D 2. AE PL AMAR
nervure moyenne proéminente et roussätre en dessous ; veines latérales à peine sensibles; pétiole long d'environ 9 [., convexe en dessous, canaliculé en dessus. OmBELLEs assez nombreuses, pédonculées, munies d’un involucre, composées le plus souvent de 4 fleurs, quelquefois de 3 ou de 5 ; pédoncules rapprochés , longs de 3 à 4 L., naissant au sommet des rameaux à l’aisselle de bractées longues de 3 à 4 L. linéaires-lancéolées , aigües, concaves, munies d’une côte sur le dos et très-caduques : pédicelles plus longs que les pédoncules , atteignant 9 à 15 1. et un peu divergens : folioles de l’involucre au nombre de 3 à 4, ovales-oblongues, très-obtuses , concaves , extrêmement caduques. GCazice parfaitement entier et tout-à-fait clos avant l'épanouissement de la fleur, se déchirant, lorsqu’elle s'ouvre, en deux ou rarement trois divisions ovales-orbiculaires, très-concaves, quelquefois rougeâtres , persistantes, PÉTALEsS au nombre de neuf, plus souvent dix, inséréssous le gynophore, longs d'environ 3 L., larges d’une et demie, oblongs-linéaires, obtus, de couleur blanche, marqués de points transparens et ne persistant point autour du fruit. Gynopnore très-court, épais, cylindrique. Éra- MINES nombreuses et attachées sur les côtés du gynophore ; filamens linéaires, très-aplatis : anthères immobiles , petites , arrondies, 2-loculaires, tournées vers les pétales; à loges parfaitement distinctes, rapprochées au sommet, écartées à la base, s’ouvrant longitudinalement. Ovatres au nombre de cinq à six , attachés au sommet du gynophore , longs d'environ une 1. et demie , obovés , trèsobtus, bossus au sommet du côté extérieur retréci en un pédicelle court et épais , offrant à l’intérieur une seule loge à 8 semences ; péricarpe charnu. Ovuzes pariétaux , suspendus , embriqués , attachés sur deux rangs dans l’angle de la loge qui regarde le centre de la fleur. SricwmaTes en nombre égal à celui des ovaires, présentant la forme d’un mamelon, un peu latéraux, obliques , plus rapprochés du centre de fa fleur que du côté opposé. Je n'ai point vu les fruits de cette variété , ni ceux des deux suivantes. Je décrirat ceux de la variété que J'ai étudiés avec soin.
Sven
Var. g sylvatica ( des bois }).
ARBRE souvent assez élevé. Feurrtrs simplement oblongues , proportionnément plus étroites et plus aigües que dans toutes les autres variétés , blanches en dessous » atteignant souvent surtout dans les rameaux qui ne sont point en fleurs la longueur de 5 à 6 pouces. Omperres trés-nombreuses , fort rapprochées , composées le plus souvent de 5 fleurs et formant par leur réunion des bouquets élégans et serrés : pédoncules naissant au sommet des rameaux à l’aisselle des bractées caduques : pédicelles Proportionnément plus grêles que dans les autres variétés, plus longs que le pédoncule et atteignant un pouce et demi à deux pouces. P£rares le plus souvent au nombre de 10, longs de 5 à 7 L:;, linéaires, aigus.
Var. +. axillaris (à fleurs axillaires ).
ARBRE peu élevé dont les rameaux sont glauques. Fevirres longues de 2 à 3 pouces, d’un blanc glauque en dessous , marqués de points transparens plus faciles à apercevoir que dans les autres variétés ; nervure moyenne rougeâtre. PÉDONCULES plus courts que les pédicelles , chargés le plus souvent de 5 fleurs ; ne naïssant point à l'aisselle, de bractées, mais à celle des feuilles supérieures. PÉTALES le plus souvent au nombre de 10, longs d’environ 6 1., oblongslinéaires, évidemment plus étroits à la base, un peu aigus au sommet.
Var. a montana (des montagnes ).
ARBRISSEAU d'environ cinq à quinze pieds , peu rameux. Fevr- LES très-rapprochées ,plus petites que dans les autres variétés, longues d’un pouce à un pouce et demi, obtuses, souvent un peu échancrées. PÉDONCULES ni rapprochés, ni nombreux, tantôt simples et uniflores, tantôt divisés et alors plus longs que les pédicelles, le plas souvent latéraux et naissant entre les feuilles à l’aisselle de bractées caduques. Freurs plus petites que dans les autres variétés. Pérares au nombre de douze à quinze, oblongs-linéaires, obtus. Bates lon gues de 2 à 31., obovées, bossues sur le dos, obtuses, noires. Semences
suspendues , longues d'environ une 1., noires, lisses, luisantes, de forme variable, et, suivant qu’il avorte un nombre d’ovules plus ou moins considérable, tantôt ovoïdes, plus dù moins irrégulières , trigones, convexes sur le dos, planes sur les côtés, aigües à la base, obtuses au sommet; tantôt virguliformes, aplaties, convexes à l’une des faces, un peu concaves sur l’autre. TÉcumENTr PRoPRE adhérent au périsperme, parsemé de points glanduleux, double; l'extérieur crustacé ; l'intérieur membraneux. Omsirc à l'extrémité aigue de la semence : chalaze à l'extrémité obtuse ; raphe linéaire. Amanne présentant la forme d’une virgule et chargée de points glanduleux qui la font paraître tuberculeuse. PérisPermE charnu, succulent. Emprvon extrémement peut, placé dans la base du périsperme et sortant un peu hors de la substance de ce corps.
Localités. Cette plante se trouve dans plusieurs parties du Brésil ; elle est surtout commune dans la province des Mines. La variété a croît dans les lieux découverts ( campos ), le plus souvent sur le bord des ruisseaux ; la variété g n’est pas rare dans les bois vierges ; J'ai trouvé la variété 7 sur les montagnes ferrugineuses qui avoisinent Villa-Rica; enfin, la variété s dans les montagnes élevées qu'on appelle Serra-Negra, et qui se trouvent presque sur la limite des provinces de Minas Geraes et de Rio de Janeiro.
Étymologie ; Usages. Le nom vulgaire de cette plante (Casca d'Anta), signifie écorce de tapir. I lui a été donné, disent les Brasillens, parce que le tapir sujet, selon eux, à de fréquentes coliques, arrache, pour s’en guérir, l’écorce des Drymis, et a ainsi révélé aux hommes les vertus de ce végétal. Quoi qu’il en soit de cette tradition très-probablement fabuleuse, le Drymis Granatensis ou Casca d'Anta est actuellement un remède fort vanté par les habitans de l'intérieur du Brésil, et dont ils font assez généralement usage. Une saveur aromatique et fortement stimulante caractérise l’écorce et même les feuilles du Drymis, et par conséquent les Brasiens. font une heureuse application des propriétés de cette
planie en l’employant comme tonique pour guérir les coliques et les meaux d'estomac. On sait que c’est dans des cas semblables qu’autrefois on administrait en Europe la fameuse écorce de inter. (Drymis Winteri), avec laquelle celle du Drymis Granatensis se trouvait, à ce qu'il paraît, souvent mélangée ; et, si les Européens ont presque entièrement renoncé à ce remède, c’est qu’ils pouvaient le remplacer par d’autres qui étaient moins chers et qu’ils se procuraient plus facilement, tels que la canelle, la cascarille, etc.
- Quant aux Brasiliens, il est évident qu’ils doivent continuer à se servir d’un médicament qui n’a pas moins d'efficacité que ces dernières substances , et qu’ils trouvent autour d’eux. Le Drymis Granatensts ne croît point à la vérité sur la côte; mais il est facile d’en faire venir l'écorce de l’intérieur, et il serait dans l'intérêt du pays, que les praticiens des villes maritimes cherchassent à la substituer à des remèdes analogues que le Brésil est obligé de payer à l'étranger. Îlest à croire encore que, si les Brasiliens nous envoyaient des quantités un peu considérables de cette écorce, et qu’elle devint en Europe plus commune et moins chère, elle reprendrait la vogue dont elle a joui autrefois, et pourrait faire l’objet d’un petit commerce.
C’est uniquement par ses propriétés médicales que les Brasiliens connaissent l'écorce du Drymis Granatensis ; mais, ainsi que plusieurs auteurs l’ont déjà fait observer, elle peut aussi être employée comme épicerie. Si les habitans du Brésil donnaient l'exemple de s'en servir pour assaisonner les alimens, il serait possible que son emploi dans la préparation des mets s’étendit peu à peu; et la plante qui la produit acquerrait ainsi une grande importance pour le pays.
Observations botaniques.—ST. Des caractères du genre Drymis. — Us peuvent être tracés de la manière suivante : CaLrce étant dans le bouton parfaitement clos et sans aucune division, se déchirant lors de l'épanouissement de la fleur en 2 ou 3 lanières concaves et persistantes. Pérazes au nombre de: 6 à 24, non persistans, insérés ati - dessus d’un gynophore très - court. Éra- MINES nombreuses, attachées sur les côtés du gynophore : filamens linéaires, aplatis : anthères immobiles , petites) arrondies, biloculaires > tournées du
côté de la fleur ; à loges parfaitement distinctes , divergentes, qui s’ouvren, longitudinalement. Ovaises au nombre de 4 à 8, attachés au sommet du gynophore, obovés , très-obtus, bossus à l'extérieur, unilocularres , renfermant 6 à 9 graines. Ovuzes suspendus à l'angle interne de l'ovaire et disposés sur deux rangs. STicmaTEs en nombre égal à celui des ovaires, sessiles ou presque sessiles, un peu latéraux, disposés sur deux rangs. Barss obovées, bossues , très-obtuses , olygospermes. SEMENCES suspendues, aigües à la base. Técumentr prorre double; l'extérieur crustacé ; l'intérieur membraneux , adhérent au périsperme. Omsinic placé à l'extrémité la plus étroite de la semence : chalaze un peu latérale à l'extrémité la plus large. VÉRISPERME charnu. Emsryon extrémement petit, placé dans la base du périsperme.
S IL. Stipules.— Les auteurs ont cru que les Drymis avaient des stipules comme les Magnolia, mais ils en song réellement dépourvus. Les bourgeons pointus qu’on observe dans ces plantes et qui ressemblent au premier coupd'œil à ceux des T'alauma, Liriodendrum, etc., ne sont nullement formés comme dans ces genres par des stipules latérales, mais par de véritables feuilles imparfaitement développées, et réduites à un pétiole un peu dilaté.
& IT. Znflorescence.—On a dit que, dans tous les Drymis , les pédoncules étaient axillaires; cela est parfaitement exact pour le D. axillaris , Forst. et quelques variétés du Drymis Granatensis. Mais il est incontestable qu'ordinairement ces pédoncules naissent au sommet des rameaux à laisselle de bractées extrêmement caduques, et les cicatrices que l’on a crues produites par des feuilles tombées indiquent la place des bractées. Ainsi, dans le langage de la botanique descriptive , il faudrait dire que les pédoncules des Drymis sont plus souvent terminaux qu’axillaires.
S IV. Znvolucre de l’ombelle. — Personne n’a fait mention de l’involucre qui accompagne lombelle des Drymis, parce que les folioles qui le composent, étant extrêmement caduques, se retrouvent rarement dans les herbiers ; mais on peut sans peine reconnaître au-dessous des pédicelles les cicatrices que ces. folioles laissent en se détachant.
$ V. Du calice et des sous-genres Drymis et Wintera.—Dans le Drymus Granatensis, et également, comme je m'en suis convaincu par une comparaison attentive, dans les Drymis Winmteri et Clulensis, le calice est parfaitement clos avant l’épanouissement de la fleur, et il ne présente à cet époque absolument aucune division ; mais, lorsque la fleur s’ouvre , il se déchire, et, observé alors, il offre deux ou trois lanières qui s'étendent jusqu'au
réceptacle, Il est évident que ce sont ces caractères que Forster (Gen. 55) a voulu peindre lorsqu'il a dit du Drymis axillaris : Calyx 1-phyllus > ttteger, dehiscens. J'avouerai que le mot énteger présente ici de l'ambiguïté ; mais 1} est incontestable que Forster s’en est servi pour indiquer que dans le bouton le calice recouvrait entièrement les pétales et ne présentait aucune division; en effet, il ajoute immédiatement après l'expression d'integer celle de dehiscens , qui peint le changement qu'éprouve l'enveloppe florale extérieure au moment de l'épanouissement de la fleur ; et dans la planche où il a dessiné les diverses parties du Drymis axillaris ; la figure n, qui offre une fleur épanouie, nous montre un calice à deux divisions, Mais, si ces considérations m’eussent laissé quelques doutes, ils eussent été bientôt levés par l'examen de l'échantillon authentique du Drymis axillaris conservé dans l'herbier du Muséum de Paris : car, dans cet échantillon, le calice est à 2 ou 5 divisions, comme celui du Drymis Granatensis ; et il est à observer seulement que ces divisions sont ici moins profondes. Il n'y a donc pas de différence essentielle entre le calice du Drymis axillaris, et celui des D. inter, Granatensis et Chilensis; et par conséquent on ne peut admettre les sous-
genres Drynus et Wintera, fondés sur le calice entier ou divisé c’est-à-dire d'un 8 7 ? 3
côté sur un défaut d'expression dans la description que Forster a donnée du D. axillaris (1), et d’un autre côté sur l'ignorance où l’on était des véritables caraclères du calice dans les trois autres espèces.
$ VI Périsperme ; Embryon. — Bonpland considérait amande du Dry-
mis Granatensis comme composée d’un embryon sans aucun périsperme ;
avec Kunth, au contraire, j'ai décrit un grand périsperme et un embryon
situé à sa base; cependant il faut convenir que l'erreur de Bonpland est fort excusable. En effet, j'ai reconnu dans l’amande du 2. Granatensis, un grand corps homogène, charnu et grenu (le périsperme }, et à sa base un trèspeut corps (l'embryon }, dont une partie est placéc en dehors du corps le plus grand ; mais , avec quelque soin que j'aie étudié cet embryon, il m'a été impossible d’ÿ découvrir la fente qui doit indiquer les cotylédons ; et, comme sa partie supérieure enfoncée dans le corps le plus grand adhère intimement avec lui, elle a sans doute échappé à Bonpland » Qui aura considéré le périsperme comme une aggrégation de 2 cotylédons soudés et la partie sortante du véritable embryon comme la radicule.
(r) J'ai commis la même faute que Forster, quand jai dit ailleurs en parlant en général du génre Drymis : Calyx in alabastro integerrimus. eût fallu : Calyx in alabastro:clausus et indivisus.
S VII. Zdentité spécifique ; Affinités ; Synonymie. — L'auteur des Plantes Équinoxiales dit que l'abbé Corréa lui avait montré la figure d’une nouvelle espèce de Drymis recueilli dans le Gerro do Frio (1), province des Mines ; mais sans doute cette figure était fort mauvaise : car je ne connais au Brésil qu'une véritable espèce de Drymis, et Bonpland lui-même a étiqueté du nom de Drymis Granatensis, un échantillon qui se trouve dans l’herbier de Jussieu ; échantillon qui, recueilli dans les Mines par Vellozo (2), est parfaitement identique avec mon D. Granatensis, var. campestris, el qui a été également reconnu par M. de Candole pour être le Granatensis (Voyez Syst. 1, p. 444). M. Kunth et moi, nous avons comparé mes échantillons avec ceux que Mutis lui-même a donnés à M. de Humboldt, et, pour toute différence, nous avons trouvé que les feuilles de ces derniers étaient un peu plus aigües, et que la lame et le pédoncule étaient plus épais ; différences qui, surtout dans une espèce aussi variable , doivent être considérées comme n'étant de nulle valeur. Linné fils a déjà fait sentir l'extrême ressemblance des D. Winteri et Granatensis. Elle est telle que, si les descriptions avaient été mon seul guide, et que je n’eusse pas eu l'avantage de pouvoir mettre à côté des miens les échantillons authentiques de Forster et de Mutis, j'aurais probablement, comme le savant Martius, pris la plante du Brésil pour le D. Yinteri.