‹ Plantes vasculaires des environs de CherbourgChapitre 2 sur 28 · UU · texte numérisé non relu

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PLANTES VASCULATRES

DES Ro

Depuis vingt-cinq ans que j'herborise aux environs de Cherbourg, j'ai désiré bien des fois soumettre aux botanistes l'énumération des plantes que j'ai observées dans celte localité ; l'espoir de parvenir à rendre cette énumération, sinon plus complète, du moins plus correcte sous le rapport de la détermination des espèces, m'en a fait, d'année en année, retarder l'impression. Aujourd'hui, le motif de mes longues hésitations subsiste toujours le même, et l'on s’en apercevra aisément en parcourant la liste suivante, dans laquelle plusieurs genres sont imparfaitement étudiés et beaucoup d'espèces demeurent litigieuses ; mais, plus les années s’écoulent, moins il me reste de loisirs à consacrer aux herborisations, et un nouveau délai ne ferait qu’accroître les desiderata de mes études au lieu de les diminuer. Je me décide donc à présenter mon travail tel quel, me réservant de le compléter et de l’'émender plus tard, si la chose m'est possible ; je crois utile de le publier, parceque la végétation des environs de Cherbourg, quelque restreinte que soit cette localité, me paraît offrir un caractère intéressant au point de vue de la géographie botanique.

Cherbourg, situé par 49° 38 lat. N., et 3° 57 longit. O., à l'extrémité de la presqu'île du Cotentin quis’avance au milieu de la Manche, est soumis d’une facon toute particulière à l'influence qu'exerce l'Océan sur les elimats, et par suite, sur la végétation. La température moyenne des saisons, déduite de dix années d’obser vations faites à Cherbourg et comparées à celles qui ont

été faites à Paris pendant les mêmes années, est, suivant M. Liais, (1)

à Cherbourg à Paris HiVOr HE. 0 + 6906 + 3030 Printemps... + 10,39 + 10,20 5 Ft tn + 16,67 + 18,35 Automne.... + 12,02 + 10,95 Moyennes... + 11,29 + 10,70

L'automne et l'hiver sont donc moins froids à Cherbourg qu'à Paris, mais l'été y est moins chaud. Il faut ajouter que, à Cherbourg, le thermomètre descend rarement au-dessous de zéro et ne s’y maintient jamais pendant plusieurs jours de suite. Il résulte de la température de notre climat, que la floraison de beaucoup de plantes se prolonge jusqu'à l'hiver et même pendant l'hiver, que la défeuillaison des arbres et des arbustes a lieu tardivement et souvent d'une manière incomplète, qu'un certain nombre de plantes vivaces conservent leurs feuilles

radicales, que d’autres plantes sont longuement perennantes.

(1) Ces chiffres sont empruntés à un remarquable travail de M. Emm. Liais, intitulé : Influence de la mer sur les climats, ou Résultats des observations météorologiques faîtes & Cherbourg, (Mém. de la Soc. Imp. des Sciences nat. de Cherbourg, T. VII). Consulter également un article du même auteur, intitulé : Considérations sur le climat de Cherbourg. (Bulletin de la Soc. d'Horticulture de Cherbourg, 1848).

La douceur de nos hivers se trouve du reste démontrée jusqu'à l'évidence par la possibilité de cultiver, en pleine terre et à l'air libre, de nombreux végétaux qui, dans des contrées plus méridionales mais éloignées des bords de l'Océan, exigent l'abri des serres ; telles sont diverses plantes originaires du Cap de Bonne-Espérance, de la Chine et du Japon, de la Nouvelle-Zélande et de la Nouvelle-Hollande, de l'Amérique australe, etc. (1). Sans entrer dans le détail de ces plantes d'introduction assez récente, il suffira de citer les figuiers, les lauriers, les myrtes, qui, naturalisés sur notre littoral depuis une époque très reculée, y acquièrent des dimensions vraiment remarquables : iln’est pas rare en effet d'y voir des lauriers et des figuiers de 8 à 10 mètres, des myrtes de 2 à 3 mètres de hauteur.

Les conditions climatériques accusées par les faits précédents ont dù nécessairement exercer leur influence sur la végétation autochtone; aussi ne faut-il pas s’étonner si l'on rencontre dans notre contrée un assez grand nombre de plantes appartenant à la flore méridionale ou méditerranéenne, et qui, remontant le long des côtes occidentales de la France, ne dépassent guère Cherbourg dans la direction du Nord-Est, bien que plusieurs d’entre elles atteignent une limite plus septentrionale sur le littoral Sud-Ouest de l'Angleterre et de l'Irlande, littoral soumis aux mêmes influences atmosphériques.

(1) Consulter deux mémoires très intéressants publiés par M. J. Duprey, président de la Société d'Horticulture de Cherbourg, le premier intitulé : De la possibilité de cultiver à l'air libre sous le climat de Cherbourg, un certain nombre de végétaux exotiques (Bulletin de la Soc. d'Hort. de Cherbourg, 1846); le second : Des végétaux exotiques cultivés à l'air libre sous le climat de Cherbourg (Bulletin n° 2, 1848).

Je signalerai plus particulièrement comme étant dans ce cas, les Lagurusovatus, Romulea Columnæ, Matthiola sinuata, Trifolium angustifolium, Tr. Bocconi, Tr. suffocatum, Trigonella ornithopodioides, Scirpus Savrti, Erodium maritimum, Phalaris minor, Cynosurus echinatus, Daucus gummifer, Lavatera arborea, Silene cretica, Lotus hispidus, L. angustissimus, Diotis candidissima.

On peut encore ranger dans la même catégorie de plantes méridionales, bien qu'elles soient répandues ailleurs en Normandie et dans le Sud de l'Angleterre, et que par exception quelques unes d’entre elles s’avancent dans le Nord-Est jusque sur le littoral des Pays-Bas, les plantes suivantes qui, pour la plupart, sont abondantes à Cherbourg: Umbilicus pendulinus, Cyperus longus, Briza minor, Polypogon monspeliense, Poa loliacea, Inula crithmoides, Crithmum maritimum, Helminthia echioides, Trifolium glomeratum, Tr. subterraneum, Tr. micranthum, Linum angustifolium, Androsæmum officinale, Fœæniculum officinale, Ranunculus parviflorus, OEnanthe crocata, Bartsia viscosa, Salvia verbenaca, Tillæa muscosa, etc. Toutes ces plantes croissant plus spécialement dans l'Ouest de la France, pourraient au premier abord être attribuées à la flore occidentale, sien même temps elles n’habitaient la région méditerranéenne qui est le véritable centre de leur aire.

La flore occidentale ou atlantique a aussi de nombreux représentants à Cherbourg, et en effet, le département de la Manche, au point de vue de sa végétation et de sa constitution physique, appartient naturellement à la Bretagne plutôt qu'à la Normandie. Je citerai seulement, comme exemples de notre végétation occidentale, les Erythræa diffusa, Eepidium Smithii, Ulex Gallii,

U. nanus, Batrachium Lenormandi, Sedum anglicum, Erica ciliaris, Statice occidentalis, Scrophularia scorodonia, Linaria arenaria, Sibthorpra europæa, Pinquicula lusitanica, Euphorbia portlandica, Festuca sabulicola, Asplenium lanceolatum, A. marinum, Koeleria albescens, Rumex rupestris, Galium neglectum, Lobelia urens, Hymenophyllum Tunbridgense.

Quant aux plantes septentrionales qui se trouvent à Cherbourg, elles sont en très petit nombre, et toutes sont des espèces maritimes qui descendent encore plus au Sud sur les côtes de la Bretagne et quelques unes mème jusque dans le golfe de Gascogne ; je ne vois guère à citer dans cette catégorie que les Cochlearia anglica, C. danica, Raphanus maritimus, Crambe maritima, Atriplex crassifolia, Salicornia radicans, Artemisia marilima.

Il est sans aucun doute inutile d'ajouter que, du reste et dans son ensemble, la végétation de la presqu'île de la Manche appartient à la flore vulgaire de l'Europe tempérée.

Le sol des environs de Cherbourg est très accidenté, mais les collines n’atteignent qu'une faible élévation; et, par suite de sa constitution physique aussi bien que par le fait de l'homme, le nombre des espèces qui y croissent à l'état sauvage est relativement restreint. En premier lieu, le pays est presque entièrement envahi par les cultures, de telle sorte que les plantes autochtones sont éparses dans les haies et au bord des chemins, et que les seules stations où il leur soit permis de croître en liberté et en société, se bornent à quelques landes et bruyères arides ou tourbeuses, aux falaises et aux dunes du littoral. Il n'y a dans notre arrondissement nigrands bois, nigrands marais, ni grandes rivières; mais seulement des ruis-

seaux, des prés marécageux, des bouquets d'arbres et des taillis. Par là, nous sommes privés de plusieurs plantes qui ne trouvent pas iciles stations qu’elles affectionnent.

Il est une autre cause, plus importante, qui restreint considérablement le nombre des espèces indigènes dans notre arrondissement ; c’est l'absence des terrains calcaires, et par suite, l'absence d'une foule de plantes, vulgaires partout ailleurs et même dans l'arrondissement limitrophe de Valognes. Les plantes des moissons calcaires nous font entièrement défaut.

La constitution minéralogique des environs de Cherbourg est presque exclusivement siliceuse; le sous-sol est formé de roches granitiques, de schistes, quartz, grès, arkose, ete. Les marbres de transition n’y pénètrent qu'à l'extrémité Sud-Ouest, dans les communes de Surtainville et de Pierreville, et par conséquent dans une très minime étendue. Sur quelques autres points de la Hague, au Rozel, à Siouville, à Gréville, il existe il est vrai quelques traces de calcaires, mais en trop minime quantité pour enlever à notre végétation le caractère nettement silicéen, que lui donnent les espèces suivantes qui dominent par leur abondance dans notre contrée : Umbilicus pendulinus, Sarothamnus scoparius, Ulex (spec. omnes), Galium saxatile, Vaccinium myrtillus, Erica cinerea, E.ciliaris, E.tetralix, Calluna vulgaris, Digitalis purpurea, Pteris aquilina, Sedum anglicum, Castanea vulgaris, Betula alba, B. pubescens, Quercus pedunculata, Verbascum nigrum, Lysimachia nemorum, Montiarivularis, Wahlenbergia hederacea, Carum verticillatum, OEnanthe crocata, Anagallis tenella, Chrysosplenium oppositifolium, Batrachium hederaceum, B. Lenormandi, [lex aquifolium, Cardamine hirsuta et

DES ENVIRONS DE CHERBOURG. {f

C. sylvatica, Teesdalia iberis, Corydalis claviculata, Lychnis sylvestris, Radiola linoides, Hydrocotyle vulgaris, Elodes palustris, Hypericum humifusum, Exacum filiforme, Luzula maxima, Rumex acetosella, Oxalis acetosella, ete.

Si, dans la liste des plantes de Cherbourg, on voit figurer quelques espèces calcicoles, telles que : Hutchinsia petræa , Hippocrepis comosa, Anthyllis vulneraria, Eryngium campestre, Carduus nutans et C. tenuiflorus, Cirsium acaule, Asperula cynanchica, Hyoscyamus n1ger, Veronica spicata, Thesium humifusum, Lamium ampleæicaule, Salvia verbenaca, Diplotaxis muralis et D. tenuifolia, Fris fœtidissima, Poterium dictyocarpum, ete., — il faut remarquer que ces plantes sont toutes localisées exclusivement sur le littoral même, dans les sables, pelouses et champs sablonneux, où l'élément calcaire leur est abondamment fourni par les débris des coquilles marines et des galets de toute nature charriés par la mer. Si, à une certaine distance du rivage, dans l'intérieur desterres, on rencontre parfois quelques plantes calcicoles, telles que : Petroselinum segetum, Sison amomum, Inula conyza, Chlora perfoliata, Alopecurus agrestis, Centaurea scabiosa, Clematis vitalba, Viola hirta, etc., — il faut encore ne pas perdre de vue que ces exceptions sont très rares, que les échantillons sont presque toujours isolés, et que leur apparition est pour ainsi dire accidentelle. D'ailleurs, il est une cause qui peut leur permettre de se perpétuer dans ces localités: c'est que beaucoup de nos roches, bien que siliceuses ou alumineuses pour la presque totalité de leurs parties conslituantes, renferment aussi quelquefois une petite proportion de carbonate de chaux (les talcites de Cherbourg à Querqueville, les phyllades et les schistes

dévoniens de quelques autres localités sont dans ce cas) ; c'est que, d'autre part, la majeure partie de nos terres arables sont devenues légèrement calcaires par accident, c'est-à-dire par l'addition des sables marins et de la chaux que l'on emploie comme fumure, et ont ainsi acquis des propriétés qu'elles n'avaient pas dans le principe.— La question de l'influence chimique des terrains sur la végétation est encore une des questions le plus controversées, mais peut-être ne s'est-on pas assez préoccupé d'une cause facile d'erreur dans les appréciations, à savoir : que les roches siliceuses sont souvent calcarifères, et que, par contre, certains calcaires renferment quelquefois une notable proportion de silice ; peut-être ce fait donnerait-il l'explication des cas anormaux que l'on a fait valoir pour nier l'influence chimique des terrains , et permettrait-il de reconnaître que ces exceptions ne servent qu'à confirmer la règle.

La liste suivante comprend seulement les espèces qui croissent dans l'arrondissement dont Cherbourg est le chef-lieu. J'ai cru devoir adopter cette limite artificielle, parcequ'elle devient en quelque sorte naturelle, si l'on considère que notre arrondissement est, comme je lai déjà dit, constitué par des roches siliceuses, tandis que l'arrondissement limitrophe repose en majeure partie sur des roches calcaires; mais il faudrait toutefois ajouter à notre territoire la partie du Val-de-Saire située entre Barfleur et Saint-Vaast, qui, dépendant administrativement de l'arrondissement de Valognes, appartient naturellement à la contrée dont Cherbourg est le centre. La presqu'ile du Cotentin, formant la moitié septentrionale du département de la Manche, peut en effet se partager en deux régions séparées par une ligne transversale, allant du Rozel sur la côte Ouest, à Saint-Vaast sur la côte

Est; la région du Nord ou des environs de Cherbourg, renferme toutes les roches granitiques, l'arkose et les stéaschistes de la presqu'ile, —roches qui manquent presque entièrement dans la région Sud ou des environs de Valognes, où par contre dominent les calcaires (1). J'ai en conséquence un peu dépassé leslimites de notre arrondissement dans le Val-de-Saire, en admettant dans maliste un très petitnombre d'espèces que je n’aiencore observées que sur le littoral de Barfleur à Saint-Vaast ; j'ai toutefois appelé l'attention sur ces plantes en les désignant par le signe *. J'ai indiqué de plus, en notes et à titre de renseignements, quelques plantes que l'on trouve près de nos limites, mais dans l'arrondissement de Valognes.

Parmi les plantes que l’on rencontre à l'état sauvage, il en est un certain nombre quine sont que naturalisées, quelquefois même très incomplètement naturalisées ; on a cependant l'habitude de les comprendre dans presque tous les catalogues ou flores locales. J'ai cherché à distinguer du mieux qu'il m'a été possible les espèces véritablement indigènes de celles qui m'ont semblé avoir été introduites dans notre contrée, et j'ai indiqué ces dernières par le signe *. J'ai signalé de la même manière quelques plantes qui, bien que certainement indigènes dans les autres régions de la Normandie et même de notre département, ne m'ont apparu ici qu'accidentellement et dans des conditions quine me permettaient pas de les regarder comme faisant incontestablement partie de la végétation autochtone. Sans doute mes appréciations peuvent être erronées en certains cas ; je pense néanmoins que de pareilles indications ont une utilité réelle, car dans les discussions relatives à l'aire géogra-

(1) Consulter la carte géologique du département de la Manche, par M. de Caumont.

phique de certaines espèces, on prend souvent trop à la lettre les indications de la plupart des catalogues, où figurent généralement, parmi les plantes indigènes, des plantes naturalisées et n'appartenant pas à la végétation primitive du pays. Quant aux espèces d'origine étrangère, importées depuis des époques reculées dans nos cultures où elles ont acquis droit de cité, telles que les Papaver, Agrostemmagithago, Centaureacyanus,Scandix pecten, Chrysanthemum segetum, Lolium temulentum, Euphorbia exiqua, ete., comme elles sont ici absolument dans les mêmes conditions que partout ailleurs dans l'Europe occidentale, il était inutile de leur accorder dans ma liste une marque distinctive.

Toutes les plantes intéressantes des environs de Cherbourg sont depuis lougtemps déjàsignalées dans l'ouvrage classique pour notre province, qui, arrivé à sa 3° édition, occupe un rang si mérité parmi les flores régionales de la France ; sous ce rapport, ma liste n’a rien à ajouter aux recherches du savant auteur de la Flore de Normandie, et se trouve réduite au rôle bien modeste de faire ressortir la végélation caractéristique d’un point très restreint de notre territoire.

Ayant écrit cette liste plutôt en vue des documents qu'elle peut fournir pour la géographie botanique, que pour servir de guide dans les herborisations aux environs de notre ville, je me suis borné à indiquer les stations, et je n'ai cité quelques localités, quelques noms de communes ou de régions, que pour les plantes rares ou celles que l'on considérait comme rares. D'ailleurs, un travail très complet, poursuivi avec une exactitude et une patience extrêmes, a été entrepris depuis plusieurs années par M. Bertrand-Lachênée, dans le but d'établir une statistique botanique des diverses communes de l'arron-

dissement de Cherbourg ; on trouvera sans aucun doute dans ce travail les détails les plus précis sur toutes les localités habitées par nos plantes. M. Bertrand-Lachènée m'a communiqué plusieurs espèces intéressantes et indiqué les localités où le plus souvent je suis allé les observer moi-mème.

J'ai reeu des renseignements précieux de M. le D". Lebel, de Valognes, qui connait à fond la végétation de la presqu'ile du Cotentin, et qui, plus que personne, est à mème de dresser l'inventaire général des plantes de cette contrée, sur lesquelles il a publié en 1848 un premier fascicule d'observations dont la suite est vivement désirée.

M. de Gerville, le premier, publia en 1827, dans les Mémoires de la Société Linnéenne de Normandie, une liste des plantes du département de la Manche, parmi lesquelles il est quelques espèces, signalées dans nos environs, dont je n'ai pu depuis lors constater l'existence dans notre pays. Plus tard, en 1840, un catalogue des plantes de notre arrondissement fut inséré dans le Nouveau Guide du Voyageur à Cherbourg; mais ce catalogue, qui consiste en une simple énumération sans noms d'auteurs et sans indication de localités, renferme des erreurs et ne peut être accepté sans contrôle.

J'ai admis dans ma liste plusieurs plantes d’après les indications de M. P. À. Delachapelle, qui étudia pendant de longues années la végétation de notre pays, et envers qui je conserve un sentiment de vive gratitude pour l'obligeance avec laquelle il me permettait de consulter son herbier et me donnait des avis utiles pour me guider dans mes premières herborisations : herborisations qu'alors je faisais en compagnie de mon ami M. Edél. Jardin, qui depuis a rapporté une foule de

plantes des côtes occidentales d'Afrique et des îles Marquises et en ce moment fait de nouvelles récoltes botaniques aux Antilles.

Il me reste à accuser une dette de profonde reconnaissance envers les savants botanistes qui ont daigné me venir en aide pour la détermination, souvent si délicate et si embarrassante, des espèces critiques de notre pays; et je suis heureux de pouvoir reconnaître ici les obligations tout particulières que je dois sous ce rapport à MM. Boreau, Grenier et Jordan, à l'expérience desquels j'ai eu si souvent recours el qui ont toujours mis le plus aimable empressement à m'éclairer de leurs conseils; à M. J. Gay, qui a bien voulu me donner quelques renseignements sur la distribution géographique de certaines plantes; à M. Duval-Jouve, qui a révisé mes Glumacées ; à MM. Godron et Ph. Müller, qui ont examiné mes Rubus; à MM.J. Agardh, Andersson, Blytt, Chatin, Cosson, De Brébisson, Des Moulins, De Notaris, De Schænefeld, Duby, Funk, Klinsmann, Lenormand, Lloyd, Oudemans , Planchon, Radikofer, Ruprecht, Sanguinetti, C. H. Schultz, Syme, Thuret, Timbal-Lagrave, ainsi qu'à beaucoup d’autres botanistes français et étrangers, qui, par l'envoi de nombreuses collections renfermant des types authentiques, m'ont mis à même de comparer les plantes de notre pays avec celles des autres contrées de l'Europe.

La liste suivante est disposée d’après l’ordre adopté par MM. Grenier et Godron dans leur Flore de France. Lorsque je n'ai pas vu moi-même une plante dans les limites de notre arrondissement, j'ai cité entre parenthèses le nom du botaniste qui m'en a communiqué des échantillons ou sous l'autorité duquel elle est signalée.

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