XXVI, XXVII, XXVIII
nervure moyenne proéminente et ronssàtre en dessous ; ven.es
latérales à peine sensibles; pétiole long d'env.ron 9 1., convexe en
dessous, canaliculé en dessus. Ombelles assez nombreuses , pedonculées , munies d’un involucre , composées le plus souvent de 4 fleurs, quelquefois de 3 ou de 5 ; pédoncules rapproches , ong de 3 à i 1., naissant au sommet des rameaux a 1 aisselle de bractee longues de 3 à 4 I. linéaires-lancéolées , aigues, concaves, mûmes d’une côte sur le dos et très-caduques : péd.celles plus longs que e pédoncules , atteignant 9 à .5 1. et un peu divergens lobo es de 1’ involucre au nombre de 3 à. 4, ovales-oblongues , tres-obtuses , concaves , extrêmement caduques. Calice parfaitement entier e^ tout-à-fait clos avant l’épanouissement de la fleur, se déchirant, lorsqu’elle s’ouvre, en deux ou rarement trois divis.ons ovales-orb.culaires , très-concaves , quelquefois rougeâtres , persistantes. Pétales au nombre de neuf, plus souvent dix, inséréssous le gynophoie, long d’environ 3 1., larges d’une et demie, oblongs-lineaires , o Uns e couleur blanche, marqués de points transparais et ne persistant pou autour du fruit. Gynophore très-court, épais, cylincrique. mines nombreuses et attachées sur les côtés du gynophore ; f.lamens linéaires, très -aplatis : anthères immobiles, petites, arrondies a-loculaires , tournées vers les pétales; a loges parfaitement ci tinctes, rapprochées au sommet, écartées à la base, s ouviant longitudinalement. Ovaires au nombre de cinq a six . attaches au so net ch; gynophore , longs d’environ une 1. et demie , oboves , tre obtus, bossus au sommet du côté extérieur rétréci en un pedice e court et épais , offrant à l’intérieur une seule loge a 8 semences , péricarpe charnu. Ovules pariétaux , suspendus , embr.ques , attachés sur deux rangs dans l’angle de la loge qu, regarde le centre de la fleur.. Stigmates en nombre égal à celui des ovaires, pies tant la forme d’un mamelon , un peu latéraux , obliques , plus rapprochés du centre de la fleur que du côté oppose. Je na. point vu les fruits de cette variété , ni ceux des deux suivantes. Je décrira, ceux de la variété ■fque j’ai étudiés avec soin.
Var, n sylvatica ( des bois ).
Arbre souvent assez élevé. Feuilles simplement oblongues , proportionnément plus étroites et plus aigues que dans toutes les autres variétés , blanches en dessous , atteignant souvent surtout dans les rameaux qui ne sont point en fleurs la longueur de 5 à 6 pouces. Ombelles très-nombreuses , fort rapprochées composées le plus souvent de 5 fleurs et formant par leur réunion des bouquets élégans et serrés : pédoncules naissant au sommet des rameaux à Faisselle des bractées caduques : pédicelles proportionnément plus grêles que dans les autres variétés, plus longs que le pédoncule et atteignant un pouce et demi à deux pouces. Pétales le plus souvent au nombre de io, longs de 5 à 7 1., linéaires, aigus.
Var. y. axillaris (à fleurs axillaires).
Arbre peu élevé dont les rameaux son^, glauques. Feuilles longues de 2 à 3 pouces , d’un blanc glauque en dessous , marqués de points transparens plus faciles à apercevoir que dans les autres variétés ^ nervure moyenne rougeâtre. Pédoncules plus couits que les pédicelles , chargés le plus souvent de 5 fleurs , 11e naissant point à l’aisselle , de bractées, mais à celle des feuilles supérieures. Pétales le plus souvent au nombre de 10, longs d environ 6 1., oblongslinéaires, évidemment plus étroits à la base , un peu aigus au sommet.
Var. montana ( des montagnes ).
Arbrisseau d’environ cinq à quinze pieds, peu rameux. Feuilles très-rapprochées , plus petites que dans les autres variétés, longues d’un pouce à un pouce et demi, obtuses, souvent un peu echancrées. Pédoncules ni rapprochés, ni nombreux, tantôt simples et uniflores, tantôt divisés et alors plus longs que les pédicelles, le plus souvent latéraux et naissant entre les feuilles a 1 aisselle de bractées caduques. Fleurs plus petites que dans les autres variétés. Petales au nombre de douze à quinze, ohlongs-linéaires, obtus. Baies longues de 2 à 31., ohovées, bossues sur le dos, obtuses, noires. Semences
suspendues , longues cl environ une 1 . ? noires, lisses, luisantes, de forme variable, et, suivant qu’il avorte un nombre d’ovules plus ou moins considérable, tantôt ovoïdes, plus ou moins irrégulières , trigones, convexes sur le dos, planes sur les côtés, aigues à la base, obtuses au sommet; tantôt virguliformes, aplaties, convexes à l’une des laces, un peu concaves sur l’autre. Tégument propre adhérent au périsperme, parsemé de points glanduleux, double; 1 extérieur crustacé ; l’intérieur membraneux. Ombilic à 1 extrémité aigue de la semence : clialaze à l’extrémité obtuse; raphe linéaire. Amande présentant la forme d’une virgule et chargée de points glanduleux qui la font paraître tuberculeuse. Périsperme charnu, succulent. Embryon extrêmement petit, placé dans la base du périsperme et soi tant un peu hors de la substance de ce corps.
Localités. Cette plante se trouve dans plusieurs parties du Brésil ; elle est surtout commune dans la province des Mines. La variété « croît dans les lieux découverts ( campos )., le plus souvent sur le bord des ruisseaux ; la variété n n’est pas rare dans les bois vierges ; j’ai trouvé la variété y sur les montagnes ferrugineuses qui avoisinent Villa -Rica; enfin , la variété cT dans les montagnes élevées qu’on appelle Serra-Negra, et qui se trouvent presque sur la limite des provinces de Minas Geraes et de Rio de Janeiro.
Étymologie ; Usages. Le nom vulgaire de cette plante {Casca cï ytntd) , signifie écorce de tapir. Il lui a été donne, disent les Brasiliens, parce que le tapir sujet, selon eux, à de frequentes coliques, arrache, pour s’en guérir, l’écorce des Drymis , et a ainsi révélé aux hommes les vertus de ce végétal. Quoi qu il en soit de cette tiadition très-probablement fabuleuse , le Dry mis Granatensis ou Casca d Anta est actuellement un remède fort vanté par les habitans de l’intérieur du Brésil, et dont ils font assez généralement usage. Une saveur aromatique et fortement stimulante caractérise l’écorce et même les feuilles du Drymis , et par conséquent les Brasiliens font une heureuse application des propriétés de cette
plante en l’employant comme tonique pour guérir les coliques et les meaux d estomac. On sait que c est dans des cas semblables qu autrefois on administrait en Europe la fameuse écorce de TVinter ( Drymis TV in teri ) , avec laquelle celle du Drymis Grancitensis se trouvait, à ce qu’il paraît, souvent mélangée \ et, si les Européens ont presque entièrement renoncé à ce remède , c est qu ils pouvaient le remplacer par d’autres qui étaient moins chers et qu ils se piocuraient plus facilement, tels que la canelle, la cascaulle, etc.
Quant aux Brasiliens, il est évident qu’ils doivent continuer à se servir d’un médicament qui n’a pas moins d efficacité que ces dernières substances, et qu’ils trouvent autour d’eux. Le Dryrms Granatensis ne croît point à la vente sur la cote j mais il est facile d en faire venir l écorce de l’ intérieur, et il serait dans 1 inteiet du pays, que les praticiens des villes maritimes cherchassent a la substituei à des remèdes analogues que le Brésil est obligé de payer à 1 étranger . 11 est à croire encore que, si les Brasiliens nous envoyaient des quantités un peu considérables de cette eCorce, et qu elle devint en Europe plus commune et moins chère, elle reprendrait la vogue dont elle a joui autrefois, et pourrait faire l’objet d’un petit commerce.
C’est uniquement par ses propriétés médicales que les Brasiliens connaissent l’écorce du Drymis Grcmcitensis y mais, ainsi que plusieurs auteurs l’ont déjà fait observer, elle peut aussi etre employée comme épicerie. Si les habitans du Brésil donnaient 1 exemple de s’en servir pour assaisonner les alimens, il serait possible que son emploi dans la préparation des mets s etendit peu a peiq et la plante quila produit acquerrait ainsi une grande importance pour le pays.
Observations botaniques. — § I. Des caractères du genre Dry nus. Us peuvent être tracés de la manière suivante : Calice étant dans le bouton parfaitement clos et sans aucune division, se déchirant lors de l épanouissement de la fleur en 2 ou 3 lanières concaves et persistantes. Pétales au nombre de 6 à. 24 , non persistons , insérés au - dessus d’un gynophore très - court. Etamines nombreuses, attachées sur les côtés du gynophore : filamens linéaires, aplatis : anthères immobiles , petites , arrondies , bdoculaires , tournées du
côté de la fleur; à loges parfaitement distinctes , divergentes, qui s’ ouvrent longitudinalement. Ovaires au nombre de 4 a 8 , attaches au sommet du gynophore, obovés , très-obtus, bossus à V extérieur , uniloculaires, renfermant G à q graines. Ovules suspendus à l’angle interne de l’ovaire et disposes sur deux rangs. Stigmates en nombre égal h celui des ovaires, sessiles ou presque sessiles, un peu latéraux, disposés sur deux rangs. Baies obovees , bossues, très-obtuses , olygospermes. Semences suspendues, aigues a la base. Tégument propre double; l’extérieur crustacé; l intérieur membraneux, adhérent au périsperme. Ombilic placé h V extrémité la plus étroite de là semence : chalaze un peu latérale 'a l'extrémité la plus large. I erisperme charnu. Embryon extrêmement petit, placé dans la base du périsperme.
c H Stipules. — Les auteurs ont cru que les Drymis avaient des stipules comme les Magnolia, mais ils en sont réellement dépourvus. Les bourgeons pointus qu’on observe dans ces plantes et qui ressemblent au premier coupd’oeil à ceux des Talauma , Liriodendrum , etc. , ne sont nullement formes comme dans ces genres par des stipules latérales, mais par de véritables feuilles imparfaitement développées, et réduites à un petiole un peu dilate.
§ III. Inflorescence. — On a dit que, dans tous les Drymis , les pédoncules étaient axillaires; cela est parfaitement exact pour le D. axillaris , Forst. et quelques variétés du Drymis Granatensis. Mais il est incontestable qu ordinairement ces pédoncules naissent au sommet des rameaux a 1 aisselle de bractées extrêmement caduques, et les cicatrices que l’on a crues produites par des feuilles tombées indiquent la place des bractées. Ainsi, dans le langage de la botanique descriptive , il faudrait dire que les pédoncules des Drymis sont plus souvent terminaux qu’axillaires.
§ IV. Involucre de l’ombelle. — Personne n’a fait mention de Fin volucre qui accompagne l’ombelle des Drymis, parce que les folioles qui le composent , étant extrêmement caduques , se retrouvent rarement dans les herbiers ; mais on peut sans peine reconnaître au-dessous des pédicelles les cicatrices que ces folioles laissent en se détachant.
§ Y. Du calice et des sous-genres Drymis et Wintera. Dans le Dry nu s Granatensis , et également , comme je m’en suis convaincu par une comparaison attentive, dans les Drymis Wmteri et Chilensis , le calice est parfaitement clos avant l’épanouissement de la fleur, et il ne, présente à cet epoque absolument aucune division ; mais , lorsque la fleur s’ouvre , il se déchiré , et , observé alors , il offre deux ou trois lanières qui s’étendent jusqu au
réceptacle. Il est évident que ce sont ces caractères que Forster (Gen. 53) a voulu peindre lorsqu’il a dit du Drymis axillaris : Calyx \ -phy Uns } integer, dehiscens . J’avouerai que le root integer présente ici de 1 ambiguïté ; mais il est incontestable que Forster s’en est servi pour indiquer que dans le bouton le calice recouvrait entièrement les pétales et ne présentait aucune division; en effet, il ajoute immédiatement apres 1 expression integer celle de dehiscens , qui peint le changement qu éprouvé l’enveloppe florale extérieure au moment de l’épanouissement de la fleur ; et dans la planche où il a dessiné les diverses parties du Drymis axillaris, la figure n , qui offre une fleur épanouie, nous montre un calice à deux divisions. Mais, si ces considérations m’eussent laissé quelques doutes, ils eussent été bientôt levés par l’examen de l’échantillon authentique du Drymis axillaris conservé dans l’herbier du Muséum de Paris : car, dans cet échantillon, le calice est à a ou 3 divisions , comme celui du Diymis Granatensis ,* et il est a observer seulement que ces divisions sont ici moins profondes. Il n’y a donc pas de différence essentielle entre le calice du Drymis axillaris, et celui des D. TVmteri, Granatensis et Chilensis;e t par conséquent on ne peut admettre les sousgenres Dry mis et UEintera, fondes sur le calice entier ou divisé, c est-à-dired un côté sur un défaut d’expression dans la description que Forster adonnée du D . axillaris (i), et d’un autre côté sur l’ignorance où l’on était des véritables caractères du calice dans les trois autres espèces.
§ VI. Périsperme ; Embryon. — Bonpland considérait l’amande du Drymis Granatensis comme composée d’un embryon sans aucun périsperme ; avec Kunth , au contraire, j’ai décrit un grand périsperme et un embryon situé à sa base; cependant il faut convenir que l’erreur de Bonpland est fort excusable. Eu effet, j’ai reconnu dans l’amande du D. Granatensis, un grand corps homogène, charnu et grenu (le périsperme), et à sa base un trèspetit corps (l’embryon ), dont une partie est placée en dehors du corps le plus grand; mais , avec quelque soin que j’aie étudié cet embryon, il m’a été impossible d’y découvrir la fente qui doit indiquer les cotylédons ; et , comme sa partie supérieure enfoncée dans le corps le plus grand adhère intimement avec lui , elle a sans doute échappé à Bonpland , qui aura considéré le périsperme comme une aggrégation de 2 cotylédons soudés et la partie sortante du véritable embryon comme la radicule.
(i) J’ai commis la même faute que Forster , quand j’ai dit ailleurs en parlant en général du genre Drymis : Calyx in alabastro integerrimus. Il eût fallu : Calyx in alabastro clausus et indivisus .
§ VIL Identité spécifique ; Affinités; Synonymie. — L’auteur des Plantes Équinoxiales dit que l’abbé Corréa lui avait montré la figure d’une nouvelle espèce de Drymis recueilli dans le Gerro do Frio(i), province des Mmes ; mais sans doute cette figure était fort mauvaise : car je ne connais au Brésil qu’une véritable espèce de Drymis , et Bonpland lui-même a étiqueté du nom de Drymis Granalensis , un échantillon qui se trouve dans l’herbier de Jussieu ; échantillon qui, recueilli dans les Mines par Vellozo(2), est parfaitement identique avec mon D. Granalensis, var. campestris , et quia été également reconnu par M. de Candole pour être le Granalensis {Voyez Syst. ï, p. 444). M. Kunth et moi, nous avons comparé mes échantillons avec ceux que Mutis lui-même a donnés à M. de Humboldt , et, pour toute différence, nous avons trouvé que les feuilles de ces derniers étaient un peu plus aigües , et que la lame et le pédoncule étaient plus épais ; différences qui, surtout dans une espèce aussi variable , doivent être considérées comme n étant de nulle valeur. Linné fils a déjà fait sentir l’extrême ressemblance des D . Winteri et Granalensis. Elle est telle que,, si les descriptions avaient été mon seul guide, et que je n’eusse pas eu 1 avantage de pouvoir mettre à côté des miens les échantillons authentiques de Forster et de Mutis , j’aurais probablement, comme le savant Martius, pris la plante du Brésil pour le D. W inten ,