PLAT., Tim., 29b-d, 48». 59c, 72d-e
des rapports variables : elles manquent à la fois d'intelligibilité et de fixité. Par là même, elles n'ont pas l’excellence voulue pour être objet de science; elles forment une sorte de domaine inférieur, qui est celui de l'opinion et de la conjecture {.
Il est cependant deux principes auxquels on peut avoir recours, lorsqu'il s’agit de déchiffrer l’énigme de l’univers. Le premier est celui de cause efficiente, grâce auquel on remonte de la nature jusqu à son auteur pour en descendre ensuite par voie déductive *. Le second, et le plus important, est « l’idée » mème du « bien ». Le « bien » qui préside à la constitution de « ce qui est toujours et n’a pas de naissance », est aussi la cause ultime et la loi de « ce qui devient toujours et n'est jamais ». Le monde sensible ἃ pour modèle les idées et leur ressemble dans la mesure où le permet son essentielle imperfection : 1] est le meilleur possible. Et de là une règle d'interprétation dont les conséquences sont infinies.
Ces principes, il est vrai, ne font pas que tout s’éclaire ;
1. V. plushaut, p. 50-51. — Certains critiques, tels que Schelling (Sämmtlich. Werk., Philosophieund Religion, t. VIe, p. 36-37, éd. Stuttgart et Augsburg, 1856-1862) et Weiss (Die Idee der Gotheit, Dresde, 1833), ont prétendu que le Timée n'était pas authentique, vu que l’auteur de cet ouvrage est un physicien et que Platon ἃ toujours dédaigné la physique (V. Phédon, 96* et sqq.; Soph., 243”). Mais je ne vois pas que Platon ait jamais cessé de considérer la physique comme un système d'opinions et de conjectures; et c’est précisément à ce titre inférieur que le Timée en parle : la chose est assez claire. 11 n'y ἃ donc aucune contradiction entre la position de ce dialogue à l'égard des physiciens et celle que l’on remarque dans les autres. Bien plus, le Phédon veut que tout s'explique scientifiquement à la lumière de la finalité; le Timée est plus réservé : suivant cet écrit, la connaissance de la nature n’est, quoi qu’on fasse, qu'un ensemble d'opinions.
2. PLAT., Tim., 28“. — On fera plus loin l'analyse de ce principe d’après Platon.
3. PLAT., Rep., VII, 517bc; — Tim., 28°-29° : .. ὁ μὲν γὰρ χάλλιστος τῶν
γεγονότων, ὁ δὲ [πατὴρ τοῦ κόσμου] ἄριστος τῶν αἰτίων (on verra plus loin ce qu'il faut entendre par le Père du Monde): οὕτω δὴ γεγενημένος πρὸς τὸ λόγῳ χαὶ φρονήσει περιληπτὸν χαὶ χατὰ ταὐτὰ ἔχον δεδημιούργηται. Τούτων δὲ ὑπαρχόντων αὖ πᾶσα ἀνάγχη τόνδε τὸν χόσμον εἰχόνα τινὸς εἶναι.
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ils ne rendent pas la nature intelligible, vu que son essence est de ne pas l'être. Mais 115 nous révèlent un vaste système d'approximations, qui, sans acquérir la dignité d'une science, ne laissent pas de nous initier à la beauté de l'univers !, et deviennent ainsi la source d’utiles et nobles joies ?.
Il ya, comme l’a dit Empédocle, quatre corps primitifs : la terre, l’eau, l’air et 16 feu.
Mais ces quatre corps ne sont pas irréductibles les uns aux autres, ainsi que le voulait le philosophe d’Agrigente. « L'eau, à ce qu'il semble, devient, en se congelant, des pierres et de la terre; la terre dissoute et décomposée s'évapore en air; l'air enflammé devient du feu. A son tour, le feu comprimé et éteint redevient de l'air; l'air condensé et épaissi se change en nuages et en brouillard ;
les nuages, par un accroissement de condensation, s'écou-
lent en eau; l’eau se transforme derechef en terre et en pierres. Tout cela forme un cercle dont les parties paraissent s'engendrer les unes les autres #. »
ΠῚ faut donc qu'il existe un principe unique d'où sortent et où retournent toutes les formes que revêt la nature; 1] faut que tous les phénomènes physiques aient un seul et même « réceptacle », un seul et même sujet 5.