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turellement dans les parties du-Brésil situées entre les tropiques ( 1), les habitans de ces contrées pourraient tirer de Monte-Video des graines du Burracha chimarona.- Cette espèce réussifait chez eux probablement mieux que toute -autre Borraginée, puisque
déjà naturalisée en Amérique, -elle commence à s'étendre d’ellemême assez loin vers le nord.
Observations botaniques. — Synonymie. — Plus les contrastes sont sensibles ' moins on fait d'attention à des nuances légères, Lorsque après avoir observé pendant plusieurs années des plantes entièrement étrangères à notre Flore, Je retrouvai quelques espèces européennes, je fus uniquement frappé de la différence qui existe entre celles-ci et les premières ; les modifications de détail disparurent à mes yeux pour un instant, et @est ainsi que J'appliquai à lÆchium dont je viens de donner la description, le nom de l'espèce que J'avais rencontrée le plus souvent dans ma patrie. À peine arrivé en France, Je m'empressai de rédiger un apercu de mon voyage (Mém. mus. vol. IX), et, en citant mon Æchium, je le désignai sous le nom que je m'étais accoutumé à lui donner, celui d’'£chium vulsare. Ayant depuis retrouvé dans l'herbier de M. de Jussieu quelques échantillons de mon espèce avec des étiquetles qui portent le nom d'Æ. maritimum insularum Stæchadum Jloré maximo cæruleo ; et qui ont été écrites par plusieurs botanistes connus contemporains de Tournefort, je crus avec l'illustre auteur du Genera que cette même espèce était l’Æ. maritimum de Wildnow, identique , suivant ce dernier auteur, avec l’Echium insularum Stæchadum de Tournefort. Ce fut donc sous le nom Æchium maritimum que, dans mon Æistoïre des plantes les plus remarquables, Yindiquai la Borraginée du Rio de la Plata. Lorsqu’ensuite J'ai voulu décrire ma plante avec détail, je l'ai comparée avec les échantilons mêmes de lherbier de Tournefort, et je me suis bientôt convaincu que VE, maritimum insularum Siæchadum flore maximo cœæruleo n’était point mon espèce. Il était de mon devoir d'étudier la synonymie de cette dernière avec d'autant plus de scrupule que j'avais deux erreurs à réparer. J'ai consacré à ce travail un temps peut-être beaucoup trop considérable ; J'ai consulté soigneusement les livres et les herbiers, et ce n’est qu'après bien des hésitaions que je suis parvenu à fixer mes idées sur quelques points. Je ne ferai pas suivre au lecteur la route fastidieuse que j'ai parcourue; je me conten-
(1) Jene parle point ici des Heliotropium qui font le passage des Borraginées propre-
ment dites aux Sébenestiers , et qui , probablement, sont beaucoup moins mucilagineuses que la Bourrache , la Buglose, etc.
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(1) Dan:
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terai d'indiquer les résultats que j'ai obtenus. 4° Mon Æchium est absolument semblable à celui que Commerson recueillit près de Monte -Video en 1767, et que Poiret à décrit depuis sous le nom d’'Æ. Bonariense. 2° La plante du Rio de la Plata est plus ou moins identique avec une espèce dont on trouve des échantillons dans tous ‘les herbiers;- et qui croît dans le midi de l’Europe ; les Canäries et le nord de PAfrique.3° Si-ces échantillons -sont quelquefois plus rameux et plus diffus que les miens, s'ils ont des feuilles plus grandes ou plus petites , plus dures ou plus molles, des poils-plus ou moins blancs, plus ou moins rudes au toucher, il est évident que ces modifications peu importantes tiennent aux différences du sol et du- climat et à celle des époques où la plante a été recueillie, 4° Ces mêmes échantillons sont indiqués dans les herbiers quelquefois sous les noms d’Z. maritimum ou gran< diflorum, Desf., plus souvent. sous ceux. de plantagineum et violaceum (2). 5° La comparaison de ma plante avec celle de l'herbier de Tournefort m'a démontré, comme je l'ai dit, que le nom de maritimum ne convenait pas à l'espèce du Rio de la Plata. 6° Après avoir comparé cette espèce avec le grandiflorum de Desfontaines, j'ai également reconnu qu'il n’y avait nulle identité. 7° Quoiqu’un grand nombre de botanistes aient pris la plante dont il s’agit pour lÆ. aiolaceum , il ne paraît pas qu’on puisse la rapporter au violaceum de Linnée. 8° Mes recherches m'ont conduit à penser qu’elle n’était autre chose que l’Æ. plantagineum de cet auteur, de Wildnow et de beaucoup d’autres botanistes, dont les descriptions sont cependant presque toutes vagues ou incomplètes. 4° La plante qne M. Jacquin a figurée dans l'Hortus Vindebonensis sous le nom d’Echium plantagineum, diffère à la vérité de quelques-uns de mes échantillons, parce que les feuilles sont oblongues, au lieu d’être ovales; mais d’autres échantillons que j'ai cueillis au milieu des premiers, et qui d’ailleurs n’en diffèrent point, ont des feuilles oblongues ou même linéaires-oblongues ; donc la différence sur laquelle le laborieux Rœmer a fondé son Æ. plantaginoïdes est de nulle valeur. Les autres modifications fort légères indiquées par Jacquin sont évidemment le résultat de la culture, et cet Æchium plantaginoides dont on ignore la patrie, doit disparaître des catalogues. Si M. Rœmer eût vu comme moi les échantillons mêmes de l’herbier de M. Desfontaines, il n’aurait pas trouvé sans
(1) Dans l’herbier de Ventenat , par exemple , cette même espèce était indiquée sous les quatre noms de Bonariense, maritimum, violaceum et plantagineum. Les E. violaceum et plantagineum de V’herbier de France de M. de Candole, conservé au Muséum de Paris, paraissent appartenir à la même espèce; mais l’un des deux échantillons aura
été probablement recueilli à la campagne et l’autre dans un jardin,