Id., Ibid
des organes de luxe et amis de la sagesse. Les Muses nous ont donné l'harmonie « pour nous aider à régler sur elle et soumettre à ses lois les mouvements désordonnés de notre âme » ; et c'est « en vue de l'harmonie que l'ouïe a reçu la faculté de saisir les sons musicaux »!. D'autre part, la vue est le sens de la Beauté, le seul qui puisse en saisir le reflet à travers la mobilité des formes éphémères. Il faut y reconnaitre aussi « Le principe de la philosophie elle-même, le plus noble présent qu'ait jamais fait et que soit capable de faire au genre humain la munificence des dieux ». Car c’est grâce à cet organe que nous pouvons contempler « les astres, le soleil et le ciel », calculer la durée du jour et de la nuit, compter les révolutions des mois et des années, acquérir la notion du nombre et du temps : c’est par cet organe que nous sommes à même d'étudier la nature de l'univers »?. Les sensations ne s’'évanouissent pas entièrement avec l'action de l’objet qui les produit; il en reste des traces intérieures. Il y a dans l’âme comme des « tablettes de cire » sur lesquelles les données de l'expérience viennent simprimer en caractères plus ou moins durables; et ces caractères peuvent s’éclairer à nouveau soit d’une manière spontanée, soit sous l'influence de la réflexion “. De là proviennent nos songes, plus rares dans le sommeil profond, plus nombreux lorsqu'il n’est que léger : ils ne sont que le retour d'images déjà vécues et plus ou moins modifiées par le flux incessant de la vie?. De là procède aussi la mémoire sensible, et par elle une partie
1 FLAT TPM. 4.7.8:
2. Id., Ibid., 475: — Aristote développe la même idée à plusieurs reprises (Aristote, p. 158).
3. PLar., Phileb., 34 : Σωτηρίαν τοίνυν αἰσθήσεως τὴν μνήμην λέγων ὀρθῶς ἄν τις λέγοι χατά γε τὴν ἐμὴν δόξαν: --- Cf, Lois, ΧΙ, 964° : .«παραδιδόνα: μὲν τὰς αἰσθήσεις ταῖς μνήμαις : — Cf. Tim., 26».
4, Id., Theæt,, 1915. — Cf. Ibid., 197b-e (le colombier).
Hold, Fint., 45°-46"