LUN
ES
Considéré par rapport au devenir, il en prend deux, qui sont le principe de causalité et celui de finalité.
Le premier consiste en ce que tout mouvement ait une cause 1: le second, en ce que tout mouvement aille vers un but *.
La cause et l'effet diffèrent par essence, et cependant ces deux termes sont nécessairement liés l'un à l'autre *. On en peut dire autant du mouvement et de son but, à cette différence près que la nécessité du lien final contient quelque chose de moins strict que celle du lien causal : celle-ci a la rigueur et la rigidité d'une conséquence mathématique ; celle-là est d'ordre morali. Platon, il faut le dire, n’insiste pas sur cette distinction. Il ne la fait pas moins: et son idée deviendra plus tard le principe de la
réplique de Leibniz à Spinoza.
Ainsi se gradue et se développe la connaissance humaine. Or, si prudent que l'on soit, l'erreur s’y glisse de toutes parts, et presque jusqu’à son sommet : c'est en droit seulement, non en fait, que la science est intégrale-
ment infaillible.
Les sens, la vue principalement 5, sont des sources permanentes d'illusions ; sans cesse ils nous inclinent à porter sur les choses des jugements qui n’ont de réalité
1. PLarT., Soph., 265° : … δύναμιν, ἥτις ἂν αἰτία γίγνηται τοῖς Un πί e : ὅρα γάρ, εἴ σοι δοχεῖ ἀναγχαῖον εἶν
res — ΖΝ 28° : σῦν
οὖσιν ὕστερον γίγνεσθαι; — Phileb., 26 πάντα τὰ γιγνόμενα διά τινὰ αἰτίαν γίγνεσθαι. — "Euotye;
αὖ τὸ γιγνόμενον ὑπ᾽ αἰτίου τινὸς ἐξ ἀνάγχης γίγνεσθαι. > ἃ. Phæd., 97-98°; — Tim, 2892, ἀβ4.9, 4δ', 68°-69°.
3. 1d., Hipp. maj., 296°-297° (V. dans l'index bibliographique quelques remarques sur l'authenticité de ce dialogue) ; — Phileb., 27°.
4. Id. Tim., 48° : Platon, en cet endroit, distingue nettement le τὸ δι᾽ ἀνάγχης γιγνόμενον, OU simplement le τὸ ἀναγχαῖον, du τὸ ὑπὸ πειθοῦς ἔμφρονος ξυνιστάμενον ; et l'on sent que ces deux termes n'éveillent pas en son esprit le même mode d’action; — 68°-69° : même distinction.