V. £ nifescens (roussâtre
Cette variété, dont je n’ai vu que les individus femelles, diffère de la précédente par ses tiges roussâtres et par ses feuilles de même couleur, beaucoup moins cotonneuses en dessous , à peine en cœur à leur base , tantôt plus oblongues et tantôt plus oibicui aires. Drupe long d’environ 3 l., peu charnu, obové, très-obtus, un peu comprimé, pubescent, portant auprès de sa base les restes per-
sistans du style renversé. Noyau très-obtus, comprimé , tuberculeux sur son bord qui est assez large, relevé sur les deux faces d’une côte qui a la forme d’un fer à cheval, divisé intérieurement au-delà de moitié par une cloison incomplete, bilamellee, obtuse au sommet, à peu près vide à l’intérieur. Semence cylindrique, courbée dans son milieu, ayant la forme d un fer a cheval, et attachée par le milieu de la courbure au sommet de la cloison. Jen ai pas étudié l’embryon.
Var. y cinerescens (cendrée).
Je ne connais de cette variété que les individus mâles (ï). Leurs feuilles sont un peu plus grandes que dans les autres variétés } elles sont cotonneuses en dessous , d une couleur cendree , et n ont aucune échancrure à leur base. Corymbes de fleurs males pedonculés , naissant au nombre de deux a quatre à 1 aisselle des feuilles et beaucoup plus courts quelles : pédoncules longs d’environ un pouce, grêles, filiformes , hérissés: divisions p rimai 1 es du corymbe semblables au pédoncule, et ordinairement au nombre de deux à quatre : divisions secondaires également semblables , mais un peu plus menues : pédicelles hérissés , extrêmement courts. Fleurs extrêmement petites. Calice 4~Par^e j a divisions obovées, onguiculées, obtuses, un peu denticulées au sommet, glabies en dedans, velues ou un peu hérissées en dehors. Corolle monopétale, hypogyne, cupuliforme, profondément 4~partite, glabie, beaucoup plus courte que le calice ”, a divisions presque orbiculaires. Androphore s élevant du centre de la corolle , plus long quelle, pelté à son sommet dont le bord porte quatre anthères sessiles, transversalement ovales, uniloculaires, s ouvrant horizontalement.
Localités. Les variétés a et * sont communes dans les pâturages
(il Je les ai étudiés sur les individus mêmes qui out servi à M. ae Candole a constituer 1 espece.
naturels du midi de la province de Goyaz, et dans ceux de 1 ouest de celle des Mines, surtout près la ville de Paracatu. La variété v se
trouve au Para.
Étymologie . Le nom d 'Orelha de Onça se donne non-seulement à cette espèce, mais encore à peu près a toutes celles qui ont également des tiges simples et non grimpantes. 11 vient de la ressemblance qu’on a cru observer entre leurs feuilles et 1 oreille du jaguar, appelé onça par les Brasiliens des provinces du centre.
Usages. Les racines de cette plante sont amères, et on en fait boire la décoction , à ce qu’il paraît avec succès , dans les bevres intermittentes. Le principe amer et fébribuge a déjà été reconnu dans d’autres végétaux de la même famille, et par conséquent on peut engager les habitans des cantons où croît l’espèce qui vient d’être décrite, à continuer à en faire usage.
Observation botanique. De la couleur des fleurs du Cissampelos o vahfoba. — Le célèbre auteur du nouveau Systema vegetabilium, décrit les fletus du Cissampelos ovali folia comme étant pourpre-noir. Il est très-vrai qu elles sont .e es dans les échantillons secs ; mais comme la même couleur se communique , par a dessiccation, aux fleurs de plusieurs espèces qui , auparavant, étaient vertes, il est rlp même du Cissampelos ovahfoha (ï).
ii rrnire rm’ii en a
À. Individu femelle. — B. Individu mâle. — grossi. — 3. Coupe verticale du même noyau, a. bryon.
i. Pistil très-grossi. - — 2. Noyau trèspoint d’attaclie de la graine. — 4- Em
(,) Voy. pour les caractères génériques de leur embryon, le N° XXXV-
des Cissampelos , l’histoire de leur fruit et la direction-
CISSAMPELOS EBRACTEATA.
CISSAMPELOS SANS BRACTÉES.
FAMILLE DES MENISPERMEES.
C. caule suffmticoso , erecto } simplici tomento so ; foliis orbiculari-rliombeis , vix repandis } suprap ubescentibus , subtus tomentosis ; floribus femineis axillaribus fasciculatis ebracteatis.
]Som vulgaire ; Orelha de onça.
Description. Sous-arbrisseau à tige haute d’un à deux pieds , droite, simple, tétragone, cotonneuse. Feuilles alternes, sans stipules, longues d’environ 2 pouces 1/2, larges de 2 pouces, diminuant successivement de grandeur, orbiculaires-rhomboïdales , àjpeine sinuées , munies de cinq nervures , pubescentes en dessus, cotonneuses en dessous, d’une couleur cendrëe : pétiole long de 6 à 8 1. , convexe en dessous, canalicule en dessus, cotonneux. Fleurs réunies en faisceau, pediceîlees, sans bractées, naissant au nombre de cinq environ, a 1 aisselle des feuilles supérieures. Pédicelles velus, longsd’environ une ligne etdemie. Calice formé par une foliole unique qui se trouve placée au côté extérieur de l’ovaire, et qui est étalée, longue d’un tiers de ligne, munie d’un onglet court, très-obtuse, velue en dessous , glabre en dessus. Pétale unique, hypogyne, étalé, serré contre la foliole calicinale, à peine visible, quatre fois plus court que le calice, orbiculaire, concave, très-glabre. Style à trois dents. Ovaire excentrique sur le réceptacle de la fleur, extrêmement petit, ovale, un peu bossu, glabre sur le dos, trèsvelu à la face, uniloculaire, 1- sperme, d’abord dressé,, mais se courbant après la fécondation.
Localités. Cette plante est assez commune dans les pâturages na-
tureis qui avoisinent la ville de S. Joao del Rey, province des Mines. Elle fleurit en février.
Etymologie. Voyez ce qui est dit au Na XXXIV.
Usages. On emploie les racines de cette plante contre la morsure des serpens ; mais je ne saurais dire si elle a réellement quelque efficacité. En général, les Brasiliens attribuent la même vertu à une foule de végétaux divers , et chaque cultivateur vante avec enthousiasme l’ antidote auquel il donne la préférence. Il est impossible de croire que des plantes qui appartiennent à des familles différentes, et dont plusieurs n’ont qu’un goût et une odeur herbacés , puissent également guérir de la morsure des serpens venimeux; mais il sera impossible de jamais découvrir la vérité , si quelque observateur scrupuleux et instruit ne fait sur les animaux des expériences combinées avec soin. Il faudrait d’abord reconnaître quels reptiles sont réellement dangereux , étudier les effets de leur poison et déterminer quelles sont les espèces dont la morsure ne peut être guérie sans l’application de quelque remède. Il faudrait ensuite essayer les différens végétaux que l’on vante comme antidotes; et comme tous les remèdes actuellement en usage s’administrent ordinairement dans de l’ eau-de-vie de sucre , il serait nécessaire d’observer quel est l’effet que produit sur le malade l’eau-de-vie prise sans aucun mélange, quel est celui des divers antidotes administrés sans eau-de-vie , et enfin, des mêmes antidotes combinés avec elle. Le gouvernement brasilien mériterait de la science et de l’humanité, s’il chargeait une commission d’hommes éclairés et actifs de faire ces diverses expériences.
Observations botaniques. § I. Caractères génériques du genre Cissampelos . — Plantes 'dioïques ou rarement monoïques . — Fleurs males. Calice profondément 4- partite, étalé ; à divisions onguiculées , le plus souvent ovales, obtuses , quelquefois lancéolées ou linéaires. Corolle hypogyne, monopétale , cupuli-
forme ou rarement campanulée , 4 - lobée ou obscurément 4 - lobée ou bien encore 4- partite ; très -rarement quatre pétales : divisions de la corolle ou pétales alteres avec les divisions du calice. Andropiiore naissant du centre de la fleur, ayant Informe d’une colonne , court, arrondi dans ses contours , glabre, portant à son sommet, qui est pelté ; quatre anthères sessiles , adnées à son bord, transversalement ovales, uniloculaires , et dont la déhiscence est transversale. - — Fleurs femelles. Calice formé par une seule foliole latérale, placée du côté extérieur de la grappe ou du corymbe , onguiculée , obovée. Pétale unique , hypogyne , opposé à la foliole calicinale , serré contre elle , plus court quelle et onguiculé. Ovaire excentrique sur le réceptacle de la fleur, oblique, ovoïde, un peu bossu, uniloculaire , monosperme , d'aborddressé, se courbant ensuite après la fécondation de manière que sa partie supérieure s’applique contre ï inférieure et se soude bientôt avec elle. Ovule pariétal, péritrope, dabord dressé , se courbant ensuite avec l’ovaire. Style trigone, ò-fide ou 3 - denté , glabre , terminal dans l’ovaire et par suite de la courbure du péricarpe se trouvant dans le fruit placé près de la base de celui-ci et par conséquent renversé. Stigmates au nombre de trois , occupant la face des divisions du style. Drupe petit, très-obtus, un peu comprimé. Noyau très-obtus, comprimé ou ridé sur son bord qui est large , relevé sur les deux faces dune ligne souvent double qui a la forme d'un fer à cheval, divisé intérieurement depuis la base jusqu au milieu par une cloison incomplète , bilamellée , obtuse au sommet, vide intérieurement entre les lames dont elle est composée et qui doivent leur origine à la moitié supérieure et à la moitié inférieure du péricarpe cl’abord rapprochées, et enfin soudées. Semence cylindrique , courbée dans son milieu, présentant la figure d'un fer à cheval , attachée par le milieu de sa courbure au sommet de la cloison incomplète. Tégument propre membraneux . Périsperme charnu, succulent , peu abondant. Embryon placé dans le périsperme et conforme à la semence : cotylédons linéaires, inférieurs par la courbure de la semence et regardant le style renversé , réellement supérieurs dans l’ ovaire : radicule inf érieure, atteignant presque la base du drupe.
§ IL Histoire du fruit dans le genre Cissampelos. — Les phénomènes qui accompagnent le développement de l’ovaire du Cissampelos sont tellement remarquables , que je crois devoir répéter ici ce que j’en ai dit ailleurs. « Après la fécondation , la bosse de l’ovaire prend de l’accroissement ; il se courbe peu à peu , et bientôt il représente un fer à cheval ; la partie supérieure continue à se rapprocher de l’inférieure ; le style, autrefois dressé, finit par toucher la base du péricarpe , et les deux moitiés du fruit accolées l’une à l’autre se soudent ; alors le drupe présente une figure ovoïde ou presque globuleuse où se dessine encore sa forme
primitive, et il se trouve coupé de la base jusque vers le sommet géométrique par une cloison incomplète et bilamellée formée des deux portions rapprochées et soudées du péricarpe. L’ovule péritrope s’est courbé avec le fruit. Comme son point d’attache était au milieu de la courbure, il s’est étendu également des deux côtés de la cloison incomplète-, sa forme est devenue celle d’un fer à cheval, et il se trouve appuyé dans le milieu de sa courbure sur le sommet de la fausse cloison où est son point d’attache. »
§ 111. Obsei vations sur un passage de V Analyse du fruit, par Louis Claude Richard. — Dans un des livres d’histoire naturelle les plus remarquables qui aient été publiés jusqu’à ce jour, un de ceux qui doivent laisser à leur auteur une réputation immortelle, le genre Cissampelos est cité avec les Crucifères, les Caryophy liées, les Chénopodées, etc., comme un exemple de l’embryon amphitrope, c’est-à-dire, de celui où les deux bouts se rapprochent à peu près également du hile. Comme l’illustre Richard ne paraît avoir examiné que la graine parfaitement mûre du Cissampelos, il a dû porter le jugement que je viens de rappeler. Mais les deux bouts de l’embryon du Cissampelos ne se trouvent rapprochés que parce que la graine s’est courbée peu à peu ; ce n’est réellement ni a 1 un ni a l’autre bout que se trouve l’ombilic ; celui-ci répond au milieu de 3 embryon 5 la radicule et les cotylédons s’en éloignent également, et par conséquent l’embryon du Cissampelos , ne doit pas être indiqué comme amphitrope, mais comme hétérotrope , c’est-à-dire , celui dont ni l’une ni Vautre extrémité ne répond exactement soit à la base, soit au sommet de la graine. (Voyez Analyse du fruit , p. 46 et 47 (1). )
EXPLICATION DES FIGURES
1 . Foliole calicinale très-grossie , vue d’un côté du dos — 2. Id. très-grossie, vue du côté intérieur, avec le pétale qui lui est opposé. — 3. Pistil très-grossi. — 4- Cn faisceau de fleurs à l’aisselle d’une feuille.
(1) Je n’ai pas répété plus que M. Richard les analogies que Gertner a faites de quelques Mœnispermum , et je ne les comprends pas mieux que l’auteur de l’ouvrage sur le fruit.
WALTHERIA DOURADINHA.
WALTHERIA DOURADINHA.