‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 54 sur 56 · FAMILLE DES MALVACÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES MALVACÉES

TRIBU DES BOMBÀCÉES.

C. foliis digitatim 0-7 foliolatis foliolis lanceolato- acuminatis , basi integris > cceteriim acute serratis > supra ret iculato-n ervo sis ; petalis spathulato - 0 vatis , apice emarginatis ^ margine subundulatis.

Nom vulgaire : Arvore de Paina.

Description. Arbre grand et touffu, dont l’écorce est à peine fendillée , le tronc et les rameaux chargés de courts aiguillons coniques qui ne se trouvent pas sur les jeunes pousses. Feuilles éparses, palmées j pétioles communs longs de 3 à 6 pouces , assez grêles , aplatis en dessus , arrondis en dessous , un peu renflés près de leur insertion , sur les côtés de laquelle on observe les cicatrices de celle des stipules caduques , dilatés à leur sommet en une sorte de palette demi-circulaire, sur le contour de laquelle s’articulent 7, 6 ou 5 folioles : folioles inégales , longues de 4-2 pouces , quatre fois moins larges , lancéolées et un peu acuminées , courtement dentées en scie, glabres , un peu luisantes sur leur face supérieure où l’on voit les vaisseaux se dessiner en réseau, tandis que sur l’inférieure plus terne la nervure médiane seule fait une saillie assez considérable et continue le pétiole partiel qui est assez court et canaliculé en dessus. Fleurs solitaires ou réunies par faisceaux de deux ou trois aux aisselles des feuilles supérieures, et formant ainsi, après la chute de ces feuilles qui se détachent facilement, des grappes terminales, soutenues par des pédoncules longs de 1 pouce à peu près , épais et roides, munis vers leur sommet de trois petites bractées écailleuses alternes LXIII. ï

et supérieurement concaves. Calice long de io lignes à peu près, campanule, découpé dans son quart supérieur en 5 ou plus souvent 3 ou 4 lobes inégaux, demi-elliptiques, à peine aigus, contigus et même soudés par leurs bords dans le bouton qui a la forme d’une ligue, coriace, glabre en dehors, revêtu d’un duvet court et soyeux en dedans. Pétales au nombre de 5, longs de 3 pouces ou plus, élargis insensiblement de la base au sommet dont la largeur n’atteint pas ï pouce, un peu frisés sur leurs bords qui sont légèrement inégaux, obliquement et superficiellement échancrés à leur extrémité supérieure, couverts sur toute leur face externe d’un duvet court et blanchâtre , parsemés de poils également courts et beaucoup plus rares sur la moitié supérieure de leur face interne ; cette moitié est rouge, l’inférieure jaune parsemée de points et de lignes noires : préfloraison tordue. Étamines dont les filets sont soudés en un tube un peu plus court que les pétales, et dans lequel on peut distinguer deux portions différentes entre elles : l’une inférieure (qu’on doit vraisemblablement considérer comme une rangée extérieure d’étamines avortées) est un cylindre à peine plus long que le calice, marqué de io stries qui séparent autant de côtes longitudinales, jaunâtre et évasé à son sommet en une sorte de couronne partagée enôlobes eux-mêmes bilobulés, étalés, laineux, pourpre-noirâtres; l’autre supérieure est un cylindre soudé à sa base au précédent , d un diamètre moitié moindre, glabre, rougeâtre, un peu évasé à son sommet que couronne un cercle d’anthères. Anthères extrorses , adnées 2 par 2 à 5 dents épaissies et extérieurement bilobées qui terminent le tube, linéaires, flexueuses, parallèles entre elles, partagées chacune dans leur longueur par un sillon profond qui semble avant la déhiscence distinguer deux loges , mais s’ouvrant le long de ce sillon en 2 valves qui se déroulent de chaque côté, et par conséquent uniloculaires. Pollen à grains lisses, globuleux ou un peu anguleux. Style filiforme , un peu pubescent à sa base , engainé par le tube qu’il dépasse à peine. Stigmate en tête, obscurément quinquélobé,

hérissé , purpurin. Ovaire conique et glabre dans sa partie supérieure qui est libre et autour de la base de laquelle s’insèrent les pétales et le tube des étamines, confondu par l’inférieure avec la base épaissie du calice, parsemé ainsi que ce dernier, dans l’épaisseur de ses parois, de glandes vésiculeuses, partagé incomplètement en 5 loges par autant de cloisons minces dont le bord libre porte un placenta épais, prismatique, à 3 angles mousses : ces placentas, laissant entre eux un vide central, se rapprochent inférieurement par leur angle interne, et finissent par se souder ensemble vers le fond de l’ovaire, qui là se trouve ainsi véritablement quinquéloculaire; ils portent attachés à leurs angles latéraux des ovules extrêmement nombreux, disposés sur plusieurs rangs et transversalement les uns au-dessus des autres, menus, conoïdes. Le fruit, que nous n’avons pu observer par nous-mêmes, est, d’après les renseignemens obtenus dans le pays, une capsule arrondie, dont les graines sont revêtues extérieurement d’une ouate blanche.

Localités. Cet arbre se trouve assez communément dans les bois vierges , au milieu de la verdure foncée desquels ses fleurs rouges produisent le plus bel effet ; on le plante aussi quelquefois auprès des maisons. Les échantillons d’après lesquels a été faite la description précédente et la figure qui l’accompagne, ont été recueillis dans les bois de la province des Mines , ainsi que dans les campos qui avoisinent la ville de Barbacena. Nous en possédons aussi de la province de Rio de Janeiro qui diffèrent légèrement des autres parleurs fleurs un peu plus grandes, à pétales plus aigus, plus tomenteux, et d’un rouge plus pâle \ c’est ceux-là dont l’étiquette portait le nom d’ Arvore de Paina. Il fleurit en mars,

Usages. L’ouate blanche dont les graines sont enveloppées 'est employée à faire des coussins et des traversins. Il est à remarquer que dans les différens pays où se rencontrent des Bombacées, appartenant soit au Bombax , soit aux genres voisins confondus d’abord

avec lui, les iilamens laineux ou soyeux qui tapissent les parois des loges du fruit servent à ce meme usage. Tel est au Brésil, outre le Chorisia que nous venons de décrire, Y Eriodendron Samaüma de M. Martius qui nous apprend que ce nom admis ici par lui comme spécifique l’est généralement par les Brasiliens pour désigner la laine du fruit des Bombax. Tel est dans le reste de l’Amérique équatoriale Y Eriodendron anfractuosum ; tels sont en Asie la même espèce et le Bombax heptaphjllum. La bourre plus courte du fruit de Y O chroma lagopus , dit Desportes dans son histoire des plantes usuelles de St.-Domingue , est employée avantageusement dans l’opération du feutrage des castors, et leur donne une qualité supérieure. Si les iilamens des Bombacées ne sont pas soumis aux mêmes opérations et propres aux mêmes usages que ceux des vrais cotonniers, c’est qu’ils sont plus roides et surtout dépourvus des petites dentelures visibles au microcospe qui s’observent sur le coton et le rendent facile à filer et à tisser.

Observations botaniques. — § I. Caractères du genre Chorisia . — Calice campanule, 3-5 -lobé. Pétales au nombre de cinq , plus longs que lui. Tube des étamines doubles V extérieur plus court, couronné par 5 lobes stériles et bilobulés ; l’ extérieur soudé inférieurement au précédent, plus long et plus grêle que lui, et terminé par 5 lobes qui portent chacun , adnées a leur face externe, deux anthères linéaires, uniloculaires et bivalves. Ovaire a demi plongé par sa base dans le fond épaissi du calice , partagé incomplètement en 5 loges par 5 cloisons verticales , dont chacune , bordée par un placenta épaissi, porte des deux côtés un grand nombre d’ovules. Style saillant au dessus du tube. Stigmate en tête, obscurément quinquélobé. Fruit capsulaire , s’ouvrant en 5 valves, polj sperme. Graines revêtues d’un duvet laineux.

§ II. Sur les affinités de cette espèce. — -Le Chorisia speciosa est intermédiaire entre le C. crispiflora Kunth. dont il a les feuilles, elles C. insignis Kunth. et C. vent ricos a Nees et Mart. (peut-être identiques ensemble) dont il se rapproche par ses pétales légèrement ondulés sur leurs bords et non crépus. Deux plantes d’un genre voisin, Y Eriodendron leiantherum DC., et sur-

tout YE. pubiflorum de notre flore du Brésil méridional, lui ressemblent aussi d’une manière remarquable par leurs fleurs, et notamment par la foi me de leur s anthères.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Couple d’anthères avant la déhiscence ; a. vue en dehors; b. vue en dedans ; c. coupée transversalement. — 2. Couple d’anthères après la déhiscence, vue en dehors.

3. Coupe horizontale de l’ovaire au-dessus de sa base.— 4- Ovaire, dont une partie des parois a été coupée pour faire voir l’intérieur des loges , avec la base du calice dans laquelle il est plongé. — 5. Fond de l’ovaire coupé verticalement, pour montrer les cloisons incomplètes et placentifères qui se soudent vers le bas.

LXIIÏ.

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PL. LXin

CHORIS IA SPECIOSA.

HELICTERES SACAROLHA.

HELICTERES SACAROLHA.

FAMILLE DES MALYACÉES,

TRIBU DES BOMBACEES.

H. octandra; foliis subrotundis ovatis vel o v ato-acu ti s, vix cordatis , serrato -dentatis, rufo-tomentosis ; petalis angustis, calycem vix superantibus ; columna staminiferâ eodem duplo longiore, fructus capsulis inter se vix contortis.

Noms vulgaires : Sacarolha, Pvosea paras malas.

Description. Tige ligneuse. Rameaux cylindriques, hérisses de poils étoilés roussâtres. Feuilles régulièrement alternes de manière à se trouver toutes dans un même plan et à tourner toutes une même face du même côté, longues de 3 pouces et 1/ 2, à peu près également larges, arrondies ou bien formant un ovale Cjui se termine quelquefois en pointe, légèrement échancrées à leur base, les inférieures surtout, obliques à cause de l’inégalité de leurs côtés inégalement dentés en scie , recouvertes d’un duvet cotonneux et roussâtre que forment des poils étoilés ; pétioles semblablement cotonneux, longs de 3~i lignes. Stipules longues de 6-2 lignes, filiformes, hérissées de poils fasciculés. Inflorescence axillaire ou terminale: les pédoncules courts, chargés de deux fleurs inégales autour desquelles quatre bractées filiformes, semblables aux stipules, forment une sorte d’involucre, sont disposés au nombre de 3 à 5 sur des rameaux courts et dépourvus de feuilles , situés un peu latéralement aux aisselles supérieures ou au sommet des rameaux ; la plupart de ces pédoncules articulés se détachent en général avant la fructification, à l’époque de laquelle les fruits semblent ordinairement solitaires. Calice tubuleux, légèrement renflé au-dessous du sommet, long de 7-8 lignes, à 10 stries et à 5 divisions inégales LXIY. ï

courtes, terminées supérieurement par des soies, couvert de poils étoilés portés sur un pédicelle épais, d’un rouge de brique : préfloraison valvaire. Pétales au nombre de 5, alternant avec les divisions du calice, un peu plus longs que lui ; à onglets linéaires, longs , munis des deux cotés à une certaine hauteur de deux appendices Iioîizontaux ; a limbes élargis en spatule, légèrement échancrés au sommet, très-courtement ciliés, parcourus de veines longitudinales, d’un i ouge vermillon : préfloraison tordue. Colonne centrale renfermée dans le bouton, saillante hors de la fleur et deux fois aussi longue que le calice, pentagone, hérissée de poils courts et glanduleux : les pétales s inserent autour de sa base : de son sommet naissent 2 verticilles d’étamines; l’extérieur, composé de 8 étamines fertiles à *ilets, courts, linéaires, glabres et d’un petit rudiment bilobé qu’on peut considérer comme complétant le nombre 10; l’intérieur de 5 étamines stériles plus longues, petaloïdes, spatuliformes, sillonnée* sur le milieu de leur longueur : anthères adnées au sommet des filets qui se renfle au-dessous déliés en 2 ampoules verdâtres, verticales dans le bouton, et présentant, alors un étranglement qui les coupe manifestement en 2 loges et leur donne à peu près la forme d’un 8 alongé, redressées et presque horizontales dans la floraison et paraissant alors uniloculaires parce qu’elles s’ouvrent par une fente supérieure continue: pollen menu, glabre, trigone. Pistil placé au milieu des étamines qui persistent assez long-temps flétries autour de lui. Cinq ovaires alternant avec les étamines stériles, contigus et meme soudés inférieurement par leur axe, réunis extérieurement par un feutre épais formé de poils étoilés rougeâtres, contenant chacun 8-14 ovules ascendans attaches sur 2 rangs le long de leur angle interne. Styles en nombre égal aux ovaires du sommet desquels ils partent, plus longs qu’eux, d’abord tordus spiralement et réunis entre eux, finissant par se séparer, terminés chacun par un stigmate aigu. Fruit porté sur la colonne longue de plus d’un pouce, qui, épaissie et roide, présente après la chute des enveloppes florales

l’apparence d’un pédoncule. Il est composé de 5 capsules longues de 7 lignes, légèrement tordues, contiguës et meme d’abord un peu soudées entre elles, se séparant plus tard et ayant alors la forme de légumes, convexes et tomen teuses sur leur dos, planes, glabres et marquées de veines transversales sur leurs côtés qui se réunissent à angle, s’ouvrant longitudinalement le long de cet angle interne. Graines au nombre de 8-i4, dont un plus ou moins grand nombre est avorté, disposées dans chacune de ces capsules sur 2 rangs et un peu ascendantes, ovoïdes ou diversement anguleuses à cause de la compression mutuelle qui gène leur développement, regardant l’axe par leur extrémité la plus mince au-dessus de laquelle s’insère un court funicule. Test mince, coriace, brun, parsemé de petits tubercules. Périsperme mince, charnu, adhérent à la membrane interne, et se glissant dans les intervalles que laissent les plis de l’embryon. Cotylédons foliacés, repliés dans leur longueur et roulés parallèlement autour de la radicule qui, droite et cylindri-

que, est tournée vers l’axe de la loge.

Localités. Cette plante, qui varie un peu par la forme et la pubescence de ses feuilles, a été recueillie dans plusieurs endroits du Brésil, plus fréquemment dans la province des Mines , savoir : dans les campos près de la ville de Paracatu dans ceux de Taracambi , près de JSossa Senora da Penha de Minas Novas, près du bourg de Contendas et d ' Olho d Agoa dans sa partie occidentale et déserte qu’on nomme Certaô , près de Formigas dans sa partie méridionale. Elle a été trouvée aussi dans des pâturages mixtes près de Tindamonliongaba , non loin de Thaubate 3 ville de la province de Saint- Paul. Récoltés du mois de mars jusqu’à celui d’août, ces échantillons présentent tous les passages depuis le bouton jusqu’au fruit après la dispersion des graines.

Usages. La décoction de sa racine est administrée dans les affections vénériennes. Nous ignorons sur quels effets est fondé l’emploi

MAPROUNEA RRASILIENSIS.

MAPROUNEA DU BRÉSIL.

FAMILLE DES EUPHORBI ACÉES.

M. foliis rotundis j breviter et obtuse acuminatis , integerrimis , glaberrimis ; capitulis masculis solitariis , floribus femineis infra geminis.

Nom vulgaire : Marmeleiro cio campo.

Description. Sous- arbrisseau de 2 à 3 pieds, à tige droite, ramifiée près de sa base, parfaitement glabre. Feuilles alternes, la plupart pendantes et un peu pliées dans leur longueur, de manière à offrir supérieurement une gouttière, longues de 1 pouce et 1/2, à peu près égalemen t larges, ovales ou plus généralement orbiculaires, rétrécies à leur sommet en une pointe courte et mousse, très -entières et bordées d’une zone linéaire et rougeâtre, un peu luisantes en dessus où les nervures se dessinent par des sillons superficiels, plus pâles en dessous où d’une nervure médiane saillante et rougeâtre en partent, à angle presque droit, plusieurs latérales dont les anastomoses nombreuses forment un réseau à peine saillant : pétioles longs de 3 ou 4 lignes, dressés, glabres, rougeâtres, canaliculés en dessus, arrondis en dessous. Deux Stipules à la naissance du pétiole, écailleuses, courtes, obtuses : on en observe aussi deux un peu plus grandes à la naissance des rameaux. Fleurs monoïques, les mâles formant de petits capitules ovoïdes terminaux, les femelles situées immédiatement au-dessous et alternant au nombre de deux.

Fleurs males : les capitules qui résultent de leur agglomération sont longs de 4 ou 5 lignes au plus ; ils présentent un axe renflé et ovoïde, de la surface duquel partent, à angle droit, de nombreuses écailles épaisses, acuminées, dont la pointe se redresse parallèlement à l’axe, et dont les deux côtés portent chaçun

en dedans un disque glanduleux stipiié ; les écailles inférieures, qui ne diffèrent pas des autres, mais qui sont à découvert, semblent former à la base du capitule une sorte d’involucre; à Vaisselle de chaque écaille s’insèrent 3 fleurs, deux latérales et la troisième médiane, plus voisine de l’axe et plus précoce que les deux autres : chacune de ces fleurs est portée sur un pédicelle qui, d abord presque nul, se développe proportionnellement avec elle et s articule avec sa base ; chaque pédicelle accompagné d’une bractée membraneuse assez large et déchiquetée. La fleur, développée sur son pédicelle , n’a pas une ligne de longueur : elle se compose d un calice tubuleux, évasé en cloche, découpé sur son bord en 4 lobes inégaux (dont deux alternativement plus grands se recouvrent l’un l’autre et cachent les deux plus petits dans le bouton), denticules, recourbés en dedans; et de deux filets soudés en un seul, qui fait saillie hors du calice, et porte fixé à son sommet courtement bifide deux anthères biloculaires, dont les loges ovoïdes et séparées par un sillon profond s’ouvrent en dehors par une fente longitudinale.

Fleurs femelles : elles sont portées sur un pédoncule glabre, épais et cylindrique, renflé à son sommet, articulé à sa base : immédiatement sous cette articulation et en dehors se trouve une écaille acuminée avec deux écailles latérales arrondies, qu on doit considérer sans doute comme un rudiment de feuille avec ses deux stipules qui ont conservé leur forme (et telle est aussi vraisemblablement la nature des écailles dans les capitules mâles). En dedans sont plusieurs bractées membraneuses et déchiquetées. La fleur femelle, développée sur son pédoncule, a 4 lignes de longueur; elle présente les caractères suivans : Galice courtement tubuleux, trifide, à lanières aiguës et denticulées. Style épais, cylindrique, partagé à son sommet en trois branches d’abord droites, puis réfléchies et contournées en dehors, hérissées supérieurement de nombreuses papilles stigmatiques. Ovaire un peu plus large que le style et caché par le calice, glabre , trilobé à l’extérieur, triloculaire; ces lobes répondant aux

loges et aux brandies, stigmatiques , alternent avec les divisions calicinales. Ovules solitaires dans chaque loge, suspendus vers son sommet à l’axe, ovoïdes, surmontés et comme coiffés d un petit arille lacinié, composés de deux substances différentes, Tune dorsale, blanchâtre et spongieuse, l’autre plus compacte et de couleui foncée. Le fruit n’a pas été observé.

Localités. Cette plante a été recueillie aux environs de Porto de Quebra Anzol, dans la province de Minas Geraës, et dans les Minas Novas, près de la Fazenda de Culâo , ou elle croit communément au milieu des petits bois nommés vulgairement Carascos. Elle fleurit d’avril à juin.

Usages. On fait bouillir ses feuilles avec de la boue., et on en tire ainsi une teinture noire qu’on applique aux étoffes de coton : elle n’est pas fixe. On sait que c’est d’une plante de la même famille que s’extrait une substance tinctoriale bien connue, le tournesol, et que beaucoup d’autres Euphorbiacées paraissent contenir des principes colorans analogues.— Nous ignorons sur quels effets est fondé l’emploi médical de la racine du Marmeleiro do campo, qu à Porto de Quebra Anzol , dit-on , on administre en boisson et en lavement dans les déran gemens d’estomac. Un tel emploi a droit d exciter l’étonnement, quand on se souvient des propriétés qui s observent généralement dans les Euphorbiacées et particulièrement dans des genres voisins de celui-ci {S apium, Excœcaria, Hippomane , etc.), propriétés si énergiques, si redoutables pour un estomac sain, et à plus forte raison pour un estomac malade. Il est vrai que les especes de ces genres dans lesquelles elles ont été constatées présentent toutes un suc laiteux et âcre, et que le Maprounea brasihensis paraît du nombre de celles qui en sont dépourvues.

Observations botaniques. — § I. Caracteres du genre Maprounea. Fleurs monoïques. Fleurs males réunies en un court capitule amenliforme , dans le quel elles sont disposées par deux ou par trois à l aisselle d écailles , dont les

inférieures forment sous le capitule une sorte cT involucre. Calice tubuleux , ly-fide. Etamines : deux fdets soudés en un seul saillant , terminé par deux anthères extrorses. Fleurs femelles situées au-dessous du capitule mâle , solitaires. Calice trifide. Style épais, trifide. Trois Stigmates réfléchis. Ovaire a trois loges, contenant chacune un seul ovule. Fruit capsulaire a trois coques, à graines osseuses et bosselées.

§ IL Des affinités de ce genre. — Plusieurs genres d’Eupliorbiacées à épis amentiformes composent dans cette grande famille un groupe extrêmement naturel. Tels sont les Hura, Hippomane , Sapium, Stillingia, Microstachjs , Omalanthus, Maprounea , Excœcaria , avec lesquels d’autres moins bien connus, Tri ad ica, Sebastiania , Gussonia, Commia, Colliguaya, ont une affinité évidente, et même devront vraisemblablement se fondre lorsqu’ils auront été étudiés plus soigneusement et comparativement. Déjà quelques-uns des premiers diffèrent à peine entre eux. Ainsi la réunion des Sapium et du Stillingia a été proposée, et on doit avouer que les caractères qui en distinguent le Microstachjs, ainsi que le Maprounea, sont bien légers, puisque ce ne sont que des modifications de l’inflorescence qui caractérise le groupe. Supposez que dans le Maprounea l’axe du capitule mâle s’amincisse ets’alonge, et que les écailles se trouvent ainsi écartées les unes des autres avec leurs petits fascicules de fleurs axillaires, au lieu de se presser et de se recouvrir comme elles le font , vous ne pourrez plus distinguer cette plante d’un Sapium ou d’un Stillingia que par un caractère bien faible, la soudure des deux filets dans la fleur mâle. C’est un nouvel exemple de ce qui est arrivé quelquefois dans plusieurs familles et notamment dans celle des Euphorbiacées, où le développement, différent de l’axe florifère, constitue la seule différence, et peut même masquer les rapports de genres du reste à peine distincts.

EXPLICATION DES FIGURES

ï. Inflorescence. On a coupé verticalement l’axe du capitule et enlevé ses fleurs, pour montrer l’origine et la situation des écailles. — 2. Une des écailles (a) séparée, avec les trois fleurs (bbb) situées à son aisselle et accompagnées de leurs bractées (ccc). — 3. Fleur femelle , sur son pédoncule. On a enlevé à labase les deux écailles stipuliformes, pour laisser voir les bractées qu’elles cachaient. Le calice et les parois de l’ovaire ont été coupés verticalement, pour montrer l’intérieur de deux loges avec les ovules qu’elles renferment.— 4. Section horizontale de l’ovaire entouré du calice.

LUHEA PANICULATA.

LUHEA A FLEURS PANICULÉES.

FAMILLE DES TILIACÉE S.

L. foliis ovatis obtusiusculis acutiusculisve , basi cordatis subtus rufo- albicantibus „ reticulo nervorum discolori „ floralibus multo brevioribus dissimilibus que ; cymis ad apicem ramulorum in paniculam magnam foliosam dispositis ; floribus non longe pedicellatis y calycis exterioris 9- partiti laciniis lance olatis ; petalis rhomboidalibus .

Luhea paniculata. Mart. nov. Gen. 1 , p. 100, Tab. 62.

JSom vulgaire : Açoita cavallos.

Description. Arbre de moyenne grandeur, un peu tortueux, à écorce fendillée : jeunes rameaux couverts d’un duvet tomenteux couleur de rouille ou d’un roux plus pale , formé de petits poils étoilés et qui finit par tomber. Feuilles régulièrement alternes de manière à tourner toutes la meme face du meme côté , longues de 4-5 ponces, larges de la moitié à peu près, échancrées en cœur à leur base, ovales, obtuses ou légèrement aiguës à leur sommet, à côtés un peu inégaux et conséquemment obliques, dentées sur leur contour, à dents courtes inégales et aiguës, parsemées en dessus de petits poils étoilés roussâtres qui rendent leur surface âpre au toucher, veloutées en dessous où les nervures saillantes et anastomosées entre elles à angles droits dessinent sur un fond blanchâtre leur réseau d’un roux plus foncé : pétioles longs de 4 lignes, épais, cylindriques, veloutés. Les feuilles des rameaux florifères sont tout-à-fait différentes, longues d’un pouce au plus, ovales, veloutées sur leurs deux faces, et portées sur des pétioles plus grêles longs de 2 à 3 lignes. Stipules caduques. Fleurs disposées à l’aisselle de ces dernières feuilles en cymes longues d’un pouce au plus, dans chacune desquelles la fleur centrale est portée sur un pédicelle long de six lignes

à peu près, les deux rameaux latéraux deux fois plus courts, inégaux entre eux et eux-mêmes une ou deux fois dichotomes : sous chaque dichotomie, trois bractées obtuses et diversement soudées entre elles forment une sorte d’ involucre qui se détache bientôt d’une seule pièce. L’ensemble de toutes ces cymes forme à l’extrémité des branches des panicules feuillées de plusieurs pouces, dans lesquelles les rameaux, les feuilles, les pédoncules, les pédicelles , les bractées, les calices sont couverts d’un duvet tomenteux roussâtre. Calice double : l’extérieur composé de 9 folioles verticillées, longues de 4 lignes, lancéolées-linéaires ; l’intérieur plus long d’un tiers, profondément quinquéparti , à divisions ovales, acuminées , couvertes en dehors d’un duvet tomenteux plus pâle que celui du calice extérieur et roulées en dessous par leur sommet , glabres en dedans. Cinq pétales alternes avec les divisions du calice intérieur, un peu plus longs que lui , rétrécis et épaissis à leur base en un onglet cunéiforme, pubescent, cilié, portant en bas et en dedans une très -petite glande bilobée adnée à sa surface, à limbe rhomboïdal, entier et plane dans sa moitié inférieure, dentelé et crépu dans la supérieure, parcouru par des veines nombreuses et. menues dans le sens de sa longueur, blanc et prenant par la dessication une teinte d’un rouge jaunâtre. Étamines nombreuses, plus courtes de moitié (pie les pétales, disposées en cinq faisceaux dont l’insertion alterne avec celle des pétales également hypogynique : dans chacun les blets glabres supérieurement, couverts inférieurement de poils blancs et soyeux, sont unis par leur base qui simule une sorte d’ écaille , puis se partagent en deux faisceaux secondaires, l’un extérieur composé de blets plus courts et stériles, et qui présente l’aspect d’une languette frangée; l’autre intérieur composé de blets anthérifères , inégaux : anthères attachées vers le milieu de leur dos au sommet du blet aminci en bl, introrses dans le bouton, vacillantes dans la fleur, d abord orbiculaires et plus tard recourbées, à deux loges que parcourt dans leur longueur une petite cloison médiane et qui s ouvrent

Usages. On se sert de son écorce pour tanner le cuir. Un autre arbre du meme genre, également originaire du Brésil, 1 e Luhea divaricata , a un bois blanc, tendre et léger, mais en même temps d’un grain serré, de sorte qu’il peut être travaillé avec facilité et avantage, et qu’il est employé pour différens ouvrages, notamment pour des crosses de fusil. C’est probablement à cause des mêmes qualités, qu’avec le bois du Luhea grandiflora on fait des semelles de souliers pour aller dans les marais. En général, celui de toutes les espèces de ce genre , dont les derniers voyages au Brésil ont singulièrement augmenté le nombre, offre ce double avantage de la

chacune par une seule fente longitudinale. Style s’élevant un peu plus haut que les étamines , prismatique-pentagone, pubescent inférieurement, glabre et élargi supérieurement. Stigmate pentagone, présentant à son centre un enfoncement d’où partent en rayonnant cinq demi- sillons qui séparent autant de lobes. Ovaire libre, sessile, globuleux et revêtu d’une couche épaisse de poils blanchâtres et soyeux, mais relevé de cinq angles aigus après que cette couche a été enlevée, quinquéloculaire : du fond de la loge s’avance une lame longitudinale , sorte de cloison incomplète qui suit la suture et disparaît vers le bas. Ovules au nombre de douze dans chaque loge, imbriqués sur deux rangs, comprimés, globuleux ou ovoïdes, mais surmontés d’une aile demi-elliptique et dressée de laquelle résulte une forme générale dont le contour pourrait être comparé à celui de l’oreille humaine, suspendus à l’angle interne au moyen d’un court funicule qui s’insère au-dessous de l’aile, parfaitement glabres. Nous n’avons pas vu le fruit : suivant M. Martius, c’est une capsule de la grosseur d’une noisette, pubescente, légèrement pentagone.

Localités. Cette espèce a été recueillie en fleurs au mois d’août sur les confins du désert du Rio de S. Francisco, non loin de l’habitation appelée Pe do Morro.

ténacité unie à la flexibilité : de là l’usage général qu’on fait de ses baguettes pour fouetter les bêtes de somme et le nom vulgaire , et, pour ainsi dire générique, d’ Açoita c avalio s , que portent la plupart de ces arbres.

Observations botaniques. — Caractères du genre Luhea. — Calice double; l’extérieur divisé jusqu’à sa base en 6, ou plus souvent 9 parties ; l’intérieur en 5. Petales alternant avec les divisions du calice intérieur, rétrécis il leur base en un onglet qui porte en dedans une petite glande adnée. Étamines nombreuses, disposées eu cinq faisceaux qui alternent avec les petales , et dans chacun desquels les filets extérieurs stériles forment une sorte de pinceau ou de languette frangée , les intérieurs portent chacun une anthère vacillante, bilo culaire, s’ouvrant par deux fentes longitudinales. Style simple. Stigmate ombiliqué , quinquelobe. Ovaire velu, a cinq loges qui contiennent plusieurs ovules ailés , imbriqués sur deux rangs, suspendus a l’angle interne. Fruit capsulaire , s’ouvrant jusque vers son milieu seulement en 5 valves , pot tant les cloisons opposées, a cinq loges contenant plusieurs graines dont Informe et la situation est celle des ovules. Embryon situé dans l axe d un perisperme charnu , a cotylédons foliacés , a radicule plus courte tournée veisle hile qui est situé plus ou moins haut sur le bord interne de la graine.

EXPLICATION DES FIGURES

.. Un faisceau d’étamines. — 2. Pistil, dont l’ovaire a été coupé verticalement, de manière à laisser voir deux loges avec leurs ovules. — 3. Ovule sépaié.

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