‹ PlatonChapitre 82 sur 286 · ΝΥ Ὁ ΟΥῪ NI PU RN TELE PAR · texte numérisé non relu

ΝΥ Ὁ ΟΥῪ NI PU RN TELE PAR

Il faut encore aller plus avant. Il n'y ἃ rien mi sur la terre, ni dans le ciel, ni dans l’'hyperciel, qui ne soit soumis à la loi du meilleur, Or cette loi demande que, si l'être fait effort vers la perfection, 11 n’y parvienne pourtant pas tout entier : car alors il ne demeurerait que l'unité absolue ; il n'y aurait qu'un bienheureux. La loi du meilleur demande que, au-dessous de Ia partie de l'être qui est «achevée », il y en aitune autre où il se fragmente et se dégrade, afin que le bonheur, qui est la fin suprême de toute chose, se multiplie le plus possible. « L'idée du bien », la plus excellente de toutes les idées, exige qu'il y ait une nature : elle est la première des causes efficientes. « Aux dernières limites du monde est l’idée du bien. On l’aperçoit à peine , mais on ne peut l’apercevoir sans conclure qu'elle est en toute chose la cause de tout ce qu'elle ἃ de bon et de beau, que, dans le monde visible, elle produit la lumière et l’astre royal qui la répand!. »

On objecte, 1l est vrai, que le Sophiste se prête difficilement à cette interprétation. D’après ce dialogue, 1] existe une participation entre les idées elles-mêmes? ; et certains auteurs concluent qu'il n’y en ἃ pas d'autre. À leur sens, les idées s'unissent, se mélangent, se croisent d'une infinité de manières; et ce sont ces croisements qui constituent la nature : le monde n’est que de la logique en mouvement. Quand on y regarde de près, l’on s'aperçoit que cette façon d'entendre la participation ἃ quelque chose d'illusoire. L’être du Sophiste,

vue du bien et du beau; — Phæd., 74°-75v : πάντα... ἐνδεῖ, βούλεται, ὀρέγετα τοῦ ὃ ἔστιν ἴσον, καὶ αὐτοῦ ἐνδεέστερά ἐστιν : CE passage est très remarquable: — Politic., 269° : τὸ πᾶν... ζῶον ὃν χαὶ φρόνησιν εἰληχὸς ἐκ τοῦ συναρμόσαντος αὐτὸ χατ᾽ ἀρχάς (la φρόνησις ἃ sa règle dans les idées) ; — Tim., 300-ς, 840. 99e. 1 PrArTs Rep ὙΠ: 517. 1. -- Οἵ 1bid., VI, 505% 2. 251°-252*, 253, 254b, 255° (Platon emploie, dans ces passages, les termes μετέχειν, μίξις, σύμμιξις, χοινωνία).

c'est le « tout ». Ce tout contient des genres ; et, parmi ces genres, 1l en est qui s'accordent, tandis que d’autres s'excluent. Mais Platon ne dit nulle part, dans cet écrit, qu'ils sont immanents aux choses sensibles. Bien plus, il nous fait comprendre assez clairement, à propos de la définition du philosophe, que l'être, qui est le premier genre, ἃ une existence séparée!; car il en parle dans des termes identiques à ceux de la République. Et, si le premier genre est séparé, il faut aussi que les autres le soient, vu qu'ils s’y rattachent. Le Sophiste luimême suffit à détruire l'interprétation moniste que l’on essaie d'en tirer.

Il est bon maintenant de résumer les principales conclusions de ce chapitre. Voici, je crois, ce que l’on peut tenir pour établi :

1° 11 y ἃ des idées, c’est-à-dire des réalités universelles, immuables et parfaites.

2 Les idées ne sont pas « séparées » les unes des autres; elles se mélangent et vont, comme par degrés, s'identifier dans « l’idée d’être » : elles aboutissent à l’unité.

3° Les idées ne sont pas non plus « séparées » de la pensée. Dès le jour de leur apparition, l’âme, considérée en elle-même, nous est donnée comme étant de leur famille ; et cette croyance se maintient jusqu’au bout, avec des varlantes qui viennent de la diversité des points de vue, mais qui n'en détruisent pas l'identité. Platon ἃ fait une place croissante aux considérations psychologiques, à mesure qu'il s'est avancé en âge; 1] n'a jamais donné le pas à la pensée sur les idées. D'après lui, ces deux choses ont toujours procédé l’une et l’autre et au même titre d’un principe supérieur qui est « le bien », et tiré de là toute

1, 254#b; — V. plus haut, p. 100, 101.

LES IDÉES. RUES © dr:

leur réalité : ce sont comme deux courants qui sortent de la même source. Par suite, l'esprit possède les idées et les découvre; il ne les fait pas. Le conceptualisme des dernières années de Platon est le roman du Platonisme.

4° Par contre, les idées sont « séparées » des choses sensibles, soit à cause de leur unité, soit à cause de leur fixité, soit à cause de leur absolue perfection. C'est ce qui résulte directement ou indirectement de tous les dialogues qui dépassent la période socratique, même de ceux que l’on appelle dialectiques. Il n'existe pas moins une certaine participation de la nature aux idées ; et cette participation consiste en ce que les intelligibles contiennent à la fois le modèle, la cause finale et la première cause efficiente du monde visible.

5° Les idées sont subsistantes; car chacune d'elles est une détermination essentielle de l'être, un aspect particulier de l'être, ou, si l’on veut, l'être encore inadéquatement aperçu.

6° Platon, vers la fin de sa vie, a dit des idées qu'elles étaient des nombres; mais ces nombres n’ont jamais été des abstractions mathématiques ; ils ont toujours enveloppé un élément qualitatif : c’est de l'être éternellement arithmétisé.

er

FR ΨΥ PARENT ὃ ω » ᾿ > " :

Page 1