‹ PlatonChapitre 139 sur 286 · PLAT., Soph · texte numérisé non relu

PLAT., Soph

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En outre, l'opinion présuppose, et toujours à titre de jugement, un certain « dialogue de l’âme avec elle-même ». « 1] me semble, en effet, que l’âme, quand elle pense, ne fait autre chose que dialoguer, interrogeant et répondant, affirmant et niant; et que, quand elle se décide, que cette décision se fasse plus ou moins promptement, quand elle sort du doute et qu'elle se prononce, c’est cela que nous appelons jugeri. »

Lorsque l'opinion s'exprime extérieurement, lorsqu'elle passe de l'âme « aux lèvres avec des sons articulés », elle change de nom et s'appelle plus proprement le « dis- COUrS »*°.

Dire de l'opinion qu'elle est un jugement, c'est en désigner le genre, non l'espèce. Il faut donc chercher sa marque différentielle. Elle lui vient de l’objet sur lequel elle porte. Entre « l'être plein et le pur non-être », 1l y a des choses qui naissent et meurent, dont l'existence elle-même est un écoulement perpétuel et dont on a le droit par conséquent d'affirmer à la fois qu'elles sont et ne sont pas?. Entre l'être plein et le pur non-être, s'interpose le devenir : et voilà l’objet de l'opinion #; voilà du même coup ce qui lui donne une place à part dans la hiérarchie de nos discours.

Le devenir enveloppe « de l'infini »; il n'existe qu'à cette condition. Et, par suite, il ne livre jamais tout son pourquoi ; il conserve, quoi qu’on tente, un fonds d’inintel-

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