‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 4 sur 119 · DA AE CREER · texte numérisé non relu

DA AE CREER

A Cependant elle s’en distinguepar ses feuilles larges d'environ 3 à 4 pouces , elliptiques, obtuses, un peu décurrentes sur le pétiole et terminées par une pointe courte.

Localités. J'ai trouvé les Cinchona ferruginea, Velloziü et Remi- Jtana entre les 21° 45° de lat. sud et les 17° 50’. Ils croïssent à la hauteur de deux à quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer, sur les sommets arides et découverts de cette chaîne de montagnes qui s'étend du sud au nord dans la province de Minas, et qui forme la limite des bois vierges et des pays découverts. Ces trois plantes sont un indice à peu près certain de la présence du fer. On les trouve, entre autres , dans le voisinage de S. Joao-del-Rey, les alentours de filla-Rica, la Serra-dos-Piloes près $. Miguel-de- Mato-Dentro , Penha dans le termo de Minas-Novas, etc.

Etymologie. Ces plantes ont été appelées par les habitans du pays Quina da Serra, parce qu’elles croissent dans les montagnes, et Quina de Remijo, parce qu'un chirurgien de ce nom fut le premier qui en indiqua l'usage. J’ai appelé la première des trois espèces C.ferruginea, à cause de sa couleur; la seconde C. Fellozii en l'honneur de l’abbé Vellozo deVilla-Rica qui l'avait distinguée comme moi, et qui l’a brièvement indiquée dans lé Floræ Lusitanicæ et Brasiliensis specimen de Vandelli; et enfin la troisième C. Remijiana , alin de conserver le souvenir de celui auquel on est redevable de l'application de ces plantes comme fébrifuges.

Usages. Au milieu de tant de plantes auxquelles les Brasiliens donnent à tort le nom de Quina, les Cinchona ferruginea, Vellozi ei Remijiana doivent être distingués comme de véritables quinquina. Leur écorce amère et astringente ressemble singulièrement, pour la saveur , à celles du quinquina de l'Amérique espagnole; je ne doute pas qu'elle n’offrît les mêmes principes , et elle a été employée avec succès comme fébrifuge par les habitans des pays où on la trouve. Il faut avouer cependant qu’elle ne paraît pas produire .des résultats tout-à-fait aussi heureux que le quinquina du Pérou et le Strychnos

t{ pseudoquina. Mais comme on ne renconire pas cette dernière plante

dt. dans les lieux où croissent les trois quinquina dont il s’agit ici; 1ls | peuvent être employés comme d’utiles succédanées.

; Observations botaniques. On sait que le genre Cinchona se distingue par un : calice adhérent , 5—denté ; une corolle infondibuliforme a limbe quinquépariite ; k cinq étamines incluses ; un ovaire à deux loges polyspermes ; une capsule à D deux valves qui s'ouvrent par le milieu des cloisons (déhiscence septicide) ; des ui semences embriquées bordées d’une membrane irrégulière. Les trois espèces dé- # crites plus haut, présentant tous ces caractères, n’appartiennent évidemment +! | oint au genre Macrocnemum ; comme l'avait cru Vellozo. Ce qui au reste j à rend très-excusable l'erreur du botaniste brasilien, c’est que, pendant long- £ temps, les caractères de ce dernier genre ont été tracés d’une manière extrèe- mement vague, et de nos jours seulement on a reconnu qu'il se distinguait

essentiellement du Cinchona par sa déhiscence loculicide. (F7. Kunth Nov., + gen. I, pe 898.) Quoi qu’il en soit, on ne saurait nier que les C. ferruginea , 4 h V'ellozi et Remijiana ne diffèrent beaucoup par leur aspect des autres Cfnchona , et ils pourraient former, dans ce genre, une section bien caractérisée par ( l'inflorescence et la structure très-remarquable des feuilles.

ù EXPLICATION DES FIGURES.

Cinchona ferruginea.

1. Fleur très-grossie. — 2. Intérieur de la corolle. — 5. Calice adhérent très - grossi.— 4. Style et stigmate id. — 5. Coupe longitudinale de l'ovaire très-grossi. a Nectaire épi- t à gyne. b Ovules. —6. Capsule de grandeur naturelle. — 7. Coupe horizontale de la capsule | un peu grossie. — 8. Semence grossie.

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EXOSTEMA CUSPIDATUM.

EXOSTEMA CUSPIDÉ.

FAMILLE DES RUBIACÉES.

Æ. foliis magnis, lanceolato-ovatis,,cuspidatis, nervosis, subtus villosis ; panicul& terminali ; limbo calycino obscure quinquedentato, ovario longiore; filamentis medio villosis ; stugmate bifido.

Nom vuloaire : Quina do mato.

Description. Trce arborescente, droite, haute de 8 à ro pieds et peut-être davantage. Frurrres opposées, pétiolées, longues de 9 à 15 pouces, lancéolées-ovales , aiguës à la base, légèrement obtuses à leur sommet, terminées assez brusquement par une pointe aiguë ,

un peu ondulées sur leurs bords, pubescentes en dessus, velues en

dessous : nervure moyenne très-velue, saillante en dessus et en dessous : nervures latérales, arquées, ascendantes, également saillantes et velues : veines ne paraissant qu’en dessous et s’étendant d’une nervure à l’autre : pétiole court, velu, anguleux en dessous , canaliculé en dessus. SrrPuLes caduques. Panrcuze terminale, plus courte que les feuilles, étalée, velue, blanchätre, portée par un pédoncule triangulaire et velu, long de 2 à 3 pouces : rameaux de la panicule presque horizontaux, comprimés , divisés, accompagnés, ainsi que leurs divisions, de bractées ovales-aigués, larges à la base, glabres en dessus, velues en dessous. Freuns sessiles ou presque sessiles, réunies au nombre d'environ trois à six à l’extrémité des subdivisions de la panicule et accompagnées de bractéoles d’une forme semblable à celle des bractées. Cazice turbiné, velu, blanchâtre; son limbe est sensiblement évasée, plus long que la partie adhérente et à cinq dents peu marquées, Corozge tubulée, 5 — fide, longue de 2 à 4 lignes, blanche, dont le tube est sensiblement plus étroit que le limbe du

calice, pubescent par intervalles et garni à son entrée de poils nom- N° HIT. - 1

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breux et serrés; dont les divisions sont oblongues, très-obtuses, ré-

fléchies dans leur moitié supérieure et plus longues que le tube. Cinq ETAMINES s’élevant hors de la corolle, alternes avec ses divisions, insérées un peu au-dessus de la moitié du tube : filets barbus au milieu de leur face : anthères linéaires, glabres, bifides à léur base, attachées par le dos un peu au-dessus de cette même base , biloculaires et s'ouvrant longitudinalementsSry1re glabre, divisé jusqu’au tiers ou environ en deux branches linéaires - lancéolées , obtuses , épaisses, stigmatiques à la face. Necrarre épigyne déprimé, entourant la base du style sans y adhérer. Ovarre adhérent, biloculaire, polysperme : ovules extrêmement nombreux, attachés dans chaque loge à un placenta proéminent , mais point embriqués. Je n'ai pas vu le fruit.

Localités. Cette plante croît dans les bois vierges du Brésil méridional.

Avec l'espèce précédente, on en confond très-aisément une autre qui cependant en est fort distincte et que nous allons décrire ici. Ne pouvant la figurer tout entière, nous donnons cependant le dessin de la fleur et du fruit.

EXOSTEMA AUSTRALE.

EXOSTEMA AUSTRAL.

Æ. foliis MAgnIs ; OVALIS, NeErVOSIS, inferne subvoillosis ; panicul& terminalt , sessili, profunde tripartité ; limbo calycino ovario multo breviore, quinquelobo ; staminibus glaberrimis ; stigmate indiviso.

Description. Vice arborescente. Feurices ressemblant beaucoup à celles de l'Exostema cuspidatum , opposéess péuolées, longues de 12 à 19 pouces, larges de 7 à 8, ovales, aiguës à la base et un peu décurrentes sur le pétiole, obtuses au sommet ou à peine aigués,

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tres-légèrement sinuées et un peu caleuses sur les bords, à peine pubescentes en dessus, un peu velues inférieurement, munies d’une nervure moyenne velue, saillante en dessus et en dessous; de nervures latérales presque horizontales également saillantes et velues, et enfin de veines qui ne paraissent qu’en dessous et s'étendent d’une nervure à l’autre : pétiole fort court, velu, convexe en dessous, canaliculé en dessus. Sripuzes persistantes, ovales-triangulaires , trèsaiguës, velues en dehors sur le milieu. PAnrcULE terminale, sessile, longue d'environ 7 pouces à un pied, velue, divisée dès la base en trois branches dont les deux intermédiaires plus courtes : rameaux de la panicule opposés , comprimés, divisés et subdivisés en ramules également comprimés, rarement alternes; les divisions principales de la panicule sont accompagnées de bractées linéaires-subulées, velues en dehors, entre lesquelles se trouvent des stipules triangulaires également velues à l'extérieur. Freurs longues d’environ 3 lignes, portées par des pédicelles très-courts et glomerulées à l'extrémité des dernières divisions de la panicule. Caztcr turbiné, velu ; à limbe beaucoup plus court que la partie adhérente, plus étroit qu’elle et quinquélobé. Cororre quinquéfide, dont le tube est plus court que les divisions qui sont ovales, très-obtuses, courbées en dedans, un peu pubescentes à leur base. Éramwines au nombre de cinq, parfaitement glabres, plus longues que la corolle, insérées au sommet du tube et entre ses divisions : anthères elliptiques, courtes, ayant la face tournée vers le centre de la fleur. Sryre velu. Srrc- MATE indivis et en tête. NEcrarrE épigyne, très-déprimé. Ovarre biloculaire , polysperme : ovules très-nombreux, attachés dans chaque loge à des placentas charnus, proéminens. Carsure turbinée-ovoïde, terminée par le limbe persistant du calice, velue, biloculaire, poly-

sperme , s’ouvrant en deux valves qui, lors de la déhiscence, parta-

gent dans son épaisseur, la cloison dont chaque moitié offre alors une interruption auparavant remplie par les placentas. SEMENGES trèspetites, semblables à de la sciure de bois, comprimées , de forme trés-variable , munies d’un bord membraneux, étroit et presque entier.

A | Localités. Cette plante croît dans les bois vierges du Brésil méridional : on Îa trouve Jusque dans les environs de $. Paul.

Usages. Dans plusieurs parties du Brésil, on se vante de posséder les Quinquina du Pérou; mais le plus souvent on a donné le nom de Quina à des plantes qui n’appartiennent point aux vrais Cinchona. Celles dont je viens-de donner la description sont de ce nombre. A la vérité elles se rapportent à un genre très-voisin , l'Exostema, qui fournit les écorces vulgairement connues sous les noms de Quinquina Piion, Quinquina des Antilles, etc. ; mais quoique ces écorces soient Tébrifuges , l’on n’y a trouvé ni quinine, ni cinchonine , €t leurs propriétés sont beaucoup moins actives que celles des véritables Quinquina. L'écorce des Exostema cupidatum et australe peut également être employée dans les fièvres intermittentes à défaut de médicamens plus efficaces ; cependant beaucoup plus aqueuse, moins astringente et même moins amère que celles des Cinchona Jerruginea, Vellozii et Remijiana, elle paraît leur être fort inférieure en qualité, et elle confirme par conséquent ce qui avait été observé dans les autres espèces congénères *.

Observations botaniques. Le genre ÆExostema n’est qu'un démembrement des Cinchona, et, quoiqu'il ait été formé de nos jours, les auteurs ont déjà beaucoup varié sur ses caractères. Voici ceux qu'ils lui ont le plus généralement attribués : une corolle glabre à tube fort long ; des étamines se montrant en dehors, qui, suivant les uns, sont insérées au bas du tube, et, suivant les autres, le sont à son sommet ; un stigmate en tête ; des semences peu nombreuses, munies d’un bord entier. Mais, 1° la corolle est glabre dans beaucoup de véritables Cinchona ; d’un autre côté, elle est soyeuse dans lÆ. Péruvraaum (Kunth Nov. Gen. vol. 1), et elle a le tube pubescent par intervalles dans VE. cuspidatum ; 2° le tube est assez court dans cette dernière planteet lÆ. aus-

* On trouve dans les Mémoires de l’Académie de Lisbonne (vol. 1, 2° part., pag. 96), une analyse chimique très-soignée d’une écorce envoyée de Rio-de-Janeiro sous le nom de Quina ; mais cette analyse est presque sans utilité , parce qu'on n’y a pas joint la description de l’arbre qui avait fourni l'écorce analysée et qu’on ne peut dire avec une entière certitade à quelle éspèce il appartenait. Cela seul prouverait la nécessité de Joindre des descriptions botaniques aux observations que l’on fait sur les principes et les propriétés des plantes.

men. trale, beaucoup plus court même que dans une foule de vrais Cinchona, et f pourtant il est impossible de ne pas faire entrer ces deux espèces dans le F | genre Æxostema, puisqu'elles ont des étamines sortantes ; 3° les organes mâles ‘#el

sont insérées au sommet du tube dans les Æ. Peruvianum et australe, au fond

“a du tube dans les espèces indiquées par Rœmer et Schultes, enfin un peu au | ln dessous du milieu dans l£. cuspidatum ; ainsi la position des étamines ne Al fournit point ici de bons caractères; 4° on n’en peut pas tirer de meilleurs “qu du stigmate : en effet il est bilobé dans P£. Peruvianum ; on Findique comme ui bilamellé dans lPÆ. Philippinum ; ses divisions très-apparentes dans VE. cusse pidatum yÿ ont au moins le cinquième de la longueur du style, et enfin il est { el entier dans l’£xostema australe si voisin du cuspidatum ; 5° je trouve dans lÆ. PE pre australe, comme M. Kunth dans le Peruvianum, des semences à bords fort À Dune étroils et presque entiers ; mais on n’a pas étudié ce caractère dans toutes | gale les espèces , et ainsi l’on ne peut assurer qu'il soit général. Le seul donc qui séné. pare clairement les £xostema des Cinchona se trouve dans les étamines qui, G chez ces derniers , sont renfermées dans le tube, tandis que celles des £xos- € OU e ee . :

A tema sortent en dehors. Cette différence facile à saisir semble d’abord artifine - cielle ; cependant elle paraît avoir ici une haute importance, puisqu’elle coïn- j te cide avec les principes mêmes des plantes qui nous occupent, et que des = serré étamines incluses indiquent, dans les Cénchona , des propriétés plus héroïques, tandis que des étamines sortantes sont, dans les Exostema , l'indice de l'absence de la quinine et de la cinchonine et en même temps celui de vertus moins : efficaces. | | + EXPLICATION DES FIGURES. | W À. Exostema cuspidatum. — 1. Fleur grossie. —2. Intérieur de la corolle : ses divisions sont tronquées artificiellement pour laisser voir les éfamines. — 3. Style et stigmate. — ra 4. Calice adhérent très-grossi. — B. Exostema australe. — 1. Fleur très-grossie. — ‘ guraut 2. Capsule de grandeur naturelle. — 3. Capsule très-grossie. — 4. Une des deux valves DOQ- de la capsule montrant que la déhiscence est loculicide. — 5. Semence grossie munie d’un ; | Y bord étroit et membraneux , lequel estindiqué dans le dessin par l'intervalle compris entre

les deux lignes du contour.

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B. EXOSTEMIA AUSTRALE,

EVODIA FEBRIFUGA.

EVODIE FÉBRIFUGE.

FAMILLE DES RUTACÉES.

E. caule arboreo; folis ternatis ; Joliolis lanceolato-ellipticis , suba- Cuminatis ; paniculé terminali , pubescente ; nectario simplict; OVario muricato.

Noms vulgaires : Tres folhas vermelhas. Larangeira do mato. — Quina.

Description. AnrBre élevé; dont les ramules sont anguleux, rouges, un peu pubescens au sommet. Feurrres opposées ou presque opposées, sans stipule, pétiolées , glabres, trifoliées. Folioles courtement pétiolées, lancéolées-elliptiques, un peu acuminées, très-entières, parsemées de points transparens , longues de 2 à 7 pouces, dont les deux latérales sont plus courtes que l'intermédiaire : quelquefois les deux feuilles les plus voisines de la panicule sont simples. Pantcure terminale, pubescente , pédonculée, longue de 4 à 5 pouces , dont les rameaux sont accompagnés de bractéoles semiovales, concaves, ciliées, un peu scarieuses. FLEuRs portées par des pédicelles bractéolés. Cazrcr petit, 5 — partite, un peu étalé, pubescent, à divisions semi-ovales, obtuses. Pirates au nombre de cinq, hypogynes, égaux, plus longs que le calice, linéaires-ovales, obtus, pubescens en dessous, parsemés de points transparens , un peu plus minces sur les bords. ÉramiNEs au nombre de cinq, alternes avec les pétales, hypogynes, glabres : anthères cordiformes, > — loculaires, s’ouvrant longitudinalement. Necrarre simple , cupuliforme , à dix côtes, entourant l’ovaire > €t l’égalant en hauteur. STYLE très-court, glabre, un peu épais. SriGmATE terminal, obtus. Ovarre orbiculaire, déprimé, plane au sommet, purpurin , chargé de pointes, divisé extérieurement en cinq lobes rapprochés et bifides, et intérieurement en cinq loges dispermes : ovules ovales,

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e p ’ A > Ee , e comprimés , attachés à l’angle interne des loges et péritropes. Je n’ai pas vu le fruit.

Localités. Cet arbre croît dans les bois élevés de la province des Mines, et en particulier auprès d’Jtabira-de-Mato-dentro. Usages. L’écorce et même le bois de cette plante sont extrême ment amers et astringens, et on les substitue avec beaucoup de succès au quinquina du Pérou, surtout comme fébrifuges. L'efficacité de ce remède doit être d'autant moins révoquée en doute, que ses propriétés se retrouvent au même degré dans une plante de la même famille, le fameux Cusparé, (Galipea Jebrifuga N. Vulg. : Cortex angusturæ); et l'Evodia Jebrifuga peut devenir pour les habitans de la partie orientale de la province des Mines, ce qu’est l'écorce d'angusture pour ceux des bords de l’Orénoque. Je soupçonne que c’est à l'Ævodia febrifuga qu’il faut rapporter une écorce très-vantée que quelques Mineurs apportent à Rio-de-Janeiro, sous le nom de Casca 3 de larangeira da terra, et dans laquelle le docteur Bernardino An- | tonio Gomez dit avoir trouvé de la cinchonine. (V. Mém., Lisb. III,

Observations botaniques. M. de Candole avait déjà pressenti la nécessité de rétablir le genre Ævodia de Forster, et l'adoption de ce. genre devient indispensable aujourd’hui que M. Kunth a prouvé l'identité générique des Zantoxylum et du Fugara. Le genre Ævodia sera caractérisé de la manière suivante : Calice 4—5 fide on 4—5 partite. Pétales 4—5 hypogynes , égaux, plus longs que le calice. Etamines en nombre égal à celui des pétales , allernes avec eux , hÿpogynes : anthères mobiles , biloculaires. Nectaire simple, cupuliforme ou quatre glandes hypogynes. Style unique , très-court. Stismate terminal , obtus. Ovaire k—5 lobé ou 4—5 partie , à loges dispermes : ovules péritropes attachés à l'angle interne des loges. 4—5 coques pour fruits.— Arbres ou arbrisseaux. Feuil- | les opposées , pétiolées , trifoliées , sans stipules. Fleurs en corymbes axillaires ou en panicules terminales. Le genre Evodia fait partie de la tribu des Rutacées proprement dites.

EXPLICATION DES FIGURES

ÿ 1. Fleur très-grossie. — 2. Pétale détaché : le bord plus mince et plus transparent est indiqué par un double contour. — 3. Intérieur de la fleur : & calice, à pétales, c filets des étamines sans leurs anthères, d nectaire à dix côtes cachant l'ovaire , € Style, f'stigmate.

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SIMARUBA VERSICOLOR.

SIMARUBA BIGARRÉ.

SIMAROUBÉES.

S. foliüs pinnatis; foliolis oblongo-ellipticis, obiusissimis , r'elusis , nervo medio pubescente; paniculé terminal laxa; floribus diœcis

decandris.

Nom vulgaire : Paraïba.

Description. Petit arbre rameux, haut de 5 à ro pieds. Feurrres sans stipules, alternes, pétiolées, pennées sans impaire, longues de 5 à 12 pouces, portées par un pétiole assez court, glabre et rougeätre : folioles au nombre de huit à quatorze, alternes, pétiolées, longues d’un demi pouce à trois, oblongues-elliptiques , très-obtuses , échancrées au sommet, vertes et glabres en dessus, blanchâtres à la surface inférieure qui est quelquefois chargée de poils, pourvues d’une nervure moyenne rougeâtre et pubescente : ces folioles diminuent un peu de grandeur de la base au sommet, et la dexnière qui, le plus souvent avorte, est alors remplacée par une petite pointe. PanIcuLE terminale, lâche, divisée en cinq à neuf rameaux alternes, écartés, trèslongs, grêles, anguleux, un peu aplatis, glabres, rouges, accompagnées à la base d’une feuille pennée semblable à celle de la tige, mais plus petite; divisions secondaires de la panicule très-courtes , plus ou moins rameuses , le plus souvent solitaires, quelquefois au nombre de deux à trois, munies ainsi que les divisions primaires supérieures, d’une bractée simple, spatulée, rétrécie en pétiole. Freurs agglomérées, longues d'environ 3 lignes, portées par un pédicelle trescourt, à peine pubescent, chargé à la base de très-petites bractées. Mâles. Carxcr irès-petit, en forme de cupule, glabre, un peu épais,

à cinq dents profondes et obtuses. Pérazes au nombre de cinq, hypogynes, égaux entre eux, beaucoup plus longs que le calice, étalés , No V. -

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lancéolés-oblongs ; un peu larges à leur base, terminés par deux dents inégales, légèrement épais, glabres , d’un jaune vert avec le bord pourpre, se recouvrant par leurs bords avant la floraison. Éramines 10, hypogynes, plus courtes que la corolle : filets glabres, subulés, chargés d’une écaille un peu épaisse, spatulée, très-obtuse, ciliée au sommet : anthères elliptiques, 2 — loculaires , 2 — fides à la base, attachées au dos immédiatement au-dessus de la fente,

et s’ouvrant longitudinalement du côté de la face. Gynopnore cylin-

drique, plane au sommet, pubescent, à dix côtes. Ovarre entièrement avorté. Je n'ai pas vu les fleurs femelles.

Localités. Cette plante croît assez abondamment dans les pâturages de la province de Minas-Geraes , voisins du Rio-de-$.-Francisco (certao). Elle fleurit au mois d'août.

Usages. Le S$. versicolor a l'écorce et les feuilles amères comme le Simaruba amara et toutes les espèces de la même famille, et il doit par conséquent participer à leurs propriétés. Les habitans du certao considèrent son écorce infusée dans de l’eau-de-vie comme un spécifique contré la morsure des serpens venimeux. Ce qu'il yade certain, c’est qu'on l’emploie avec le plus grand succès pour guérir la maladie pédiculaire des hommes et surtout celle des chevaux qui est assez fréquente dans ces contrées. Un fait que je vais rapporter achèvera de prouver la réalité de cette propriété: J'avais mis quatre échantillons du S. versicolor dans une caisse qui contenait un très-grand nom-

bre de plantes de différentes familles ; toutes ont été dévorées par un

nombre prodigieux de larves de DriRais) et les seuls échantillons du Simaruba sont restés intacts. Peut-être sera-t-on tenté d’expliquer ce fait, en supposant que le principe amer est très-concentré dans notre

planté et la partie féculente en petite quantité; mais comment se fe-

rait-il alors que des espèces d’une saveur beaucoup plus amère, telles que le Simaba floribunda et l’'Epodia febrifuga qui croissent également dans la préviriee de Minas, aient été rongées, tandis que les insectes ont épargné la plante dont il agit? Quoi qu’il en soit, il reste

bien démontré que le S: persicolor est entièrement contraire à ces

animaux ; du certao, on pourrait l'envoyer sur la côte et dans.les pays de boïs vierge où il ne croît point, et il remplacerait pour tout le Brésil les anti-vermineux les plus puissans: — On sait aussi que le Simaruba de Cayenne a été employé avec avantage comme vermifuge. Il est à croire, d'après ce qui précède, que notre plante aurait cette propriété à un degré plus éminent encore. Quelques habitans du certao m'ont dit, il est vrai, qu'ils la considéraient comme un poison ; mais 1l est vraisemblable -quesi elle est: dangereuse pour l’homme, ce n’est, comme la plupart des amers, qu’à une trop forte dose ou lorsqu'on en fait une fausse application. Il est évident au reste qu'un simple soupçon de ce genre doit engager à ne faire des essais qu'avec les précautions convenables.

Etymologie. Le nom spécifique que Je donne à ma plante n est autre chose que la traduction de son nom vulgaire Paraiba, qui vient

des deux mots indiens para diversité et 1ba arbre. On la appelée

ainsi à cause du mélange de couleur produit à la fois par ses feuilles dessous et par le rouge des pé-

vertes en dessus et blanchätres en tioles, des nervures et des rameaux de la panicule.

Observations botaniques. Le genre Simaruba est tres-voisin des genres Quassia et Simaba (Simaba et Aruba. Aubl. et Jus.); cependant on peut les conserver

tous les trois, à cause des différences tres-sensibles du port aidées de quel-

ortans tirés de la fructification. Ainsi le Quassia à des pétales rapprochés et connivens et de longues étamines sortantes ; les fleurs sont hermaphrodites dans le Simaba dont les feuilles se distinguent aussi de celles des Simaruba par leurs folioles opposées ; enfin ce dernier genre est bien caractérisé par des fleurs unisexuelles dont les mâles ont un calice petit a cinq et rarement à quatre ou six divisions ; cinq pétales hypogynes ouverts rarement quatre ou six, dix étamines incluses à filamens chargés d’une écaille et un gynophore central sans pistils. Je n'ai vu les fleurs femelles d'aucune espèce ; mais je crois pouvoir conclure de la description qu’a donnée Aublet du Simaruba amara que le genre Simaruba offre, comme toutes les Simaroubées, (Ex. : Quassia amara , Simaba Guyanensis Aubl., floribunda , suaveolens , trichilioïdes, ferruginea Aug. de S. Hil.) Cinq styles bientôt sondés en un seul, cinq

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f sigmates elenfin cinq ovaires uniloculaires et monospermés où lovule est suspendu dans l'angle interne et qui sont placés sur un gynophore (et non evnobase) en forme de colonne. Les Simaroubées sont intermédiaires entre les Ochnacées et les Rutacées ; mais beaucoup plus voisines de cette dernière famille, elles ne paraissent même ne devoir en faire qu'une simple tribu *.

EXPLICATION DES FIGURES

1 Fleur grossie. — 2. Pétale détaché. — 3. Étamine chargée de son écaille. — 4. Pédoncule chargé d’une étamine a et du gynophore à dix côtes à.

À Voyez mon Mémoire sur le Gynobase, destiné à faire partie de l'Histoire des Plantes les plus

remarquables du Brésil et du Paraguay.

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CEPHAELIS IPECACUANHA.

CEPHAELIS IPECACUANHA.

FAMILLE DES RUBIACÉES.

C. caule simplici, sæpius erecto ; foliis lanceolato-ovatis, acutis, bast acuminatis , integerrimis, suprà& scabriusculis, subtus subpubescentibus ; capitulo terminali pedunculato, solitario; pedunculo pubescente; involucro 4-polyphytllo.

Cephaelis Ipecacuanha. Rich. Hist, Jp. p. 21,1. 1. — Kunth Nov. gen. ut, p. 376.— Rœm. et Schult. Syst. x, p. 210.— Mart. Reis. 1, p. 364.

Ipecacuanha officinalis, Ærud. Disc, p. 44.

Cephaelis emetica, Pers. Syn.1, p. 203, (excl. syn. Lin. et JVild. )

Callicocca Ipecacuanha. Brot. Act. Lin. Lond. vr, P>. 137. —Bern. Ant. Gom. Mem. Ip. 27 , tab, 1.—Mer. Dict, Med. xxvr, p.2.

Jpecacuanha, Marc. Bras. 17. — Pis. Bras. 231.

Noms vulgaires : Poaya; P mya do mato; Poaya da botica ; (en France) Ipecacuanha.

Description. Une Soucr horizontale de la grosseur d’une plume de corbeau, produit des racines inférieurement, et des tiges à la partie supérieure. Racines longues de 2 à G pouces, grêles à la base, augmentant ensuite de grosseur, mais atteignant rarement celle d’une plume à écrire, marquées horizontalement d’anneaux assez épais et irréguliers , blanches en dedans, d’un gris noirâtre à l'extérieur. Tiezs droites ou ascendantes, hautes d’un demi pied à un pied et demi, simples, quelquefois un peu coniournées, arrondies à la base, obscurément tétragones au sommet, glabres inférieurement, pubescentes aux entrenœuds supérieurs. FEUILLES au nombre de 4 à 12, opposées, stipulées, portées par un court

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