‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 24 sur 119 · EE Ê · texte numérisé non relu

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attachées par la base, immobiles, 2-loculaires , ayant la face tournée en dehors, et s’ouvrant longitudinalement. Sryre unique, profondément 3-partite, glabre, persistant; à divisions profondément 2-fides et ascendantes. Sricmares au nombre de 6 (autant qu’il y a de divisions au style), terminaux, à peu près en massue. Ovarre oblong, obtus, glabre, 1-loculaire, polysperme : ovules nombreux, attachés à trois placentas pariétaux. CaPsuLE entourée du calice, des pétales et des étamines desséchés, obtuse, glabre, à 3 valves : valves portant les semences dans leur milieu. D’après les semences que j'ai vues dans des fruits qui n'étaient pas encore mürs , je pense que le tégument propre extérieur est membraneux comme dans les Drosera Anglica et rotondifolia, et beaucoup plus long que l’amande.

Localités. Cette plante croît dans les marais des provinces de Saint-Paul , et Minas-Geraes. Elle fleurit de février en mars.

Qualités. Il ne suflit pas de connaître les plantes utiles ; il est necessaire encore de savoir distinguer celles qui sont nuisibles, pour pouvoir prévenir le mal qu’elles peuvent causer. C’est ce qui n’a déterminé à décrire et à faire figurer l'espèce dont il s’agit ici.

Il est peu de pays qui offrent des paturages meilleurs et aussi vastes que le Brésil; il en est peu qui soient aussi favorables à l’éducation des bêtes à laine que les parties élevées des provinces de Minas , Goyaz et Saint-Paul ; et quelques essais, qui pourtant n’ont été tentés que par des hommes ignorans et sans-expérience, tendent à prouver qu’on pourrait fabriquer avec la laine de certains cantons des tissus aussi fins que ceux des manufactures les plus renommées de France et d'Angleterre. L'état de la population ne permet pas encore que l’on forme au Brésil de grands établissemens de ce genre ; mais on devrait déjà s’y préparer , en cherchant à multiplier les bêtes à laine, en faisant venir d'Europe des béliers de bonne race, en essayant des croisemens , et en donnant quelques soins aux troupeaux. Dans la province de Rio-Grande, on en confie la garde tout entière à des chiens châtrés, auxquels on a fait

sucer le lait des brebis, et qui, élevés au milieu d'elles , ne les quittent plus, et deviennent leurs défenseurs. Mais dans les provinces de Minas, Goyaz, Saint-Paul, etc., où cette pratique est ignorée , les troupeaux sont nuit et jour abandonnés à eux-mêmes , et la seule précaution que l’on ait coutume de prendre consiste à les placer dans un lieu peu éloigné de l'habitation , et d’où ils ne puissent pas s'éloigner facilement. Les Brasiliens n’arriveront sans doute qu'avec le temps à une méthode systématique de soigner les bêtes à laine; mais dès aujourd’hui les cultivateurs qui se plaignent sans cesse de voir chaque jour diminuer leurs troupeaux, pourraient choisir avec plus d’attention les lieux où ils les placent; ils devraient éviter les endroits humides qui sont généralement si funestes aux moutons, et surtout les marais où croissent des Drosera. Gelles des espèces de ce genre qui se trouvent en Europe, sont considérées par un si grand nombre de cultivateurs comme dangereuses pour les bêtes à laine, qu’il est difficile de ne pas croire à la réalité des qualités nuisibles qui sont attribuées à ces plantes, et les espèces brasiliennes différent trop peu de celles d'Europe , pour ne point parüciper à leurs propriétés délétères. J’ai décrit ici l’espèce la plus commune du Brésil, et comme les autres , qui sontau nombre de douze environ, présentent à peu près le même aspect, on les distinguera facilement quand on connaîtra l’une d’elle (r).

Observations botaniques... I. Caractères génériques. — Le genre Drosera se distingue de la manière suivante : Carice profondément 5-fide, ou plus rarement 5-partite, le plus souvent un peu irrégulier. PétaLes au nombre de 5 , hypogynes ouinsérés au fond du calice, aliernes avec ses divisions , un peu onguiculés, ovales , très-obtus, glabres. ÉTAMINES insérées comme les pétales , alternes avec eux , plus longues que lovaire , glabres : filets aplatis : anthères obtuses , attachées par la base , immobiles , ayant la face tournée en dehors , et deux loges qui s'ouvrent longitudinalement. Srvre unique, terminal , profondément 3-5-partite ; dont les branches sont simples ou plus souvent profondément 2-fides , quelquefois divisées en lanières , dont la réunion ressemble à un pinceau. Ovare

(x) Ces douze espèces se trouvent décrites dans la 6° livraison de mes Plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay.

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