‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 2)Chapitre 49 sur 119 · XXIX · texte numérisé non relu

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campo ( des champs ), suivant que les espèces qu’ils veulent désigner croissent dans les forêts ou les pays découverts. |

Usages. On a souvent demandé si les fruits indigènes du Brésil (x) étaient supérieurs à ceux de l'Europe , ou si ces derniers méritaient la préférence ; mais cette. question , ordinairement mal posée, n’est presque jamais décidée avec justice. Il est incontestable que les fruits d'Europe, tels que nous-les mangeons aujourd’hui, sont bien plus savoureux que ceux du Brésil ; mais il ne faut point oublier qu’ils sont le résultat d’une culture de plusieurs siècles, tandis que les fruits indigènes du Brésil sont encore presque tous à l’état sauvage. Si l’on veut être juste, on ne comparera donc point ces derniers avec les pommes, les poires et les prunes de nos jardins, mais avec celles qui naissent naturellement dans nos bois; et alors on n’hésitera pas un instant à donner la préférence aux fruits du Brésil. On trouve dans les forêts et dans les savanes de cette belle contrée, une foule de fruits que l’on peut manger avec plaisir, et par conséquent il est à croire qu'ils ne resteront point inférieurs aux nôtres, quand on leur donnera quelques soins. Les Jaboticabeiras ( myrtée ), transportés des forêts dans les jardins de St. - Paul et de Tejuco, yont produit des fruits délicieux, uniquement parce qu’ils y ont trouvé un terrain qui leur convenait mieux; que serait-ce si on les eût perfectionnés par des semis faits dans des terres mélangées avec art, et par des greffes répétées plusieurs fois, soit sur l’espèce même , soit sur des espèces voisines ! Je ferai connaître successivement les fruits indigènes qui méritent les soins des habitans du Brésil, et, parmi eux, je citerai aujourd’hui les {nones ou Corossols, généralement connus sous le nom d’Araticu. Il en est plusieurs dont le fruit, dans l’état sauvage, n’est point inférieur à ceux des espèces cultivées, telles que l'Anona squamosa (Pinha; Ata }, et l'Anona reticulata (Fruta de conde; Condessa ); et par conséquent 1! leur deviendrait préférable par la culture. Je ne décrirai pas ici

(1) En disant les fruits indigènes, je ne veux point parler par conséquent de la mangue, de l’orange, etc.

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toutes les espèces d’Araticu qui réclament l'attention des Brasiliens ; je me contenterai d’en avoir indiqué une. Quand on aura planté l’Anona sylvatica dans une terre choisie, son fruit déjà trèsagréable acquerra certainement plus de saveur ; je ne doute pas non plus qu’on n’en obtienne de bonnes variétés par des semis, et il est à croire qu’on le rendrait meilleur encore en essayant des greffes sur l'Ænona squamosa, ou sur l Anona reticulata.

Ge n’est pas seulement par son fr devenir utile : le bois de cet arbre est blanc et tout à la fois compact, tendre et léger. I1 serait donc très-propre aux ouvrages de sculpture , et remplacerait avec avantage le Tilleul d'Europe. Si, comme cela est vraisemblable , on établit un Jour au Brésil des manufactures d’indiennes , on fera bien de donner la préférence au bois de lÆnona sylvatica , pour faire les planches à imprimer.

Observations bctaniques. S 1. Caractères du genre Anona. — Ils doivent êlre tracés de la manière suivante : Cazice 3-partite ou quelquefois trilobé , non persistant. PÉTALES au nombre de six ; insérés sous le £gynophore , et disposés sur deux rangs ; trois extérieurs plus grands alternes avec les divisions du calice, et trois intérieurs alternes avec les extérieurs ; tous parfaitement enlers , coriaces , non persistans. GYNopnone trés-

plus souvent hémisphérique inférieurement. Ex

chées sur les côtés du gynophore, libres , serrées les unes contre Les autres , lineaires et un peu en Jorme de clou, plus larges à leur sommet, qui est charnu, tronqué et anguleux, non persistantes : Jilamens fort courts , aplatis : anthères continues , immobiles , presque planes sur le dos , relevées d'une côte au milieu de la face.Ovaires nombreux » altachés au sommet du gynophore, uniloculaires, monospermes , le plus souvent soudés. Ovuix dressé. STYLES en nombre égal à celui des ovaires, continus avec eux, le plus souvent libres, quelquefois nuls. STIGMATES {erminaux simples , capités ou continus avec les styles, quelquefois sessiles. Barr unique, formée par la soudure des ovaires, remplie de pulpe intérieurement , poly sperme, ordinairement grande : écorce de la baie épaisse , chargée de pointes ou d’écailles » Plus rarement lisse. Semences ovales ou elliptiques , glabres. Técumenr PROoPRE simple , épais, crustacé-coriace , s'étendant en lames qui s’enfoncent entre les rides du périsperme.

épais , conique au sommet , le AMINES érés-nombreuses , atta-

Omsrcic un peu latéral

uit que l'Ænona sylvatica peut

a l'extrémité la plus étroite de la semence. Périsrerme grand, charnu, ridé transversalement ou quelquefois percé de trous nombreux et contigus. EmBrvon droit , fort petit, placé dans la base du périsperme; radicule inférieure , atteignant presque l’ombihc. | |

SIT. Du genre auquel doit étre rapporté l Anona sylvatica. — Comme je n'ai pas vu la fleur de cette espèce, je ne saurais démontrer qu'elle n’appartient point au genre Rollinia qui, avec une corolle si différente de celle des Anones, présente un fruit semblable au leur. Cependant le fucies de ma plante me paraît être celui des véritables Anones, et d’ailleurs les Rollinia du Brésil et de Cayenne croissent sur le litloral, tandis que je n'ai trouvé l'espèce décrite ici que dans les forêts de l’intérieur.

S IT. 4fhnités spécifiques. — L'Anona Sylvatica a par ses feuilles les plus grands rapports avec le cherimolia ; mais elles ne sont pas, comme celles de ce dernier, entièrement ovales et très-obtuses à leur base, et l’on y découvre de petits points transparens.

S IV. Synonymie. — Marcgraff et Pison parlent d'un Æraticu do mato ; mais ils ne s'étendent pas assez sur ses caractères pour que j'ose l'indiquer comme étant identique avec ma plante.

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