‹ Plantes usuelles des Brasiliens (volume 3)Chapitre 7 sur 56 · FAMILLE DES RUBIÀCÉ ES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES RUBIÀCÉ ES

R. caulibus apice praecipue molliter hirsutissimis ; foliis ovatis vel ovato-ellipticisj acutis } marginibus praecipue scabris per paria distantibus ; stipulis ultra medium divisis / corollae laciniis pilosis ( floribus roseis ).

Nom vulgaire ; Poaya do campo.

Description. Racine tortueuse, de la grosseur d’un tuyau de plume , garnie de fibrilles capillaires, blanche au centre , d’un noir violet à l’extérieur, d’une saveur assez analogue à celle du Cephaelis Ipecacuanha. Tiges étalées sur la terre, longues d’un pied à un pied et demi, très-rameuses, quarrées, très-hérissées, surtout au sommet : rameaux étalés , ou ascendans , semblables a la tige : poils de la tige, des rameaux, des pétioles, et des stipules longs, blancs et assez mous. EwTRENceuns longs d’environ 2 pouces et demi. Feuilles opposées, pétiolées , longues de 8 à i5 lignes, larges de 6 à 8, irrégulièrement ovales ou ovales-elliptiques, un peu décurrentes sur le pétiole , rudes au toucher , principalement sur les bords ; les supérieures souvent plus étroites, oyales-lancéolées ou ovales-oblongues : poils des feuilles couchés, courts, subulés, durs : pétiole long de 3 à 6 lignes, assez large, hérissé, canaliculé en dessus. Stipules intermédiaires, adhérentes aux pétioles des deux feuilles voisines, arrondies au sommet, hérissées, divisées au-dela de moitié en lanières sétacées, écartées. Fleurs réunies en tele à 1 extrémité de la tige et des rameaux , et accompagnées d un involucre composé de 2 ou 4 folioles sessiles, rudes au toucher; quand il n’y a que deux folioles, elles sont ovales-aiguës , larges à la base; quand il y en a 4? les deux intérieures sont plus petites, et souvent étroites, oblon gues-lancéolées . Outre les têtes de fleurs terminales^ il arrive quelquefois qu’à l’entrenceud immédiatement inférieur , il y a aussi

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un verticille de fleurs également accompagné d’un involucre à 4 folioles. Calice adhérent, obové-pyramidal , trigone; dont le tube est garni de poils courts, couchés, rudes, qui ont quelque chose de la nature dés papilles; dont le limbe est 5-7-partite, à divisions semi-ovales-oblongues , aiguës , ciliées, un peu inégales. Corolle longue d’environ 3 lignes, infondibuliforme , 5-7-fide, rose ; dont les divisions sont étalées en étoile, lancéolées-oblongues, aiguës, souvent un peu inégales, hérissées en dehors de poils épars. Étamines au nombre de 5 à 7 , sortantes, glabres, blanches, insérées au sommet du tube de la corolle, et entre les divisions du limbe : filets capillaires : anthères, linéaires, étroites, vacillantes, attachées sur le filet à la moitié de leur dos, biloculaires , et s ouvrant longitudinalement. Style sortant, glabre, à 3 divisions fort courtes. Stigmates au nombre de 3, et en tète. Nectaire épigyne, annulaire , court, entourant la base du style sans y adhérer. Ovaire adhérent, 3 loculaires, à loges monospermes : ovules ascendans, attachés dans l'angle interne des loges, sans placenta particulier. Fruit capsulaire, se séparant, par le milieu des cloisons, en trois coques indéhiscentes , en cœur renversé , applaties , convexes au côté extérieur qui est garni de poils couchés, concaves a la face interne qui est relevée d’une cote à son milieu. Semence adhérente à la coque , ayant à peu près la meme forme quelle, applatie, orbiculaire-cordiforme , peltée, peu arquée. Tégument ^opre membraneux, roussâtre. Ombilic placé au-dessous du milieu de la ace de la semence. PÉrisperme grand, corné-charnu. Embryon place dans l’axe du périspenne dont il occupe les deux tiers inferieurs, un peu arqué , parallèle au plan de l’ombilic , et suivant la courbure de la semence : cotylédons planes, orbiculaires , beaucoup plus courts que la radicule : radicule cylindrique, un peu aiguë , aboutissant presque au bord inférieur de la semence.

Localités. Cette plante est commune dans les parties assez elevees et découvertes des Comarcas de S. Joao-del-Rey et Villa- Rica, surtout sur le bord des chemins , et dans les lieux fréquentés.

Usages. Cette plante est employée avec un très-grand succès par les cultivateurs des environs de Joao-del-Rey , pour remplacer le Cephaelis Ipecacuanha , qui ne croît point dans leur pays. Nonseulement ses propriétés sont les mêmes que celles du véritable Ipecacuanha , mais encore on en obtient des résultats semblables à des doses moins considérables. A présent que le Cephaelis Ipecacuanha devient moins abondant, les Brasiliens pourraient essayer d’envoyer en Europe les racines du Richardsonia rosea , dont on ne tarderait pas sans doute à reconnaître les avantages. Cette plante serait aussi beaucoup plus facile à cultiver que le Cephaelis \ car elle multiplie avec une extrême facilité ; elle n’a pas besoin d’ombrage, et s’accommode très-bien des terrains battus et peu fertiles.

Observations botaniques . Le genre Richaiidsonia se caractérise principalement par son calice adhérent } dont le limbe est a 5-y divisions profondes ; sa corolle infon dibuliforme , dont le tube , toujours nu , est fort évase au sommet , dont les divisions au nombre de 5 à 7 sont étalées en étoiles ; par ses étamines au nombre de 5 à 7 , sortantes , et insérées entre les divisions de la corolle; son style 3-fide ; ses trois stigmates en tête; son ovaire inférieur en pyramide renversée, 3-loculaire , a loges monospermes ; ses ovules ascendans ; ses fruits capsulaires qui se séparent en 3 coques indéhiscentes ; une graine peltée ; un grand périsperme charnu-corné ; un embryon un peu arqué comme la semence , placé dans l’axe du périsperme , et parallèle au plan de l’ombilic; enfin une radicule inférieure. — Ce genre est extrêmement voisin du Spermacoce , et ne s en distingue réellement que par le nombre des parties.

EXPLICATION DE LA FIGURE

a . Corolle grossie.

RICHARDSONIA SCABRA.

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