Cf. Phæd
à Re 3 + Len) de
l'Égalité, dès que nous percevons des objets égaux; et la Beauté, dès qu’il nous est donné de voir des choses belles. La science jaillit donc du fond de notre être avec notre première pulsation; et si elle en jaillit de la sorte, c’est qu'elle s’y trouvait déjà, c’est que l’âme où elle réside existait auparavant. Son passage en notre corps n'est que l’une de ses nombreuses pérégrinations!.
Mais cet apercu demeure vague, aussi longtemps que l’on n'a pas déterminé davantage le rapport que l'âme soutient avec les idées. Il faut, pour lui donner la précision voulue, démontrer que l’âme est liée à l’intelligible au point d'en avoir toujours quelque intuition. Et cela, Platon le sent; c'est La raison pour laquelle 1] dit à diverses reprises, en développant la preuve de la réminiscence : « la science est de notre foyer » 5, « la science est chez nous » 3, « la science est nôtre » #. Mais la preuve de cette idée fondamentale, 1] ne la fournit pas à cet endroit; on ne la trouve que dans la suite du Phédon® et dans le dixième livre de la République.
Le moyen de connaitre la nature de l’âme n'est pas « de la considérer dans l’état de dégradation où la mettent son union avec le corps et d’autres maux »; « 1] faut la contempler des yeux de l'esprit, telle qu’elle est en ellemême, dégagée de tout ce qui lui est étranger »; 1] faut envisager « la partie la plus réelle de son être ». Or, pour qui la prend de ce biais, elle n’est plus ni l’harmonie du corps ΠῚ une substance qui se peut dissoudre ;: c’est un principe éternel. L'âme, en effet, peut connaitre . Phæd., 73v-78».
. Ibid., 75e : -.. οἰχείαν ἐπιστήμην...
. Ibid., 73% : αὐτοῖς ἐπιστήμη ἐνοῦσα.
. Ibid., 76° : [οὐσίαν] ἡμετέραν οὖσαν...
6. 611"-6125, --- Cetle pensée est déjà en germe dans le Premier Alci-
biade (133°); elle reparaît dans le Phèdre sous forme mythique (2:6* et 544.) et dans le Tim., particulièrement à la page 902-c,
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l'intelhigible; et, par conséquent, il faut qu'elle s’identifie avec lui de quelque manière. Elle existe en acte comme lui et au même titre : elle existe en acte de toute éternité et pour Jamais. Il sy cache une pensée qui n’a point d'origine et ne peut non plus prendre fin, quelle que soit la longueur du cortège des siècles. Si elle nous apparaît sous un autre jour, c'est que son essence se trouve comme voilée à nos propres regards « par la vase dont elle se nourrit » et « la couche épaisse de sable » qui la recouvre. Il en est comme de ce « Glaucus », dont le corps tout entouré « de coquillages, d'herbes marines et de cailloux », ressemblait plutôt « à celui d’un monstre qu’à celui d’un homme, tel qu'il était auparavant »΄. Pensée par l’un de ses aspects, l’âme est aussi, comme on l’a vu plus haut, un être dont le caractère spécifique consiste « à se mouvoir de lui-même »?. Ce caractère, elle le possède au même titre que l'âme du monde dont elle n’est qu'une détermination partielle. Par suite, 1] ne faut pas le considérer comme une chose que l’on puisse séparer de son essence: c'est son essence elle-même. Et de là résulte une preuve nouvelle et que Platon tient pour aussi rigoureuse que la première. Dire que l’es-