Id., Ibid., 205° : ὁ μέγιστός τε καὶ δολερὸς ἔρως
3. 1α., Protag., 858»; --- Gorg., 467.-408.; — Men., 77c-78v. -- Euthyd., 278-282: — Banq., 205°, 2059, 206? ; — Rep., VI, 5052-5062. — Phileb., 204; — Lois, V, 7280.
Il ne consiste pas à cueillir au hasard le plaisir qui se présente. Car ce plaisir n’enveloppe par lui-même ni les jouissances du passé, ni celles que nous ménage l'avenir : en se limitant au présent, il nous réduit « à l'état de poumon marin » et nous prive ainsi de presque toutes les joies dont la nature humaine peut devenir la sourcef. Loin d'être parfait et de se suffire à lui-même, le plaisir du moment n'est qu'une goutte dans l'océan du bien. De plus, que nous apporte-t-il sous ses traits séducteurs ? N'est-ce pas une de ces douleurs perfides qui prennent le masque de la joie ?? Et quand 1] ne serait pas de nature à se traduire en amertume, n’y a-t-il pas, dans les circonstances mêmes où nous le goütons, des inconvénients plus ou moins graves dont nous gémirons par la suite? C'est ce qu'il ne saurait nous apprendre de son chef ; sa qualité et ses elïets ne se révèlent qu'à la réflexion‘.
Le bonheur est une chose à la fois plus délicate et plus complexe ; 1] procède de l’art, non du hasard. Il ne s’épanouit qu'à la faveur d'une sorte de « métrique » qui porte sur le passé et l'avenir aussi bien que sur le présent : c'est une synthèse harmonieuse de plaisirs où l'ensemble de la vie trouve son maximum de jouissances *.
Cettesynthèse n'admet les plaisirs de « l'appétit sensible » que dans la mesure où le demandent un noble maintien de la vie et la conservation de l’espèce 6. Car, en ceux-là,