Ἢ PAU
quiétude qu’engendre l'esclavage, sont loin d’être entièrement conjurés.
Si l’on ne peut supprimer le mal, on peut du moins le diminuer; et l’on ἃ deux moyens d'y réussir. Le premier est de choisir des esclaves de langue et de nationalité différentes, afin qu'ils soient moins portés à conspirer entre eux. Le second est de les traiter toujours d’une manière raisonnable. Le fouet et les étrivières ne suffisent pas à les réduire; il y faut un certain mélange de douceur et de sévérité. Le meilleur est « d’être juste à leur endroit, plus juste, s’il se peut, qu’envers des égaux »; de ne jamais plaisanter avec eux, comme on le fait trop souvent; et de les punir quand il le faut et dans la mesure où il le faut. Encore importe-t-il, en ce dernier cas, de rester toujours maitre de soi-même, afin de leur faire sentir que, si on les châtie, ce n’est point par méchanceté".
Même affranchi, l’esclave ne devient pas totalement libre. IL reste encore soumis à certaines obligations envers son maître : 1l doit aller trois fois le mois lui offrir ses services; il ne peut se marier sans son agrément; et, si sa fortune vient à dépasser celle de son patron, c’est ce dernier qui ἃ droit au surplus?. L'État, de son côté, ἃ des rigueurs spéciales pour l’affranchi; la Loi le traite comme un étranger : 1] ne doit pas demeurer plus de vingt ans dans le pays, à moins d'en obtenir la permission des magistrats et de son maître. Supposé de plus que ses biens s'élèvent « au delà du troisième cens », il est contraint, sous peine de mort et de confiscation, « à sortir du territoire avec tout ce qu'il possède »5, L’esclave n’acquiert jamais l’imdépendance complète, celle
1. PLarT., Lois, VI, 777-778; — Cf. Rep., 1X, 590c-c. 2. Id., Ibid., ΧΙ, 9152.