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librairie Générale de ID. lOSTE, éditeur,
Rue dM Champ*, 43.
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Lorsqu'au mois d'Août i8T7, le Musée Plantin-Moretus fut ouvert à la curiosité du public et à V admiration des savants, des artistes et des connaisseurs, le besoin d'une notice sur Plantin et son Imprimerie se fit vivement sentir.
Jusqu'alors on n'avait que des articles biographiques épars dans les dictionnaires ou les revues^ quelques études sur Vun ou Vautre point de Vexistence du grand homme et la bibliographie des ouvrages sortis de ses presses. Ce qu'il aurait fallu, une notice, aussi com^plete que possible, d'une lecture attrayante, sur la vie et les travaux de Plantin, manquait encore.
On aurait dit que V Académie Royale de Belgique eut le pressentiment de cette lacune à combler, lorsqu'en i815 elle mit au concours la Biographie de Plantin,
Ce fut le mémoire que nous traduisons ici, envoyé, en iS16, au second appel des concurrents, qui obtint le prix Stassart à V unanimité des voix.
Voici comment le rapporteur du jury, M, Scheler, Bibliothécaire du Roi, parle de Vouvrage dont nous présentons au public la traduction française.
Le mémoire n** 2, portant la devise Labore, est écrit en flamand ; il comprend 121 pages petit in-4°. L'auteur me semble avoir parfaitement compris la portée de Ja lâche
qu'imposait la formule de la question ; il a senti que ce que Ton demandait n'était pas une dissertation savante sur Plantin et son œuvre, une monographie destinée à instruire, orienter et éclairer le bibliographe ou l'historien littéraire, mais un tableau fait avec art, retraçant fidèlement et sous ses divers aspects, pour le grand public lettré, la physionomie de l'illustre typographe anversois, et représentant à la fois avec vérité le milieu politique, social et scientifique dans lequel il a déployé sa féconde activité. Grâce aux nombreux détails que, surtout dans ces derniers temps, l'érudition a rassemblés sur Christophe Plantin et qui tous sollicitent l'attention et la critique du biographe, il serait facile à quelque judicieux et compétent compilateur de composer un gros volume, bourré de citations et de documents, sur l'émule des Àlde et des Estienne.
Mais moins aisée est la tâche qui consiste à condenser en quelques feuilles d'impression la substance de tous les matériaux disponibles, à être à la fois concis et complet, attachant par la forme et sobre de rhétorique creuse et artificielle, compassé dans l'ordonnance de la matière sans se rendre l'esclave d'un ordre mathématiquement tracé.
La tâche, ainsi envisagée, a été, à mon avis, aussi bien remplie que comprise par l'auteur.
Son travail débute par un aperçu de l'état moral et matériel de la ville d'Anvers au moment où Plantin vint s'y fixer et par l'exposé des faits biographiques antérieurs à son premier établissement. Sur ce dernier point, la part de la légende est sobrement et sûrement démêlée. L'auteur fait preuve de la même circonspection, de la même défiance, à l'égard des récits qui concernent les débuts industriels de Plantin ; par contre il n'hésite pas à accorder une juste part de vérité à la relation du fameux manuscrit de Leyde, révélant les rapports du futur architypographe royal avec le chef de la secte mystique de la Maison de la Charité. Les pages consacrées aux
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premières aanées de l'activité typographique de Plantin, tout en énumérant ses principaux produits, accompagnent ce dénombrement d'intéressants aperçus sur les progrès successivement réalisés, tant au point de vue de la quantité qu'à celui de l'importance littéraire. Le côté purement technique n*a point été négligé non plus.
Je crois inutile d'allonger ce rapport par une analyse détaillée du mémoire et pouvoir me borner à la déclaration que d'une lecture attenUve ri résulte pour moi : qu'aucun fait biographique important n'a échappé à l'attention de l'auteur ; que les parties intégrantes de la question relatives aux savants collaborateurs et correspondants de l'imprimeur, à ses propres travaux littéraires et à l'impulsion que son établissement a imprimée au mouvement scientifique tant dans le domaine des études classiques que dans celui des sciences exactes, que ces parties, dis-je, ont été traitées dans une mesure convenable et avec l'intelligence voulue pour aborder ces questions. Ajoutons que l'historique du chefd'œuvre Plantinien, la Polyglotte, occupe une large place dans la notice, ainsi que le sort des ateliers anversois après Ja mort du fondateur.
En un mot, mon impression est que le sujet a été présenté, dans ses divers éléments, avec tous les développements que comportent les limites d'une notice littéraire. Selon ma connaissance personnelle de la matière, toutes les sources ouvertes et accessibles jusqu'ici ont été mises à profit avec un discernement judicieux. Sans doute, les trésors acquis récemment par la ville d'Anvers, surtout la vaste correspondance de Plantin, eussent pu considérablement enrichir les matériaux d'une étude sur cette grande et belle figure de nos annales nationales et éclairer la voie de son biographe ; mais ces trésors sont, comme on sait, pour le moment encore fermés à l'exploitation de la science.
Nous croyons inutile d'ajouter un mot à cet éloge. Disons seulement que nous avons cru répondre à un véritable besoin en rendant la lecture du mémoire couronné accessible à cette partie de notre public à qui V usage de la langue Néerlandaise est moins familier ^ et aux nombreux étrangers qui visitent journellement V ancienne maison du grand imprimeur.
Nous nous sommes bornés à traduire fidèlement, rectifiant seulement^ sur les indications de V Auteur, un petit nombre de passages, d* intérêt secondaire.
Nous Lui témoignons ici notre reconnaissance de r encouragement quHl a bien voulu nous accorder de cette manière et nous espérons que notre travail contribuera à faire regarder avec plus d'admiration encore les merveilles, d'un genre tout spécial, étalées avec yeux des visiteurs du Musée Plantin.
Edm. Mertens.
Anvers, 10 Avril 1878.