pseudoquina
achèvent de confirmer les rapports des 4pocinées et des Gentianées. EXPLICATION DE LA FIGURE.
1. Fleur très-grossie. — 2. Corolle vue à l’intérieur, — 3. Pistil. — 4. Coupe de Povaire uniloculaire et polysperme.
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